Bien choisir son pull : notre guide complet

Voilà un autre guide qui aurait mérité d’être publié au début de l’hiver. Cela étant dit, vu les températures actuelles, je me dis que ça risque de rester encore d’actualité pour quelques mois ! Le pull est une pièce incontournable du vestiaire masculin, il est un allié précieux une bonne partie de l’année pour nous aider à lutter contre le froid.  Une pièce d’autant plus incontournable qu’on en a utilité en automne, au printemps et surtout en hiver.

Comme pour tous les guides que je vous propose, celui-ci sera musclé et se décompose de la manière suivante :

  • Une première partie (I) dédiée à l’histoire et aux différents modèles de pulls qu’on peut trouver
  • Une deuxième partie (II) qui porte sur les points techniques à retenir pour choisir un pull
  • Une troisième partie (III) concernant nos conseils de style (il y en aura pour tous les goûts)
  • Enfin la dernière partie recense nos meilleures adresses (IV) ! Qui proposent toutes un excellent rapport/qualité prix en plus d’une offre originale.

Une dernière chose : n’oubliez pas que le but de cet article est avant tout de vous faire économiser de l’argent en achat inutile ou insatisfaisant. Il ne faut pas non plus négliger l’aspect plaisir, faire du shopping c’est agréable, surtout quand on ne se plante pas !

I. Bien choisir son pull : Les différents modèles qu’on peut trouver

On attaque ce guide avec la partie dédiée à la technicité du pull. Comme vous le savez, le pull se décline en une multitude de modèles, sans parler des variantes que comporte chacune de ces pièces ! Pour démarrer d’un bon pied, on commence par faire le tour des différents modèles qu’on peut trouver sur le marché, avec leurs petites histoires et leurs spécificités.

Les cols ronds

Probablement le modèle le plus répandu sur le marché, le col rond est très certainement le modèle le plus incontournable des pulls. Sa forme contemporaine provient de plusieurs origines différentes : les Shaggy dogs et les cols marins. Un petit point historique s’impose !

Le pull Guernesey

Située au large des côtes normandes, Guernesey est une île (au charme incroyable dans ma région natale) réputée, notamment pour avoir accueilli Victor Hugo, qui cherchait à se réfugier après le coup d’état de Napoléon III. L’île est également réputée à l’époque pour son savoir-faire en tricot, avec notamment l’invention des points Jersey (utilisés pour le pull). Cette industrie se développa grâce à l’ouverture du marché par la couronne anglaise : les habitants de l’île pouvaient alors importer leur laine d’Angleterre et exporter des produits manufacturés (comme ils ont de la suite dans les idées, l’île deviendra plus tard une destination fiscale de choix pour les entreprises friandes d’optimisation fiscale). Ces pulls étaient à la base tricotés pour les marins par leurs femmes, avec une technique transmise de mères en filles. Grâce à l’exportation, on les trouva rapidement en Grande Bretagne et, du fait de leurs qualités, ils furent utilisés par la Royal Navy pendant les guerres napoléoniennes (vous découvrez enfin la raison de notre défaite à Waterloo !). Il faut savoir que la Royal Navy continue toujours de s’y fournir en pulls !

C’est de là que vient leur coloris bleu marine. Outre le col bateau, le pull de Guernesey est symétrique (il n’a ni avant, ni arrière). Les motifs représentent les objets de la vie quotidienne des pêcheurs. On y trouve par exemple une échelle en haut des manches, ou encore des vagues à travers le point mousse aux aisselles. Leur construction a une petite spécificité : une couture en forme de losange qui permet de meilleurs mouvements. Le pull de Guernesey, comme le pull marin breton, se porte près du corps, cependant la forme spécifique du pull fait que la couture joignant les épaules aux manches dépasse largement sur les bras du porteur.

Les pulls originels sont tellement solides qu’ils peuvent se passer d’une génération à une autre !

