TROIS ETAPES POUR TROUVER SON STYLE EN MODE MASCULINE (PAR GILL)

Introduction

Cet article est une reprise du très bon sujet initié par Gill (avec qui j’ai écrit Bien s’habiller en 7 clics) sur le forum BonneGueule (cliquez ici pour la version originale): le cheminement pour trouver son style est vraiment intéressant et je vous encourage vivement à le lire jusque la fin pour trouver facilement les marques et les inspirations qui peuvent vous faire progresser.

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L’avis le plus répandu sur le style vestimentaire, c’est que c’est une question d’expérience personnelle et de vécu, ce qui peut en fait servir à justifier tout et n’importe quoi. Tous ces critères de vécu interviennent en fait quand on maîtrise déjà les bases, à un niveau intermédiaire et de manière subtile.

Si vous partez de rien en terme d’assemblages de tenues et de basiques, vous n’arriverez pas à faire de cette identité un style.
Qu’entends t’on par cohérence, quand on parle simplement de vêtements ?
C’est avoir une conception minimaliste de votre garde-robe avec ce qu’il faut pour la vie de tous les jours et la vie professionnelle. Cette garde-robe se construit en terme de besoins mais la notion de marque n’entre pas tant que ça en compte, et ne sera certainement pas un critère décisif.

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La bonne approche, quand on s’intéresse au style, n’est évidemment pas de vouloir se faire remarquer à tout prix, comme un Kanye West à une Fashion Week. C’est plutôt d’avoir un style personnel, qui nous met en valeur et qui soit passe-partout et confortable. Tout en plaisant un minimum à votre entourage. C’est à ce moment là que vous prendrez du plaisir à vous habiller.

Le souci du passe-partout et du confortable, c’est qu’on tombe vite dans les clichés de tenues qu’on voit un peu trop souvent sur des forums de mode, le plus souvent un jean brut APC, un t-shirt blanc et des GAT, ou le classique cardigan col montant Stark de chez SNS Herning (note de Valéry: alors que c’est vraiment loin d’être le modèle le plus intéressant et le plus adapté aux morphologies différentes). C’est un copier-coller qui ne marche pas vraiment et qui est beaucoup trop propre et impersonnel (Mr Propre lui aussi est en t-shirt blanc et jean bleu)

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Même de manière logique, un col montant ne va vraiment pas à toutes les morphologies

La progression n’est par contre pas forcément linéaire quand on parle de style: ce n’est pas comme l’installation d’un programme qui passe forcément de 0 à 100%. Vous ferez autant de bonds stylistiques que de grosses erreurs.
Et le point important, c’est vraiment de les identifier le plus rapidement possible: repérer par exemple ce col de chemise trop grand qui absorbait votre visage et rendait toutes vos tenues trop formelles, ou ne pas oublier que vous avez une large carrure et que les blazers à large revers vous iront mieux.
C’est bête à dire, mais on y pense pas toujours, surtout lorsqu’on commence, et qu’on ne sait pas ce qu’on doit repérer.

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Comme le dit si bien le méchant dans le film Old Boy au héros qu’il a détenu pendant 15 ans dans un 50 m2 bien claustro : la question n’est pas de savoir comment on est-on arrivé là, mais « pourquoi ».

Une fois vos erreurs et vos succès bien analysés, il faut vous poser cette question toute simple: elle vous aidera à appliquer à vous même les conseils que vous pouvez lire un peu partout.
Beaucoup de débutants postent sur des forums des photos de leurs tenues avec des vêtements très stéréotypés: ils ne comprennent pas pourquoi ces vêtements et les tenues ne sont pas bien accueillis, alors qu’ils n’ont fait que de suivre les conseils des blogs, ebooks et forums à la lettre.
La mode n’est pas une science exacte: il y a un état d’esprit à adopter pour pouvoir adapter les conseils à votre cas personnel. Une fois que c’est fait, vous pourrez en extraire la moelle et voire ce qui vous est applicable.

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(tout comme le blouson en cuir rouge de Fight Club, celui de Bane dans Batman n’ira pas à tout le monde)

Rien qu’en allant un peu tout essayer à Zara, vous pouvez tester des dizaines de tenues différentes pour voir ce qui vous va le mieux. Mais ce n’est pas une approche à avoir à l’aveugle: les résultats seront décevants et vous ferez beaucoup d’effort pour pas grand chose, si vous le faites sans des notions basiques comme les proportions, ou l’assemblage des couleurs.
Voici un procédé plus efficace:

Etape 1 : avoir les bases élémentaires.

