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Test & Avis sur Poszetka : l’e-shop polonais sartorial et accessible

Aujourd’hui je suis ravi de vous retrouver pour vous présenter une pépite qui est un de mes coups de cœur de la saison : Poszetka. Vous l’aurez deviné à sa consonance (ou en lisant le titre), on s’éloigne de notre douce France pour tester une marque polonaise. La marque propose un service de demi-mesure dans sa boutique à Katowice en Pologne, mais pour des raisons pratiques évidentes, nous avons choisi de tester sa ligne de prêt-à-porter disponible en ligne..

Autant vous dire qu’à ce jour, j’ai rarement vu un rapport qualité/prix comportant un telle offre stylistique, une originalité sur les matières et les tissus, le tout à un prix défiant toute concurrence. La marque, en tant qu’e-shop, fait aussi appel à des fournisseurs spécialisés lorsque cela touche à des produits plus spécifiques, Crownhill pour les souliers, Polkap pour les chapeaux, polonais lui aussi et également fournisseur de Pierre Cardin. Leur boutique en ligne présente tout ce dont un gentleman qui débute sa démarche sartoriale a besoin.

Des chemises aux tissus et cols variés, des cravates aux motifs forts, un large choix de souliers, des chapeaux ainsi que des pièces fortes comme cette saharienne en velours côtelé japonais, sincèrement, que demander de plus?  

Poszetka rejoint la lignée des petites marques qui veulent s’éloigner de la fast fashion. En résulte un commerce au modèle plus sain, recentré sur ce qui devrait être la première préoccupation de toute marque : le produit. Ses finitions, ses matières, sa coupe et sa confection. Le tout pour proposer un produit de qualité, et surtout, des pièces durables qui sont destinées à vous accompagner plus longtemps que le lancement de la collection suivante. Fidèle à cette démarche, Poszetka propose également un service de réparation fait dans leur boutique, pour lequel ils ont reçu un certificat d’artisanat local pour le Silesia Fashion Point en 2014.

Test Poszetka : Pièces tailoring et accessoires

Pour tester le savoir-faire des ateliers de Poszetka dans la large de gamme de produits proposés,  nous avons proposé d’élaborer une tenue partiellement complète avec leurs produits. Aujourd’hui je vous présente donc non pas une mais deux pièces, accompagnées de deux accessoires, à savoir cravate et pochette.

Le Ulster coat , une pièce originale et exigeante en finitions

Le Ulster coat nous provient d’un pays que j’aime beaucoup  pour y avoir vécu : L’Irlande, et plus précisément de la province d’Ulster (d’où est tiré son nom) qui prend une large partie de l’Irlande du Nord. Au départ, il était confectionné à partir du tweed, le tweed Donegal (lui aussi tire son nom d’un comté voisin) qui est traditionnellement moucheté de petites touches de couleur qui rendent chaque pièce unique. Née à l’époque victorienne, il était à l’origine également doté d’une cape à capuche afin de faire face aux intempéries de cette région.

Note de Valéry: et plus concrètement, il s’agissait du fameux manteau de Sherlock Holmes !

Petit à petit, cette caractéristique a totalement disparu pour laisser place au dos de ce manteau, qui est le plus reconnaissable : une martingale dans la plupart des cas (sinon ceinturé), avec un soufflet dans le centre du dos, qui permet d’avoir une coupe ajustée flattant la carrure tout en offrant une amplitude de mouvement grâce au soufflet qui s’ouvre lorsque vous tendez les bras.

Enfin, d’autres finitions lui sont bien connues : avec des poches plaquées, c’est également la seule forme croisée où l’on permet de ne pas conserver un cran aigu, mais un cran très particulier et propre à ce manteau, qui rappelle le cran tailleur, ou plus simplement « Ulster ». Ce manteau est donc à l’origine une pièce décontractée permettant de braver le mauvais temps. Même s’il s’agit d’un manteau un tant soit peu habillé grâce à sa forme croisée, plus formelle, c’est pour moi un manteau qui fait le pont entre une tenue formelle et décontractée. Une pièce polyvalente donc, à mon sens le Ulster coat est la pièce qui illustre le mieux le style sartorial, registre auquel il se prête tout particulièrement, c’est à dire élégant et habillé, mais qui n’est pas formel dans le sens classique du terme.