Le pull irlandais

On ne sait pas vraiment si le concept de gros pulls marins vient des îles Aran, mais il est en tout cas incontestable qu’ils ont produit leur version locale des pulls Guernesey fabriqués sur la côte Est britannique. Le travail de la texture et des torsades est en tout cas très comparable. L’origine des pulls Aran est en tout cas très contestée, certains estiment que les protagonistes du livre de Kells (un manuscrit religieux de l’an 800) en portent ! Ce qui en ferait à peu de choses près le modèle de pull le plus vieux de l’histoire. D’autres sont plus pragmatiques et pensent plutôt que le pull Aran remonte à début 1900. Provenant d’un collectif féminin possédant la fibre entrepreneuriale, qui  a eu l’ingénieuse idée d’adapter le pull Guernesey en utilisant une laine plus épaisse (tout en simplifiant la méthode de production) pour pouvoir en faire un vrai business.

C’est un classique irlandais. Les vrais pulls Aran sont de véritables oeuvres d’art avec de nombreux mythes. Ils étaient censés à la fois tenir chaud à un marin en mer et avoir des torsades assez précises pour pouvoir l’identifier (ou au moins son clan) s’il était retrouvé noyé. Ils sont de nos jours toujours fait main dans l’île d’Emeraude, et chaque pull requiert plus de 100000 coutures.

 

Shaggy Dogs

J.Press est une des marques les plus emblématiques du mouvement preppy américain. Fondée en 1902 sur le campus de Yale, elle est si symbolique qu’elle est aujourd’hui davantage distribuée au Japon qu’aux USA (férus de vintage provenant de la culture mode américaine preppy). On va s’intéresser à un de ses modèles emblématique : les shaggy dogs. Ceux-ci sont faits à partir d’une laine shetland dont la surface a été brossée pour obtenir une surface duveteuse, évoquant les nuages. Ces pulls sont extrêmement chauds (grâce à la chaleur que cette texture très particulière peut garder) et étaient à une époque rarement portés dans la rue (considérés comme des vêtements à un usage domestique), à part pour promener son chien. Ces Shaggy Dogs se portent très facilement avec une chemise oxford à col boutonné. L’une des qualités de ce type de pull, c’est la grande variété de couleurs dans laquelle ils sont disponibles. Optez pour des couleurs sobres, comme un vert foncé ou un bordeaux pour des premiers modèles.

Vous pourrez aussi trouver des coloris plus modernes et affirmés, mais ils sont selon moi moins cohérents avec l’univers de ce type de vêtement et en décalage avec son côté traditionnel. Les modèles de qualité sont censés bien vieillir. Seul inconvénient : ils finiront par pelucher. Certains trouvent ça gênant et d’autres estiment que cela donne un certain charme au vêtement.

Le Col V

Une déclinaison moderne du col rond que nous trouvons particulièrement laide à la rédaction. Nous vous le déconseillons vivement. Les superpositions pulls col V sont rarement réussies, surtout si le col descend trop profondément, laissant ainsi une impression de vide. C’est un peu ce que les graphistes appellent le blanc tournant.

Le col roulé (Turtlenecks)

Les pulls col roulés étaient d’abord portés par les marins et les travailleurs manuels,  (pour qui une écharpe aurait été encombrante, voire parfois dangereuse). Le col était fermé par des boutons et, une fois qu’ils furent inventés en tant que tel, par une fermeture éclair (le fameux col camionneur). Des mélanges de tissus plus extensibles et durables furent ensuite découverts, ce qui rendit les boutons et les fermetures éclair inutiles. Cette pièce connaît rapidement le succès auprès du grand public, il était un modèle apprécié par Noël Coward (un dramaturge anglais du XXe siècle réputé pour son goût et son élégance).