Les bases inspirent souvent le mépris et la négligence: on pense pouvoir aller plus loin, et plus vite. Et pourtant il suffit d’une paire de chaussures décevantes pour gâcher une tenue prometteuse, d’une tenue avec une chemise à 150 euros et une veste à 20 euros, ou bien un manteau à 1500 euros porté avec du Celio.

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Ca n’a pas de sens de porter une chemise à 200 euros…

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..avec des derbies banales à 150…

Quelques notions simples permettent d’éviter ces catastrophes:

Les chaussures: on ne vous demande pas de tout connaître aux bottiers pointus mais d’avoir quelques notions. Ne plombez pas une tenue hors de prix avec des GAT ou des Loding trop fatiguées

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* pour les bases sur les chaussures formelles:
http://www.theshoesnobblog.com/2012/06/guide-to-shoe-trees.html
* des interventions excellentes sur l’entretien des chaussures :
http://www.styleforum.net/t/228153/the-official-shoe-care-thread-tutorials-photos-etc
* comprendre en quelques minutes les différences entre chaque type de chaussure: http://www.huffingtonpost.com/2013/10/21/men-shoes-rain_n_4135792.html

Bien assembler les couleurs, et ça ne passe évidemment pas par le noir et blanc. Le gris et le bleu sont par contre des couleurs vraiment passes partout. Vous pouvez aller très loin simplement en jouant sur les variations de ces deux couleurs. C’est rarement une seule et même couleur qui fera la différence mais plutôt des techniques d’assemblages, d’associations et de contraste. Jouez par exemple sur des dégradés de bleu ou de gris, plutôt que sur un contraste basique noir/blanc.
Rendez-vous dans les inspirations pour trouver des tenues réussies, et les adapter à votre carnation.
Pour être certain de maîtriser ce que vous faites, il existe des outils utilisés par les graphistes qui vous indiqueront les couleurs qui s’associent le mieux ensemble.

A lire :

* assembler les couleurs et utiliser colordb : http://jamaisvulgaire.com/blog/lastuce-ultime-pour-maitriser-les-couleurs/

connaître les différentes écoles (workwear, formel, dandy, streetwear). Les vêtements ont des histoires et viennent d’univers différents, et des richelieu n’iront jamais avec un pantalon de jogging, aussi pointu qu’il soit. D’où l’importance de s’inspirer au début, lorsqu’on part de rien. C’est un peu comme si vous appreniez à manier une raquette.

Pour puiser l’inspiration, rien de tel que les lookbooks des marques (à trouver en tapant lookbook + nom de marque sur Google). Les marques se trouvent en allant sur des e-commerces qualitatifs, comme l’Exception ou TheNextDoor, qui restent sélectifs sur leur distribution. Vous pouvez aussi aller voir du côté d’Asos ou Menlook, mais le nombre important de marques peut vous décourager si vous partez de rien.
Autre possibilité: allez sur les forums et consultez les marques portées dans le 36 styles ou les WAYWT (sur les forums anglophones comme superfuture) http://supertalk.superfuture.com/index.php/topic/153627-waywt-2014-pics-only/

connais-toi toi même: en particulier les morphologies et la taille. Si on est trop petit, alors les manteaux et les bottes montantes ne sont pas pour nous. Sachez identifier ce qui vous va le mieux en cabine d’essayage, et ensuite seulement vous pourrez commander sur Internet en étant vigilants sur les mesures.

A lire :

* apprendre à mesurer sa taille de façon intelligente : http://www.artofmanliness.com/2010/07/27/measuring-the-man-how-to-measure-yourself-for-clothing-plus-a-bonus-personal-sizing-card/

faire du sport pour être le minimum présentable. Mais ça je pense que tout le monde l’a déjà compris. Sinon, lis ça : http://markmanson.net/shut-up-and-join-a-gym

(vous pouvez dire ce que vous voulez, mais le corps… C’est quand même mieux avec moins de gras possible. Et une fille ne vous dira jamais le contraire.)

la culture: un terme étrange quand on parle de mode masculine, mais qui est indispensable pour avoir des bases solides. Vous ne l’aurez pas du jour au lendemain, mais sans elle vous serez dans le doute à chaque fois que vous achèterez un vêtement. Vous serez incapable d’avoir un jugement autonome (et il sera donc inutile d’investir)

Voici quelques ressources anglophones par style:

ressources / inspirations possibles :

