Test & Avis Poszetka: la marque confirme sa maîtrise du vestiaire automne-hiver

Bonjour à tous ! Je suis ravi de vous retrouver aujourd’hui pour vous parler à nouveau d’une de mes marques préférées depuis que je l’ai découverte il y a de ça plus d’un an maintenant. Ils sont polonais et proposent un vestiaire sartorial pensé avec goût certain et des prix extrêmement compétitifs sur le marché européen : il s’agit de Poszetka !

 

Pour ceux qui n’ont pas lu mes précédents articles sur Poszetka, je vous remet le lien vers mon tout premier article sur eux datant de l’automne dernier, ainsi que celui de cet été, qui a suscité la première vidéo de ma chaîne Youtube Art of Style que j’ai lancée avant que Gustave me rejoigne.

Pour les curieux, c’est par ici ! 

Un succès l’an dernier, Poszetka transforme l’essai avec une nouvelle collection automnale réussie

L’année dernière, j’avais découvert Poszetka avec une tenue très riche et résolument tourné vers le style sartorial, avec une cravate madder, une pochette inspirée d’un artiste japonais, une veste en tweed et un ulster coat bardé de finitions.

Cette année, Poszetka a réussi à créer de nouveaux iconiques dans son vestiaire. Parmi ces pièces, on retrouve un nouveau manteau raglan, un costume en tweed non teint, et la veste que nous allons voir aujourd’hui. Autre nouvelle tout à fait bienvenue, Poszetka a également créé des variations du ulster coat que j’ai testé l’an dernier, et a également approfondi sa gamme de pantalons, dont je vais aussi vous parler aujourd’hui.

Note de Valéry: ça fait d’ailleurs plaisir de voir que la marque mène d’une main de maître sa stratégie digitale avec des partenariats triés sur le volet avec d’autres influenceurs qualitatifs outre-atlantique.

@thezanification a notamment pu tester le manteau raglan:

@burzanblog le costume en tweed non teint:

@dapperclassic quant à lui une veste MTM

A noter que, même si la marque fait sensation en France dans les cercles d’amateurs depuis que nous en avons parlé, il s’agit d’une marque qui n’en est pas à son coup d’essai en réalité: Poszetka a fêté ses 10 ans cette année, ce qui la classe parmi les marques bien établies. Mis à part cette collection, Poszetka a eu une année riche en nouveautés : une refonte de leur système de sur-mesure, qu’ils ouvrent également à la gente féminine désormais, et quelques produits en édition limitée pour l’occasion.

Ils ont aussi ouvert leur seconde boutique à Kraków (j’ai mis du temps à trouver un moyen d’insérer ce ó). L’ouverture de cette boutique pour fêter leur 10 ans s’est faite, comme vous vous en doutez, dans le contexte difficile que nous connaissons tous. En tout cas, nous ne pouvons que leur souhaiter de continuer sur cette voie, et à fêter d’autres décennies !

Passons au sujet qui nous intéresse : le test !

Test de la Urban Jacket et du pantalon flanelle

Aujourd’hui, je vais vous parler de deux pièces de la nouvelle collection de Poszetka : un de leur pantalon sartorial en flanelle et la fameuse Urban Jacket

Urban Jacket de Poszetka, une pièce déroutante avec un incroyable potentiel de layering

Commençons par la veste ! Comme vous allez le voir, il s’agit d’une veste épurée poussée à un degré supérieur de décontraction. Voilà un petit aperçu avant de passer à la fiche technique

On a donc une veste 3 boutons en corne, totalement déconstruite, sans épaule, ni entoilage. C’est le tweed anglais de chez Marling & Evans qui permet à la veste de garder une forme correcte. Le cran est assez particulier également, il ressemblerait à un cran parisien inversé, avec le col plus large que le revers sur lequel figure une milanaise. A mi chemin entre un cran de veste et un cran de pardessus !

La matière: un tweed anglais de chez Marling & Evans

Puisqu’ici vous avez un gros plan, j’en profite pour vous parler un peu de la matière à laquelle on a affaire ici. Comme je l’ai déjà mentionné juste avant, il s’agit d’un tweed anglais de chez Marling & Evans, qui sont établis depuis 1782. Fondée 5 ans avant la révolution française, la maison qui vogue aujourd’hui sous le pavillon de Huddersfield est réputée pour ses tissus, en particulier ceux qui sont spécifique à la région, comme le tweed que nous avons aujourd’hui !

On a donc un beau tweed anglais tissé en chevrons, avec un marron foncé et un marron clair entremêlé de roux, combinaison sur laquelle vient s’ajouter de légères nuances de vert. Un tissu avec un motif classique qui lui offre une texture et un aspect riche. Le tissu est relativement léger, et la main est assez rêche, sans être trop rugueuse comme on pourrait l’attendre d’un tweed épais.