Elle finit par devenir courante et s’impose comme une alternative à ceux qui désiraient porter une tenue habillée, plus confortable qu’un costume cravate, mais un peu moins formelle. Issu de la communauté des pêcheurs d’Europe du Nord, le pull col roulé devient populaire chez les étudiants de gauche dans les années 30 et encore plus dans les années 60 et 70 où il représente la rébellion ultime contre le dress code formel du costume cravate, considéré comme désuet et trop guindé par la contre culture.

Il réapparut en même temps que le regain d’intérêt pour les vêtements héritage et vintage dans la mode masculine, Steve McQueen en portait et Daniel Craig dans le tout dernier James Bond en porte également un sur l’affiche. Nous vous conseillons vivement d’en rester aux cols roulés unis, jamais à motifs. On peut également le porter en texturé (mais alors les pièces autour devront être sages et bien lisses).

La plupart des média mainstream vous diront que le pull col roulé est le “pull ultime” pour mettre en valeur “votre masculinité” et “votre virilité”. C’est un raccourci facile et racoleur  qui ne prend pas en compte les particularités morphologiques de chacun ! C’est seulement le cas pour ceux qui ont une mâchoire plutôt large et marquée. Car si vous avez une mâchoire peu marquée (visage oval ou rond), voire un double menton, le col roulé vous portera préjudice (en mettant l’accent sur l’absence de celle-ci).

La morphologie qui est la plus mise en valeur par un col roulé, c’est celle des gens plutôt minces avec une large mâchoire. Ceux qui ont un cou plus étoffé devraient l’éviter, sous peine de ressembler à Steve jobs !

Le pull à motifs (fair isles) 

Le Fair Isle, c’est le truc ultra vintage (début du 20ème) qui a été repêché pour alimenter les podiums,et ensuite servir la mode un peu hipster friande d’authenticité où nos arrières-grands parents seraient nos nouvelles icônes. Les Fair Isles font référence à un motif tricoté venu d’un ensemble d’îles au nord de l’Ecosse : les Shetlands, les îles habitées les plus éloignées des terres de tout le Royaume-Uni.

Alors quand on habite un tel patelin, on a tout intérêt lorsque l’hiver pointe le bout de son nez d’abord à savoir se tenir chaud mais aussi à mettre un peu de couleur dans ses journées. C’est beau, plein de couleurs et de motifs et ça ne tombe pas du ciel: plus de 17 fils et une douzaine de laines de couleurs différentes étaient utilisées. Chacun avait son petit motif personnalisé bien à lui, d’où une variété incroyable de motifs et d’influences. On en retrouve pas mal de sympathiques sur le site des archives des îles Shetlands  (qui pourrait être l’ancêtre de notre feed instagram d’époque, dédié uniquement aux pulls fair isles) du début de siècle, avec des styles carrément dingues qui feraient halluciner vos potes qui adorent ce genre de pull.

Il se trouve que Fair Isle était par ailleurs un port qui captait un trafic maritime important, allant surtout vers les pays Baltes. On retrouve donc sur nos tricots Fair Isles des influences baltes, scandinaves voire d’Extrême Orient. Les motifs les plus connus sont les motifs OXO, venus d’Estonie, ou encore l’étoile Norvégienne. Pourquoi l’OXO est connu ? Tout simplement car c’est le motif du pull qui a été offert à Edouard VIII en 1921. Ce qui a suffit à sortir le Fair Isle de sa condition de pull workwear de pêcheur, pour devenir nettement plus populaire !

Le pull le plus connu, c’est le pull islandais lopapeysa. Son motif est comparable à un collier sur le haut du torse. Il est épais, tricoté main et dans un panel de couleurs limité: blanc, gris marron et noir.

La matière est la même pour les pulls des Iles Feroe, avec un motif plus géométrique. En Norvège, un des motifs les plus connus est celui mis en avant par le sportif Marius Eriksen, on l’appelle le Mariusgenseren. Si les droits de ce motif précis sont détenus par la fille du créateur, vous trouverez cependant de nombreux motifs similaires. Enfin, la Suède possède elle aussi son motif traditionnel qui lui provient de Gotland, une île au large de la côte Est  (qui remonterait au moins à 1741).