Style formel :

http://www.permanentstyle.co.uk/ (conseils et style)
http://www.gentlemansgazette.com/ (conseils)
http://www.kinowear.com/blog/best-of (conseils)
http://effortlessgent.com/start-here/ (conseils)
– http://ethandesu.com/ (inspirations / style)

Style streetwear :

http://techspec.tumblr.com/ (inspirations)
http://onlycoolstuff.tumblr.com/#2 (inspirations)
http://hypentings.tumblr.com/ (NSFW + style)
– http://delinquentgentleman.tumblr.com/ (style)

Style workwear :

http://dieworkwear.com/ (inspirations)
http://thehouseofmajd.com/ (style)
http://www.inquiringmind.co/daily-news/ (site de news + marques potentielles)
http://www.contemporarystandard.com/ (site de news + quelques marques)
http://www.tumblr.com/tagged/workwear (level : infinite)

(bonus) – Ce qu’il ne faut jamais faire de sa vie…

http://supertalk.superfuture.com/index.php/topic/144455-waywt-destroyed-my-life-2013/ (les exemples)

 

Etape 2: Le contexte et les prix

Même si JamaisVulgaire est dédié aux bonnes affaires, on ne peut pas prendre en compte QUE ce critère pour choisir ses vêtements. On sera trop souvent tenté d’acheter des vêtements dont on n’a pas forcément besoin, à cause d’un prix bas, voire d’un rapport marque/prix bas, que ça soit une chemise Melinda Gloss à 50 euros, ou des bottes Wolverine à 150 euros. Une bonne affaire n’est pas synonyme de vêtement qui vous va, et c’est pour ça qu’il y a aussi une partie conseil sur JamaisVulgaire et qu’on ne se contente pas d’une bête liste.

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(le look sans prise de risques, vu et revu sur les forums)

Faites preuve de mesure: vous devez optimiser votre budget, mais aussi tenir compte de votre contexte et de vos besoins pour avoir une garde-robe fonctionnelle au maximum.
On va détailler cette notion un peu floue de contexte

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(ceci est une paire de basket)

Le contexte, c’est l’utilisation que vous ferez de votre tenue. Une paire de Nike toute simple peut par exemple être portée dans deux types de tenues différentes: une tenue un peu streetwear simple mais confortable pour le week-end, avec le plaisir de porter des sneakers. Ou alors, avec exactement la même paire, avoir l’air d’une énorme fashion victim, qu’on appelle dans le jargon moderne une hypebeast, et faire partager au maximum sa tenue sur les réseaux sociaux.

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(une tenue typique de hypebeast, qui portera uniquement des pièces arbitrairement à la mode, et généralement bien trop chères)

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Un bas plus simple, de quelqu’un qui cherche juste à avoir une tenue correcte mais confortable.

Entre ces deux tenues, c’est bien l’intention et l’environnement qui définissent la manière dont vous aller construire votre tenue avec ces chaussures.

Vous l’aurez compris, une paire de pompe achetée dans un but précis, définit presqu’à 60 % le reste d’une tenue…

Chaque vêtement a aussi un univers et un registre particulier: une veste sera plus difficile à assembler avec des sneakers, à moins de bien maîtriser le contraste de styles, d’un niveau plus intermédiaire. De la même manière, un sweat ou un hoodie n’ira pas avec des chaussures formelles.

Bien mélanger les styles: on parle beaucoup de style workwear. Il est facile à porter, a un rendu authentique et donne une silhouette masculine. Ce n’est en fait pas si facile et il faut aller plus loin que mélanger une paire de bottes, un jean et une chemise.

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Quelques mots sur ces images:
– le workwear n’est pas que le style du hipster parisien avec une barbe de trois jours, un bonnet rouge et une chemise à carreaux avec les manches retroussées. Ce style vient comme son nom l’indique de l’univers beaucoup plus riche des ouvriers de l’Angleterre de la Révolution Industrielle et du mythe du pionnier et du chercheur d’or américain (avec la marque Levi’s par exemple). Les vêtements sont naturellement usés et sont censés avoir une histoire: l’idée est surtout d’avoir une esthétique intemporelle, avec une vraie résistance (des bottes de chez Wolverine ou Alden vous dureront des décennies et leur forme traversera les tendances).