Ce manteau est notre pièce centrale aujourd’hui, avec une liste de finitions qui est donc assez longue :

  • Forme croisée 6×2 : J’ai toujours apprécié le croisé pour deux raisons :
    Pratique : ça tient plus chaud, on peut s’envelopper dans la matière et la surcouche protège du froid.
    -Esthétique : L’angle des revers élargit visuellement la carrure, facilitant ce beau V qui est tant apprécié, de surcroît lorsque vous avez comme ici les boutons du haut légèrement écartés par rapport aux autres.Autant le costume croisé est plus difficile à appréhender et à porter au bureau du fait des connotations qui y sont liées, autant pour les pièces d’outerwear (comprenez manteaux et autres pièces du dessus), le croisé est beaucoup plus accepté car de nombreux modèles de registres totalement différents se le sont approprié :  trench, caban, pardessus, paletot… la liste est longue. Et contrairement à ce que j’ai pu voir comme commentaires, non il n’est pas nécessaire de porter une veste croisée sous un manteau croisé ! Vous pouvez donc adopter un manteau croisé sans crainte !
  • Revers 11cm, Cran Ulster ou tailleur : le fameux cran propre à ce modèle particulier, assez étroit et se rapprochant d’un cran aigu, il est cependant orienté plus horizontalement que le cran aigu (ou en pointe). C’est un cran intéressant que l’on ne rencontre pas tous les jours et qui change vraiment de ce qu’on a l’habitude de voir dans la rue, c’est un très bel ajout à sa garde robe lorsque celle-ci est déjà bien fournie.
  • Poignets retournés: Pas de boutonnage ni de patte sur les poignets comme on peut le voir dans la grande majorité des cas ! Sur ce manteau, on a un poignet retourné emprunté au polo coat, qui n’est pas sans rappeler un poignet mousquetaire de chemise. Ici il est cousu sur la manche, ce qui le rend plus discret en lui enlevant un peu de son volume.
  • Poches boîte à lettre : Un autre type de finitions qu’on n’a pas l’habitude de voir ! Pour faire simple, c’est une poche plaquée avec un rabat. Parfois on y voit également le rabat passepoilé et la poche à soufflet. C’est une poche se référant plutôt à un registre décontractée, c’est aussi agréable d’avoir un rabat sur ces poches lorsqu’il pleut
  • Boutons :  Noirs en corne de buffle, ce qu’on apprécie sur un beau manteau croisé. A l’origine le Ulster coat pouvait se boutonner jusqu’en haut pour protéger du froid et de la pluie, ici le boutonnage est emprunté au paletot, il n’y a donc pas de boutonnière fonctionnelle pour le boutonner jusqu’en haut !
  • Pochette Barchetta Double milanaise fonctionnelle : détail sympathique que l’on voit peu souvent. Cousues machines et fonctionnelles, bien qu’on ne porte pas de boutonnière sur un manteau tout comme une pochette, ce sont des détails visuels intéressants. Par ailleurs, on évite la double boutonnière sur les veste, à la limite sur un croisé au cran horizontal. Et si vous portez une boutonnière, de grâce n’oubliez pas : toujours à gauche, côté cœur !
  • Légère cigarette et épaule souple : ce qu’on attend d’un manteau décontractée, juste de quoi donner une belle ligne d’épaule, pas plus. Une structure très légère qui coincide avec son registre et qui permet de porter une veste en dessous tout en étant confortable.
  • Tissu laine grise 520g de chez Abraham Moon: une belle laine assez lourde de chez Moon, un drapier anglais. Grise et texturée, presque vierge, les fils ont des teintes différentes de gris moyen, clair et foncé et offrent une belle nuance. En manteau comme en costume, le bleu et le gris prédominent, la teinte grise est donc une valeur sûre dans vos tenues, en particulier les grandes pièces comme les costumes ou les manteaux.
  • Doublure Bemberg : Ou Cupro, c’est un textile artificiel fabriqué à partir de matière naturelle de linter de coton, on peut l’assimiler à la viscose. Le Cupro est une excellente alternative à la viscose car bien plus écologique, il est également thermorégulateur et anti transpirant.
  • Soufflet central : Une fente dans le dos qui permet une amplitude de mouvement plus large tout en affinant la coupe pour mettre en avant la carrure
  • Martingale boutonnée : demi-ceinture dans le dos, c’est une finition que j’apprécie particulièrement sur mes manteaux, car elle habille le dos et cintre la silhouette
  • Fente boutonnée : une belle finition que l’on retrouve sur les beaux manteaux, elle permet d’empêcher les pans de votre manteau de voler derrière vous et protège votre postérieur du froid.

Le Ulster coat est disponible ici à 564 euros.