La construction

D’ailleurs, la veste n’est pas doublée, et a une parementure américaine dans laquelle se cache la ceinture élastique que l’on peut resserrer des deux côtés. Pour autant, je n’ai pas eu de problèmes particulier pour enfiler et retirer cette veste malgré le tissu et l’absence de doublure, mis à part un léger collar gap que vous pouvez apercevoir lorsque je la met à la va vite au dessus d’une autre veste en tweed. En temps normal, la veste se comporte comme sur la photo ci-dessous, pas de collar gap à déclarer, pas de cassure prononcée du revers non plus comme j’en ai l’habitude.

Les finitions

Les poches sont en biais, comme sur une pièce d’outerwear, un caban par exemple. Le poignet quant à lui est un poignet chemise deux boutons en corne avec une fronce, exactement comme sur une chemise. D’ailleurs, ce n’est pas le seul rapprochement que l’on peut faire avec la chemise, puisqu’en plus d’avoir une épaule totalement déconstruite, la veste a aussi un empiècement dans le dos au niveau des épaules.

Le cordon de serrage fait également penser à une pièce d’outerwear et apporte une touche de modernité discrète à l’ensemble.

Mis à part ça, le dos de la veste s’éloigne complètement de la chemise pour se rapprocher d’une pièce d’outerwear. On retrouve un pli d’aisance au centre du dos comme sur le ulster coat, ce qui aide beaucoup à la mobilité, puisque ce pli va s’ouvrir et se refermer en fonction de vos mouvements, et la différence se sent. Enfin, on retrouve non pas une fente, mais encore une fois un pli, qui est séparé de la fente dorsale par le cordon de serrage élastiqué.

La coupe et le style, mon avis sur la Urban Jacket de Poszetka

Il est bon de noter que la veste et plus longue que d’habitude, à l’opposé d’un blazer, qui sont souvent plus courts que les vestes de costumes dans le commerce. Aussi, la coupe est droite, très ample et confortable. Avec le pli d’aisance et son épaule chemise, c’est une veste extrêmement confortable, avec un tissu infroissable.

Pour le bien de ce test, je l’ai un peu maltraitée, et pour avoir volontairement essayé, je vous confirme, elle est infroissable. Relativement résistante face à la pluie vu que c’est un tweed, elle est toute indiquée pour voyager, bien que l’on en soit malheureusement privé ces temps-ci.

Pour être tout à fait honnête, avant de recevoir cette veste, j’étais assez dubitatif : totalement déconstruite, avec l’épaule et les poignets d’une chemise, mais dans un tissu d’hiver. Pas une veste donc, mais pas une surchemise non plus, avec un cordon élastiqué, un pli d’aisance au dos et bien évidement cette forme avec 3 boutons et ce cran si particulier. Une pièce d’outerwear ? Si les poches et les finitions au dos y font penser, le reste des éléments ne collent pas. Qu’est-ce donc alors, exactement ?

La réponse, je l’ai trouvée en voyant et en essayant cette veste dès la première fois : la Urban jacket de Poszetka, c’est tout simplement, et je pèse mes mots, une pièce ultime pour le layering.

Je reviens sur ça dans la dernière partie dédiée au conseils de style, car il faut maintenant passer au pantalon !

 

Le pantalon sartorial en flanelle

Concentrons-nous sur le pantalon, qui reprend une forme que l’on connaît très bien, avec quelques améliorations appréciées.

Le tissu: flanelle italienne de chez Reda

Le tissu est une jolie flanelle de chez Reda, un tisseur italien réputé. Nuancé avec diverses nuances de bleu, c’est un pantalon avec une couleur profonde qui s’insère bien dans un vestiaire tout en conservant une texture et une main agréable.

Les finitions habituelles d’un pantalon sartorial

Quant à la formule, on l’a déjà vue et elle fonctionne toujours aussi bien, avec :

  • une patte double boutonnage décalée,
  • des pattes de serrage,
  • une pince,
  • un revers de 5 cm à la cheville,
  • un V anatomique à l’arrière,
  • des boutons en corne avec des boutons de bretelles,
  • deux poches passepoilées boutonnées à l’arrière
  • et enfin un grip à l’intérieur pour maintenir la chemise en place.

La coupe: une véritable taille haute

Cela dit, les améliorations avec ce que j’avais eu l’occasion de tester sur le marché français placent ce pantalon largement au dessus. Déjà pour commencer, on a une véritable taille haute, avec un ceinturage qui arrive au niveau du nombril. Le ceinturage annonce une belle largeur de 5,5cm.

Ensuite viennent les pattes de serrage. On a l’habitude de les voir sur le ceinturage, mais j’ai eu l’occasion de tester sur l’un de mes costume des pattes de serrage plus basses.