Le Cardigan

Son origine remonterait à la première moitié du 19è siècle par James Thomas Brudenell, le comte de Cardigan. C’est suite à un petit agacement que la pièce a vu le jour ! Notre fameux comte était trop à l’étroit dans son pull over, il a donc décidé de régler ce petit tracas en sortant son sabre et fendit le pull en deux. De nos jours, on appellerait ça une méthode de confection brute, authentique et naturelle, couplée à une inspiration spontanée (Il ferait probablement un carton à la Fashion Week). D’autres messieurs très inspirés eux aussi, se sont dit qu’en rajoutant des boutons, ça serait encore plus pratique. Comme ce brave homme à la moustache frétillante eut le mérite de gagner ses batailles, son invention finit par être commercialisée vers 1868.

L’intérêt d’un cardigan est de mettre en valeur votre torse en lui donnant une forme en V. Ainsi, le raisonnement est le même que pour une veste de costume : vous devez vous assurer que l’ouverture de celui-ci ne soit pas trop haute.

Hoodies & Sweats

Hoodie

La capuche, ça évoque naturellement un univers plutôt streetwear : du hip hop au punk et plus généralement, une contre culture rebelle et contestataire. Et pourtant ! C’était bien loin des préoccupations de la société américaine Champion Products qui a créé le premier sweat à capuche pour les athlètes et les footballeurs (en particulier les remplaçants et entraîneurs qui avaient à subir sur les bancs la météo locale plutôt difficile). Il était aussi utilisé par les employés des entrepôts et les maçons parce qu’il était solide, confortable et qu’on s’en fichait de l’abîmer. Bref, la vocation de cette pièce était à priori purement utilitaire : “Function over fashion”. C’est dans un second temps que Champion va doubler l’épaisseur de ses hoodies, pour correspondre davantage aux besoins des lycées et des équipes de football. C’est cet ajout de matière qui développe les premières qualités esthétiques de la pièce (le tombé est nettement plus réussi et la carrure est plus prononcée). Les athlètes qui les portent se mettent à prêter leurs hoodies à leurs petites amies. Très rapidement le modèle devient branché dans les lycées américains, car il est porté par des lycéens populaires (les fameux sportifs et leurs petites copines), tout comme le teddy le fut quelques années plutôt ! La présence de hoodies dans les lycées est un terreau propice à une entrée dans le monde de la mode : “Fashion over function”.

Le milieu du hip-hop et de la rue s’y adonne ensuite, à travers deux icônes : les graffeurs (qui l’apprécient pour sa discrétion et sa grande liberté de mouvement qu’il procure) et les breakdancers (pour se tenir chaud avant leur représentation). Il est également prisé par les petits délinquants et les trafiquants  qui utilise la capuche pour camoufler leur visage lorsqu’ils vendent ou font du vol à la tire pendant les concerts. Les skaters ne sont pas en reste, et se mettent également à l’apprécier pour les mêmes raisons que les graffeurs et les délinquants. En effet, ils se voient forcés, au fur et à mesure de la fermeture des skate-parks à travers les Etats-Unis, de pratiquer le skate clandestinement dans des parcs publics, des piscines vides ou des garages.

C’est ce statut d’outsider, de culture alternative et subversive qui finit par lier les tendances punk, hiphop et metal autour du hoodie, qui va devenir le vêtement rapprochant les différentes cultures du streetwear. Il devient le symbole de défiance face à une police qui harcèle ses adeptes et des adultes qui les dénigrent et les regardent de haut. Un phénomène amplifié par chaque délit/crime commis en hoodie, qui finit carrément par être interdit dans plusieurs lycées et boîtes de nuit (notamment dans les clubs de baskets ou les joueurs professionnels sont priés de s’habiller en costume pour donner l’exemple quand ils sont sur les bancs). Les acteurs de la mode se pressent pour s’en emparer, des designers preppy comme Ralph Lauren ou Tommy Hilfiger tentent de l’insérer dans des cerces plus traditionnels.