La Veste dépareillée en laine mérinos Moon façon tweed

  • Laine Mérinos 375g façon tweed Abraham Moon : On retrouve le drapier anglais Moon sur la veste comme sur le manteau. Nous l’avons découvert récemment chez Jamais Vulgaire dans cet article de Gustave. Abraham Moon est une excellente alternative avec des liasses de caractère plus abordable que Holland & Sherry pour qui veut découvrir le savoir-faire des drapiers anglais avec un budget restreint. La main est très belle, sur une base marron avec quelques fils orangés et dorés qui lui donnent une teinte très particulière et automnale que j’apprécie beaucoup.
  • Boutons en corne de buffle marron, boutonnière fonctionnelle : Tout comme sur le manteau, on a ici de beaux boutons en corne, marron cette fois pour s’accorder avec la veste. La boutonnière est fonctionnelle avec un très léger « kissing buttons », ou le chevauchement des boutons sur les manches. Le point de boutonnage est également un peu plus bas que la moyenne, allongeant ainsi la ligne de revers et la silhouette.
  • Semi entoilée, légère cigarette et épaule très souple : Il s’agit d’une veste dépareillée, une épaule confortable et souple se prête plus à ce type de registre. Elle est donc très agréable à porter et se met facilement sous un manteau. Le semi-entoilage permet un beau tombé à la veste.
  • Semi-doublée, doublure Bemberg : on reste dans la même veine avec une veste sport qui laisse le devant de la scène au tissu, ce qui est judicieux lorsqu’il s’agit d’une matière ayant autant de propriétés techniques comme la laine mérinos. La doublure Bemberg a aussi des propriétés techniques respirantes et anti odeur comme la laine mérinos, ce qui fait sens. La doublure de couleur vert émeraude accompagne très bien le coloris de la veste.
  • Revers 8,5cm et pochette barchetta : Un revers pas trop étriqué, assez équilibré pour cette veste sport, et une barchetta pour porter mes plus belles pochettes sans aucun souci. J’ai l’impression que l’on peut se permettre un revers un peu plus fin que d’habitude (en dessous de 8cm, ça commence à être franchement limite) lorsque la veste est déstructurée avec une épaule très fine, ici ça fonctionne bien en tout cas
  • Milanaise fonctionnelle et passant : Une finition assez courante dorénavant, et même si elle n’est évidement pas faite main ici, c’est toujours une bonne surprise de voir que la marque a pensé à intégrer un passant pour les rares clients qui utilise leur boutonnière
  • Poches plaquées et deux fentes : Un classique et (presque) indispensable sur les vestes dépareillées qu’on ne présente plus ! Même s’il est possible de porter la veste dépareillée avec une seule fente, je le déconseille car la veste est visuellement raccourcie dans le dos et les pans s’écartent dès qu’on bouge, sans compter que les fentes ne sont alors plus sur les côtés pour glisser sa main dans sa poche.

Une grosse partie test aujourd’hui étant donné les pièces qu’on vous présente aujourd’hui ! En ce qui me concerne, ces deux pièces ont trouvé leur place dans ma garde-robe et ont été adoptées presque instantanément, tant elles sont faciles à agencer malgré le fait que ce sont des pièces fortes, que ce soit avec les finitions poussées du manteau ou la teinte originale du tissu de la veste. On passe maintenant sur les accessoires.

La veste en laine mérinos Abraham Moon est disponible ici à 359 euros.

Cravate florale Poszetka

  • Motif floral géométrique : Un motif qui ressemble beaucoup au motif madder. Chez Jamais Vulgaire, nous préférons éviter l’excentricité sur les grande pièces telles que les costumes, vestes, pantalons et manteau, et concentrer l’originalité sur les accessoires sur lesquels on peut se faire plaisir !
  • Vert olive, bleu ciel, cyan et jaune : Beaucoup de couleurs pourtant très bien combinées. Le fond vert olive sur lequel se fondent les micro losanges cyans, ainsi que les fleurs aux pétales bleu ciel et au pistil jaune. Le bleu ciel et le jaune s’accordent bien, c’est connu, mais la combinaison avec l’olive démontre un véritable travail de recherche de la part de Poszetka.
  • 3 plis triplée : Cette structure de cravate est aujourd’hui la plus répandue, cela dit la triplure est réalisée dans le même tissu que la cravate, une petite attention qui me ravit.
  • Confectionnée en soie, coupée et cousu main : Matière incontournable. La laine et le lin sont aussi des bon choix. Cependant, pour les cravates, évitez absolument les matières synthétiques. Le coupé et cousu main démontre le savoir-faire des ateliers de Poszetka.

La cravate florale est disponible ici à 54 euros.