J’avais beaucoup apprécié car la patte de serrage plus basse permettait un meilleur maintien au niveau du bassin, de manière plus confortable que sur la ceinture directement. Une affaire de goût j’imagine !  Ici, on a le juste milieu avec une patte de serrage à cheval sur le ceinturage, asymétrique à l’arrière dans une forme qui rappelle un pistoleto plus acéré.

Lorsque j’avais testé le costume en seersucker de Poszetka, j’avais eu des retouches à faire sur le pantalon car il était trop large. Le 52 en veste me convient parfaitement, mais le pantalon qui correspondait à cette taille était trop grand. J’ai donc essayé de size down cette fois-ci, et je dois reconnaître que c’est à ce jour le pantalon qui épouse le mieux mon bassin en prêt à porter à ce jour, même si l’on penche plutôt du côté un peu serré qu’un peu grand.

Conseils de style : layering en camaïeu dans une tenue décontractée

Vous l’attendiez, il est temps que je finisse mes explications concernant cette veste ! Comme je l’énonçais plus haut, la coupe est droite et ample, et comme elle affiche quelques attributs de l’outerwear avec le confort d’une chemise, elle se porte parfaitement par dessus une veste.

Cela dit, grâce au cordon de serrage, vous pouvez ajuster la taille à souhait pour la porter exactement comme une veste, par dessus une chemise ou une maille fine ou plus épaisse comme je l’ai fait aujourd’hui ! Enfin, comme elle est destructurée et qu’elle permet une mobilité accrue grâce à son pli d’aisance, elle se glisse facilement sous un manteau, avec ou sans veste en dessous

Vous voyez où je veux en venir ? Il s’agit d’une pièce qui peut se porter par dessus une veste, comme un outerwear, mais aussi se substituer complètement à la veste, et se glisser sous un manteau. On a donc une pièce qui peut jouer le rôle d’outerwear ou de veste, ce qui ouvre des possibilités de layering infinies. Elle est donc idéale pour vos tenues les plus complexes, mais également pour le voyage grâce à son confort et sa propension à bien tenir les légères averses.

J’ai donc tiré parti des qualités de cette veste pour construire une tenue plus décontractée ! On part sur du jaune moutarde pour le pull et bleu profond du pantalon, une combinaison de couleurs qui a déjà fait ses preuves.

Ensuite, le jeu commence. Par dessus ce pull, je glisse la veste Marlon de Poszetka, qui est l’une de mes vestes préférées depuis que je l’ai testée dans mon article l’an dernier. Par dessus cette veste classique, j’enfile la Urban jacket qui remplit son rôle à la perfection. Cela dit, il fait un peu frisquet, donc je superpose la dernière couche qui compose cette tenue, un duffle coat vintage Gloverall restauré par mes soins.

On a donc une palette chromatique réfléchie autour d’une couleur dominante, le marron. Partons de l’extérieur vers l’intérieur cette fois, avec le duffle coat, qui est marron, tirant un peu sur le kaki, les détails du drap de laine dans la capuche et à l’intérieur rappelle bien la urban jacket, qui vient intercaler une couche plus claire, et aussi un motif.

Cela permet de faire une distinction nette avec la couche d’après, la veste Marlon, qui est un marron profond tirant sur les tons roux. Enfin le pull moutarde permet à nouveau une couche lumineuse, qui souligne et complimente l’ensemble.

En bas, le pantalon permet de rester cohérent avec le travail de texture de la partie supérieur, tout en restant dans un coloris uni qui permet de calmer l’ensemble, bien que mon Gurkha en coton aurait permis de compléter le tableau avec une touche plus claire tout en restant dans les tons de marron.

Pour les chaussures, j’ai besoin de souliers qui soutiennent l’ensemble et lient l’ensemble. Les double boucles Scapin en veau velours de chez Malfroid rappellent la Urban jacket et font le pont avec le col roulé moutarde et les boutons du pantalons. Peut-être qu’un penny loafer, avec une patine aubergine serait bien allé, en rappelant le registre de l’Ivy du duffle coat tout en soutenant la veste Marlon.

Avis sur Poszetka, un pari audacieux réussi

C’est une tenue que j’ai pris beaucoup de plaisir à concevoir ! J’ai été plus que surpris par cette Urban Jacket, que j’ai eu du mal à appréhender au début, car elle ne rentre pas dans une case définie de pièces. Mais c’est ce qui révèle le véritable travail de création de Poszetka, qui a su créer une pièce inspirée offrant un niveau de polyvalence rarement atteint en terme de layering, même si son registre reste sans aucun conteste décontracté.

La marque nous montre qu’elle a plusieurs cordes à son arc, et qu’elle ne se repose pas sur ses acquis formels et sartoriaux. Un seul mot pour la fin : Chapeau bas Poszetka !

 

Laisser un commentaire

16 Partages
Partagez11
Tweetez
Enregistrer5