Le hoodie continue d’être populaire, et on le retrouve notamment au cinéma dans de nombreux registres dont la science fiction (dans lequel les jeunes rebelles le portent pour préserver leur anonymat dans des sociétés de plus en plus contrôlées). C’est une pièce qui porte une forte connotation culturelle mais qui ne présente pas un grand intérêt stylistique à nos yeux (c’est pourquoi nous n’en présenterons pas dans ce guide), mais comme l’histoire est intéressante on s’est dit que ça vous ferait plaisir d’en savoir un peu plus sur le sujet.

II. Les points essentielles à connaître pour choisir un pull

Un beau vêtement se détermine selon trois facteurs essentiels : la coupe, la matière et la qualité de confection. En plus de cela, il faut prendre en compte quelques détails importants qui permettent de bien cibler ses besoins, en voici les grandes lignes.

Quand on veut s’offrir un pull, il y a plusieurs paramètres à prendre en compte. Tout d’abord, il ne faut pas oublier que le shopping doit être plaisant, on est pas là pour souffrir ou dans un but purement utilitaire ! C’est vrai qu’on peut avoir tendance à l’oublier (moi le premier) tant il y a d’autres facteurs qui sont importants (le prix, la disponibilité, la saison…). Il faut un peu de plaisir à s’habiller, c’est un facteur déterminant qui se ressentira en termes d’élégance. Quelqu’un qui est obligé de se vêtir d’une manière qui lui déplaît, cela se ressent aussitôt ! Alors, même si parfois ça peut devenir une prise de tête, n’oubliez pas qu’on est avant tout là pour que s’habiller soit une expérience agréable, qui vous apporte une véritable plue value sur plein de choses : la confiance en soi, la séduction, au travail, ou tout simplement pour s’amuser.

Déterminer ses envies en prenant en compte sa garde robe

Pour n’importe quel achat vestimentaire, il faut toujours commencer par réfléchir sur ce qu’on possède déjà, même quand c’est un coup de coeur (idéalement). Est-ce votre premier achat de pull ? Dans ce cas il faut commencer avec un essentiel, quelque chose qui ira facilement se marier avec tout : du bleu marine ou du gris ! Si vous possédez déjà une ou deux pièces essentielles, commencez à chercher de la couleur comme du vert foncé ou du bordeaux et du beige. Si votre collection de pull s’étoffe sérieusement, alors optez pour des modèles différents : un ou deux col ronds, deux cols roulés et un col zippé par exemple. Vous pouvez également commencer à vous intéresser aux pièces comportant de la texture !

Bref, quand vous achetez un pull, vous devez vous demander avec quelle(s) tenue(s) vous pourriez le porter au préalable. Idéalement, prenez ce qui pourrait matcher avec la pièce concernée si vous avez l’occasion de l’essayer en boutique.

Le grammage

Deuxième critère, qui est aussi important que le premier (voire plus important) : le grammage. Le grammage, c’est le poids en matière que l’on peut trouver sur chaque pull. Il faut toujours savoir de quoi il en retourne car il va déterminer la saisonnalité de votre pull.

Il faut savoir que la plupart des marques mainstream (Hugo Boss, Sandro, The Kooples…) proposent des produits techniquement médiocres pour un prix exorbitant (j’ai vu des pulls vendus à plus de 200 euros pour un grammage ridicule). À tel point qu’en moyenne dans le commerce, les pulls d’hiver pèsent entre 200-230 grammes.

C’est un grammage insuffisant, quelque soit la matière vous aurez froid si vous portez cela en dessous de 5 degrés. C’est un grammage adapté à la demi saison (10-15 degrés), pas à l’hiver. Pour l’hiver, il faut minimum 300 grammes. Si une marque n’en propose pas dans sa collection d’hiver, passez votre chemin.