– on a surtout à faire à du milieu/haut de gamme qui dépasse souvent les 500 euros pour une veste, et même pour une paire de bottes. Le savoir-faire est là (avec beaucoup de fait main) et les matières premières souvent impeccables (par exemple le fameux cordovan Horween: du cuir de cheval tanné à la cire d’abeille, conçu pour durer une génération).

Si on part de rien, l’idéal (et c’est aussi ce que prône JamaisVulgaire), c’est de trouver des palliatifs qui ont une forme et une esthétique similaire. C’est le meilleur moyen de tester et d’apprendre sans prendre trop de risques (mais ça restera quand même un vrai travail, vous passerez plus de temps justement à chercher ces marques moins médiatisées). L’idée n’est pas d’acheter du cheap, mais d’acheter une bonne pièce à un meilleur prix.

Voici quelques idées simples:
-trouver des styles similaires moins chers en piochant dans le fast fashion: Zara, Cos ou Uniqlo s’inspirent énormément de créateurs pointus pour proposer des alternatives grands publics. Ce ne sont pas des pièces durables, mais elles sont parfaites pour tester.
-chercher des créateurs plus milieu de gamme et plus accessibles. Par exemple, vous pouvez tenter le registre dark goth-ninja et ses bottes un peu usées, mais à plus de 1000 euros la paire, les marques comme Rick Owens ou CCP vous refroidiront forcément.
L’alternative ? La marque Rokin Footwear, proche en terme de design et avec un rapport qualité/prix correcte.

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Quels sont les solutions face à ce problème ?
trouver un style de look moins onéreux mais tout aussi efficace, quitte à retourner dans les basiques (COS, certaines pièces de zara, voire quelques Uniqlo en collaboration).
– trouver des équivalents de pièces qui partagent la même philosophie mais qui sont plus accessible financièrement (avec des différences pouvant aller de 100-500 euros suivant la pièce) –> ex : http://www.endclothing.com ou http://www.tresbienshop.com = regarder les marques et analyser leur lookbook souvent nickel.

– se tromper sur les prix des vêtements

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(on ne dirait pas, mais je porte un PEL sur moi)

C’est plus difficile que ça en a l’air, et on est bien loin du Juste Prix: certains styles sont tellement obscurs et pointus qu’on peut difficilement se faire une idée à vue de nez (c’est le cas en particulier du style goth-ninja).
Voici une fourchette pour cette tenue:

Pompes : environ 800 euros
Parka : entre 1000 et 1400 euros
Le reste : quasi négligeable

Total = entre 2000 et 2800 euros. (peut être 50% moins cher grâce aux soldes et aux ventes privées).

Cette gamme de prix est aberrante pour 95% des gens, pourquoi dépenser autant pour des vêtements ? Et a fortiori pour une seule tenue ?

Le contexte justifie tout: on est sur des marques ultra pointues du registre goth-ninja/dark avec des codes précis (beaucoup de noir, des coupes atypiques et une volonté très forte de se différencier). Elles sont vraiment en marge du grand public et concernent une petite poignée de passionnées, et des professionnels (le monsieur du dessus est consultant styliste). Ceux-ci sont d’ailleurs tellement investis dans ce style qu’ils paient rarement leurs vêtements plein pot.
Il serait aberrant d’adopter ce style sans un contexte approprié. Ici, il faut:
-le budget (on parle au moins de 500 à 1000 euros par mois))
-l’environnement: est ce cohérent avec votre vie quotidienne (si vous travaillez dans la mode) ou est ce que ce genre de tenue vous marginalisera ? (auquel cas, vos tenues peuvent être aussi réussies que vous voulez, ça restera un échec en soit).

Posez-vous la question « Ai-je vraiment besoin d’un look de fashion week pour prendre un verre entre potes en province ? »

Une fois qu’on s’est posé ces questions, c’est le prix qui devient le facteur final. On peut comparer un peu ça au choix de vos vacances : vous choisissez d’abord votre type de vacances préférées (à la mer, la montagne etc) puis le pays et vous avisez en fonction des prix disponibles

Vient ensuite la question de la valeur de l’objet: soit le prix est représentatif de sa valeur, soit non (lorsqu’on a à faire à une marque grand publique qui fait de grosses marges)
Si un manteau ou une chaussure sont chers, ce n’est pas à cause de la matière première, mais plutôt à cause du temps de fabrication et du savoir faire derrière.
Mais si une paire de Alden à 800 euros et un blouson CCP demandent tous deux un travail énorme, mais les premières sont à 800 euros, contre 4500 euros pour le deuxieme

A 4500 euros, ça devient vraiment une question de budget personnel, mais on ne peut plus vraiment définir de règle.