Pochette inspirée de l’artiste nippon Utagawa Kunisada

  • Coton, modal & cachemire : Un mélange que je n’avais pas encore vu sur une pochette. La main est extrêmement douce et fluide tant le tissu est fin, presque transparent. Pourtant celui ci est très texturé, rappelant presque un mélange coton-lin. C’est très agréable de pouvoir varier un peu du rendu lisse de la soie, et d’avoir une pochette un peu plus texturée surtout avec une veste assimilée à un tweed comme ici dans une tenue automnale.
  • Motif japonais : Un samouraï, avec son katana et son kimono. Vous commencez à nous connaître, nous aimons beaucoup les pochettes figuratives dont le pliage permet des milliers de combinaisons différentes. Il s’agit ici d’une collaboration de Poszetka avec le musée national de Warsaw, ils ont adaptée l’oeuvre de l’artiste japonais Utagawa Kunisada, à l’origine peinte à la main sur du bois sculpté sur une pochette.
  • 40,5cm x 40,5cm, roulottée à la main : Une très grande pochette mais dont le port est facilité par la grande finesse du tissu, qui permet de la plier et replier aisément pour offrir un rendu différent à chaque port. Le roulottage main est quant à lui l’apanage des plus belles pochettes.

La pochette est disponible ici à 51 euros.

Conseils de style : une tenue sartoriale automnale

Vous avez pu me voir dans des tenues les plus décontractées mais aussi les plus formelles, mais aujourd’hui on plonge dans ce qui se rapproche le plus au registre sartorial comme on l’entend. Nous utilisons très souvent ce terme pour définir une pièce particulière, ou une tenue mais sa connotation reste floue. Pour l’exprimer en des mots simples, c’est une élégance recherchée, sans pour autant verser dans le registre formel. C’est donc sans aucun conteste une tenue habillée, mais avec laquelle vous ne pourriez pas exercer dans la finance traditionnelle par exemple (malgré la décontraction des codes qui touche également ce secteur).

Je vous propose une tenue sartoriale, mais surtout automnale ! On retrouve donc la veste dépareillée sport, avec sa construction légère, son tissu unique et ses poches plaquées, avec un pantalon gurkha en flanelle gris clair. Appairées avec une paire de brogues wingtip avec une semelle Dainite pour faire face au mauvais temps de ces derniers jours, j’ai également fait le choix de porter un gilet pour affiner le layering et faire le pont entre la flanelle claire et la couleur rouille de la veste, avec cette texture de différentes nuances de gris, rappelant un peu le Donegal dont nous parlions plus haut !

Vous remarquerez donc que je porte 3 nuances de gris différentes dans cette tenue, et le rendu passe très bien, en particulier grâce aux nuances et aux textures différentes de la flanelle du pantalon, du texturé Donegal du gilet et finalement du rendu « laine vierge » du manteau.

Porter du gris n’empêche absolument pas de construire des tenues hautes en couleurs ! Sur le gris qui constitue le squelette de ma tenue, je relève le tout avec des couleurs rappelant l’automne : la veste d’abord, un marron chaud nuancé d’orange et de doré qui m’inspire tout à fait la saison, et qui soutient la paire de soulier. Avec ceci, une touche plus claire avec la pochette, avec ses tons jaunes/orangés qui ne sont pas trop vifs pour autant pour rester dans l’esprit de la tenue.

La cravate est assez discrète et se fond à merveille dans la tenue, avec cette couleur verte ténue qui me semble encore une fois tout à fait appropriée pour l’ambiance automnale qui est recherchée dans cette tenue. Le choix de la chemise n’est pas anodin, le col cutaway met en valeur le nœud de cravate, et les lignes et les proportions du col sont bien adaptées au port du gilet, et je suis certain qu’il ne se désolidarisera pas de ce dernier, contrairement à un col classique.  Enfin, le manteau ainsi qu’une paire de gants viennent compléter le camaïeu de gris ainsi que le layering pour rester au chaud et ajouter une belle dose de finition !

 

Avis sur Poszetka : une offre de style redoutable

J’ai été ravi de vous présenter autant de pièces dans cet article, avec nombre de finitions impressionnantes ! Chez Jamais Vulgaire, nous raffolons des petites marques ayant une forte proposition de style. Ici, c’est un pari plus que réussi pour Poszetka qui non seulement propose des pièces très poussées en terme de finitions et d’offre, mais aussi sur l’offre de style, qui est originale et qui se retrouve sur toutes les gammes de la marque.
En plus de ceci, un véritable effort sur le prix pour des pièces de ce calibre, avec quelques réductions périodiques. Il est rare que je me positionne à ce point derrière une marque pour la soutenir, mais Poszetka rentre pour de bon dans mon livre blanc de références sartoriales, au vu de la qualité des tissus, du montage, des finitions et du prix.

arthur

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