La coupe et les petites finitions techniques

Un pull peut être très beau, généreux en matière et une fois à l’essai, ne pas vous convenir, car la coupe ne correspond pas à votre morphologie. N’oublions pas les pièces de prêt à porter sont fabriquées à partir d’un patron pré-conçu. On peut procéder à quelques retouches, mais sur un pull je trouve ça dommage. L’offre est tellement large que je trouve ça idiot de dépenser 30 euros supplémentaires parce que la coupe ne vous convient pas.

Comment reconnaître si un pull vous va ?

  • Commencez par regarder au niveau des épaules : la couture doit idéalement tomber au niveau de votre acromion  (l’os au bout de votre épaule) au plus loin, on tolère 1 cm court avant, mais jamais après (ou ça donne des épaules tombantes).
  • La longueur des manches arrive jusqu’au creux de votre main.
  • Les bords côtes en bas du pull doivent tomber légèrement plus bas que le niveau de votre ceinture

Enfin, pour ce qui est du torse, prenez la largeur qui vous sied le mieux. Certains aiment le porter très ajusté, d’autres préfèrent avoir un peu de matière en plus, chacun fait comme il l’entend !

Si vous ne pouvez pas essayer le pull en question, référez-vous au guide des tailles du site. Ils sont désormais très précis et faciles à réaliser (on vous donne des indications simples et claires à suivre). Avec un mètre et un ami, on peut facilement vérifier les mesures en 5 minutes. Personnellement je vérifie à chaque fois que je fais un achat et je ne me suis jamais planté sur une taille.

Privilégiez les matières naturelles

Dernière chose à prendre en compte et pas des moindres : la composition de votre pull. Je vous déconseille de jeter votre dévolu sur ceux qui possèdent des matières synthétiques (sauf pour le techwear qui sont de véritables matières techniques qui apportent une grosse plus value). Privilégiez ceux composés en matières naturelles. Pourquoi ? En dehors des variables écologiques et sociales (un pull en polyester n’est jamais fabriqué par des artisans bien payés), les matières premières ont des propriétés naturelles thermorégulatrices impressionnantes ! En effet, elles permettent notamment de conserver la chaleur de votre corps, tout en évacuant la transpiration intérieure, de plus il n’y a d’odeurs non plus (contrairement au polyester qui sent très mauvais au contact de la transpiration). Enfin, contrairement à la fourrure, les laines d’animaux sont prélevées sur des animaux qui sont traités comme des rois (sinon la laine est moins douce) et sans douleur, de plus sur certains animaux comme l’alpaga, cela lui permet de mieux supporter l’été !

On vous décline toute les options possibles juste en dessous !

Quelles sont les matières idéales pour un pull ?

Selon la saison, votre sensibilité et vos goûts, la matière a un effet déterminant sur l’aspect et la fonctionnalité de votre pull. Pour ceux qui ont la peau sensible, il vaut mieux s’orienter sur des matières plus douces comme le cachemire ou la laine vierge par exemple. Voici la liste des matières privilégiées pour des pulls.

La Laine

 

La laine est déperlante : l’extérieur de la fibre résiste à l’eau, contrairement au poil humain ou à la fourrure animale. Les fibres de laine peuvent absorber 30% de leur poids en humidité sans gonfler. La couche extérieure protège de l’humidité, de la pluie et de la neige. La laine a aussi le mérite d’évacuer la transpiration du corps. Contrairement au coton qui le fait en absorbant aussi la chaleur (et en restant humide), la laine permet une vraie évacuation. La texture de la laine est loin d’être lisse ou parfaitement droite : elle est plutôt crépue. Cela permet de mieux conserver la chaleur, un peu comme si elle était coincée entre plusieurs touffes de poils. Elle provient de différents animaux que voici :

 

La laine Shetland

Une laine fine et lustrée, chaude et légère. Souvent dans des couleurs naturelles. Utilisée pour les pulls et manteaux les plus haut de gamme : parfait pour les effets mouchetés et les motifs.