Voici des limites réalistes pour les différentes catégories de vêtement:

– Hauts :
* les basiques: chemises, t-shirts, débardeurs : comptez entre 10 et 60 euros. Vous pouvez aller plus loin pour la chemise, jusque 150 euros. Mais sachez qu’entre une chemise à 150 euros et une chemise à (soyons fous) 500 euros, la différence est vraiment minime. Inutile de dépenser 200 euros dans une chemise pour porter avec des chaussures à 100 euros ou une veste à 50 euros

* les pièces avancées: manteaux, vestes, pulls, blousons etc. Ce sont ces pièces qui donnent leur caractère à une tenue à travers la texture, la coupe, la couleur ou la matière (voir cet article)
Si l’on est pas sûrs de ce qu’on fait, limitez vous à 400-500 euros pour les pièces d’extérieur (manteaux, vestes et blousons

-Bas
* pantalon et jean: la fourchette 100/200 euros est parfaite pour avoir du durable, c’est là que vous trouverez du Naked and Famous et Rehnsen en jeans et du Homecore et Les Chats Perchés en chino. Inutile par contre d’accumuler les jeans: un brut indigo, un gris délavé pour l’été et éventuellement un noir ou gris foncé suffisent très largement
* chaussure: 100/200 euros est le créneau idéal. En dessous de 100 euros, la qualité sera médiocre et les designs peu intéressants et au dessus de 200 euros, vous paierez surtout le design et la marque mais pas une solidité vraiment meilleure. Pour les chaussures formelles et les bottes par contre, il n’y a pas vraiment de limites.

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Etape 3: Comment aller plus loin en pratique ?

Maintenant qu’on a parlé en détails de la mode masculine, quelle est la 1è action à faire là, maintenant ?
Comment désamorcer TOUT DE SUITE un style qui stagne depuis trop longtemps ?

C’est le moment de parler de l’effet de levier: AGIR au maximum, avec le minimum de moyens. Plutôt que de se disperser et se contenter de collecter des informations sans que ça ait de vraies répercussions.

Quelques idées:

A – Les marques pour vos premiers basiques, pas chères et aux tenues faciles à reproduire

* COS : la gamme premium d’H&M, le compromis PARFAIT entre un style travaillé et un bon rapport qualité/prix (basique)
* Sandro : à acheter seulement à -50%, le rapport qualité/prix devient bon et le style un poil plus travaillé (basique/formel)
* APC : Même gamme de prix que Sandro avec une qualité supérieure: les vêtements y sont moins soldés et partent plus rapidement (basique)
* Carhartt : On parle surtout de Carharrt WIP, la branche américaine. Des basiques increvables et très accessibles, mais avec des coupes peut être encore un peu droites. (basique/street)
* Saturday surf : une marque pas prise de tête, des basiques facilement portables avec un brin d’originalité (basique/preppy)
* Missoni : les vêtements ne sont pas intéressants, mais le style des défilés sur les couleurs et les motifs est irréprochable (formel/advanced)
* Sophnet : parfait pour l’inspiration, mais à n’acheter qu’au japon (street/advanced)

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Cette liste donne un bon petit aperçu des différents types de style et de marques intéressantes: à partir de celles-ci, vous pouvez creuser vous même et chercher des marques avec le même style.

Comment creuser ?

Lisez TRES attentivement les quelques lignes de conseils qui vont suivre: c’est elles qui feront la différence entre quelqu’un d’autonome qui déniche de nouvelles marques et développe son style, et quelqu’un de plus assisté, qui suivra la tendance, sans savoir comment aller plus loin. Bref, qui tournera en rond.

A partir d’une marque: les marques scandinaves (Norse Projects) ou de basiques français (APC) sont distribués chez Très Bien Shop. Si l’une de ces deux marques me plaît, la suite logique est d’explorer l’eshop à la recherche de marques au style similaire.

Trouver les boutiques

Rendez-vous sur les sites de marque, la plupart ont une section revendeurs/stockists/points de vente/distributeurs.
Il vous suffit alors simplement d’identifier ceux qui ont un site internet ou, encore mieux, un e-commerce (ce n’est pas systématiquement le cas de toutes les boutiques.

Voici par exemple une liste des revendeurs américains d’APC

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Si APC m’intéresse, alors les boutiques qui revendent la marque vont forcément en avoir d’autres qui font un travail similaire et qui pourra m’intéresser.