La laine mérinos

Elle provient des moutons mérinos, prend bien la lumière et est douce et respirante. C’est l’un des meilleurs ratio chaleur/poids, en plus d’être élastique et résistante. Elle a le mérite de ne pas avoir le caractère brut et rugueux de la laine classique grâce à la finesse de ses fibres. La plupart des moutons mérinos proviennent d’Australie et de Nouvelle-Zélande.

Laine d’agneau (qu’on appelle Lambswool)

C’est le meilleur type de laine, qui provient de la première tonte de l’agneau (lorsqu’il a environ 7 mois). Elle est douce et soyeuse et peut se porter à même la peau. Elle est du coup bien plus utilisée pour les pulls que pour les manteaux.

La laine Geelong

La laine d’agneau Geelong est la laine mérinos la plus qualitative, autant en terme de longueur, que de douceur. Le mouton dont on tond cette laine a été rigoureusement élevé au fur et à mesure des années pour être certain que leur agneau ait la meilleure laine du monde. Si ces fermes produisent énormément de laine brute, une quantité infime de matière est retenue pour recevoir cette appellation, l’une des plus luxueuses en matière de fibres naturelles.

Les traitements de la laine

Une fois le pelage tondu, la laine peut faire l’objet de traitements (pour la rendre plus douce ou imperméable) ou au contraire peut être volontairement laissée en l’état. Quand il s’agit de laines luxueuses ou premium, on évite les traitements, parce qu’on en a pas besoin (la matière est naturellement très douce).

En revanche sur des matières d’entrée de gamme (comme celles utilisées par Uniqlo par exemple), elles sont souvent traitées afin d’être plus douces. Je n’ai rien contre cela, car en vérité Uniqlo permet aux budgets plus modestes de s’offrir de belles matières à bas prix comme le cachemire et propose des produits nettement plus qualitatifs que ses concurrents comme Zara ou H&M (simplement le tissu sera traité pour compenser), mais il ne faut pas être naîf non plus.

La laine Melton

Elle est épaisse, avec une surface extérieure lisse. Le traitement de cette laine protège complètement le tissage, et rend donc la matière ultra résistante. La laine melton est donc durable, imperméable et coupe-vent : les plus lourdes sont utilisés pour les manteaux d’extérieur, et aussi parfois pour les pantalons ; les plus légères servent aux pulls et aux chaussettes.

Laine vierge

Elle provient de la première tonte d’un agneau (c’est la laine la plus douce et la plus fine possible). Cette appellation peut aussi faire référence à une laine non traitée (qui peut alors provenir d’un adulte). Généralement, il s’agit plutôt du premier cas, car plus l’animal est âgé, moins la laine est douce.

Laine Bouillie

La laine de mouton subit un lavage spécial qui la rend dense, durable et imperméable, avec une texture comparable à du feutre épais. La laine bouillie a la souplesse du tricot mais garde aussi bien sa forme qu’une laine tissée normale.

Alpaga (ou Alpaca)

L’alpaga est une fibre à la fois plus douce et légère que la laine de mouton classique, tout en étant plus résistante que le cachemire. Elle est chaude et fournit une isolation exceptionnelle.

Mohair

Le mohair vient du mouton Angora, réputé pour son toucher soyeux et son rendu brillant. Il isole parfaitement tout en étant résistant, durable, respirant et léger. Le mohair ne peluche pas, la matière est bien plus lustrée, avec un bon tombé.

Angora

Elle est douce, légère et chaude (2,5 fois plus que la laine de mouton), elle est par contre très onéreuse et généralement mélangée à d’autres fibres, pour plus de solidité.

Cachemire

Il est léger, chaud mais fragile. Au sein des mélanges, c’est lui qui apporte souvent la douceur au toucher. Attention toutefois, un pull dans un cachemire fin ne sera pas forcément plus chaud que dans une laine plus lourde !