(note de Valéry: C’est une procédure à répéter autant de fois que vous le voulez, autant en regardant du côté des marques que du côté des e-shops, et vous arriverez rapidement à une petite liste qui vous conviendra à vous.
C’est exactement comme ça qu’avec Gill, on a élaboré Bien s’habiller en 7 clics et y référencer plus de 150 marques qualitatives (même si on avait déjà en tête une bonne centaine de marques au début))

B – Intégrer le haut de gamme dans vos tenues

Le haut de gamme est censé être cher, et pourtant certains font des tenues vraiment réussies avec très peu de budget. Comment faire la différence entre la bonne affaire et l’arnaque ?
En soit, il faut repérer les 1% de vêtements qui vont vous intéresser vous: c’est à dire qui vont vous aller et que vous savez déjà dans quelles tenues vous intégrerez.
Cette capacité, qu’on appelle aussi discernement, leur permet de chiner une pièce à 200 euros au lieu de 1000, qui va bien à leur style personnel et qu’ils pourront intégrer facilement dans les tenues.

De la même manière, ils achèteront des basiques chez Uniqlo ou Zara pour trois fois rien et pourront les mettre en valeur et les associer sans problèmes avec des pièces beaucoup plus haut de gamme.

La finalité, ce n’est pas d’acheter systématiquement des pièces qui tuent, mais plutôt d’être conscient de ses choix. Les basiques d’entrée de gamme ne seront plus achetés par hasard et seront bien intégrés dans votre tenue.

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(Bieber ne dira pas le contraire à ce propos)

Pour avoir cette expérience, il faut impérativement aller en boutique, toucher et essayer. Vous ne pourrez pas l’acquérir seulement à partir de visuels d’e-commerce. C’est une fois que vous savez reconnaître une bonne pièce en vrai que vous pourrez la reconnaître en ligne.
Au toucher, vous devriez facilement reconnaître le denim épais et rêche d’un Naked and Famous ou d’un jean Rehnsen par rapport à celui plus fin des entrées de gamme de chez Uniqlo ou COS (et je ne parle même pas de celui de chez Zara).

c – Un raisonnement différent: le chemin le plus sûr vers la maîtrise (advanced)

Après ces raisonnements de base, les marques et les prix, vous continuez à tourner en rond ?

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(êtes vous en ce moment coincé dans cet endroit ?)

Cela peut s’expliquer par une chose: vous ne pensez qu’aux vêtements et vous n’avez pas assez de recul. Il faut vous cultiver pour avoir une vision plus large.
Comme le disait Einstein: « No problem can be solved from the same level of consciousness that created it. » Autrement dit, pour résoudre facilement un problème, il faut adopter un regard complètement différent, et donc pouvoir avoir plusieurs perspectives.

Apprendre à s’habiller est un parcours plus nuancé qu’il n’y paraît: vous n’êtes pas seulement soit quelqu’un qui ne sait pas comment s’habiller et qui n’y connait rien, soit un mec au style hyper travaillé et executé sans efforts.
Il faut aller au-delà et vous poser des questions plus personnelles sur vos affinités, au risque de vous retrouver en Rick Owens pour faire un foot entre potes:
– est-ce que les vêtements ou la mode sont un réel intérêt pour moi, ou est-ce que je m’y intéresse car cela fait juste changer le regard des gens sur moi ?
– quelles sont mes autres affinités artistiques, que je pourrais aussi exprimer dans mon style ?
– suis-je satisfait dans ma vie actuelle ? vais-je continuer à voir la mode comme un hobby ou l’intégrer davantage dans ma vie ?

Pas la peine de trop y réfléchir, on peut vouloir effectivement s’habiller seulement pour plaire et ne s’intéresser qu’au résultat esthétique du vêtement, sans forcément connaître sa fabrication et toutes ses caractéristiques techniques. Ca vous permettra d’aller plus vite vers ce qui vous intéresse, sans avoir l’impression de devoir avaler toute la littérature sur le sujet.
Une fois que vous savez quelles connaissances avoir, et ce que vous voulez en faire, alors vous aurez une perspective claire et tous les articles que vous lirez vous permettront vraiment de progresser.

C’est justement l’éternel débat sur la maîtrise d’une compétence, et la littérature est assez complète sur ce sujet
Mais je vous recommande chaudement l’ouvrage Mastery de Georges Leonard, un expert en aïkido qui vous raconte son parcours.

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Mes secrets pour bien s habiller

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