Chameau

Le poil de chameau est durable, léger et chaud, en plus d’avoir un touché lustré. On le laisse généralement dans sa couleur naturelle (un marron clair, légèrement doré) : le camel.

Coton

Pour des pulls de printemps, le coton est agréable à porter car il permet d’absorber la chaleur en trop. Personnellement je n’en porte pas dans mes pulls et je ne suis pas très fan.

III. Bien choisir son pull : Nos conseils de style

Maintenant qu’on a fait le tour du point de vu technique, passons à ma partie préférée : les conseils de style. Dans cette partie, je vous déniche plusieurs exemples chinés sur Instagram. Des exemples de tenues intéressantes dont on peut s’inspirer. Vous trouverez des inspirations pour les styles suivants :

  • Casual
  • Casual chic
  • Workwear
  • Formel

Pour chacun de ces styles, je vous proposerai deux tenues : une facile à porter (sans prise de risque) et une plus sophistiquée, pour les plus aguerris d’entre vous.

Style décontracté facile à porter :

Look de @panamecollections

Un pull uni avec un chino contrastant : c’est la tenue de base très facile à porter. Eclatez-vous sur les couleurs, histoire que la tenue ne soit pas fade ! Ici c’est un joli vert qui contraste bien avec le camel du pantalon et la paire de sneakers blanche. On retrouve du contraste entre chaque pièce et les couleurs sont assez audacieuses pour que le rendu soit cool.

look de @thebespokedude

Ici on monte d’un cran, avec un pull texturé présentant une très belle couleur bordeaux. Associé à un denim brut et une paire de derby au cuir velouté marron, c’est une tenue équilibré et très simple à assumer.

Style décontracté plus sophistiqué :

Look de @gezzaseyes

Gezzaseyes est probablement l’une des meilleurs sources d’inspirations sur Instagram en ce qui concerne la maîtrise des textures et des couleurs. Il possède un goût exquis, il arrive aisément à porter des pulls aux couleurs fortes, à la texture de caractère. Le contraste ici est présent, les couleurs sont superbes et on trouve même une petite déclinaison orange subtile sur les boutons. Les matières sont hivernales, et leur texture bien travaillée… Tout est cohérent et c’est étonnement facile à porter. Petite mention pour la chemise en denim clair qui apporte une tonalité de couleur froide entre deux pièces chaudes.

 Style décontracté chic facile à porter :

look de @andreasweinas

On monte en complexité, en ajoutant une pièce supplémentaire .: le manteau. Ici le contraste est bien marqué, les couleurs sont intéressantes et simples à porter. Le pull est la pièce forte de la tenue (avec une couleur écru bien visible et une texture marquée) qui souligne un très beau caban marin.

Style décontracté chic sophistiqué :

un look par @bonnegueule 

 

Le cardigan est une belle alternative pour ajouter un peu de caractère dans une tenue. On est fan du jeu de texture marqué entre le pantalon gris et la chemise. Dans cet ensemble, le cardigan est une pièce qui lisse et permet aux deux autres pièces d’exprimer leur caractère sans qu’elles se volent la vedette.

Style workwear facile à porter :

Mon propre look @gustaveuhlig

On aborde un style différent : celui du workwear (plus brut, plus proche du streetwear). C’est une composition personnelle ! Dans ce cas présent mon pull est une pièce lisse, qui accompagne la veste militaire à poches. Bien que le pull soit lisse, la texture est brut et la couleur grise pleine de nuances subtiles (qui en font une belle pièce de style workwear) permettent au reste de la tenue de s’exprimer.

Style workwear sophistiqué :

par @borasification

Boris (le fondateur du blog Borasification) est un expert en style workwear et en layering. Le layering ? C’est l’art de mixer plusieurs couches de vêtements ! Dans cette tenue on retrouve une belle veste workwear qui couvre un beau cardigan gris texturé. Deux pièces qui viennent calmer la chemise à carreaux colorée qui se trouve juste en dessous (qui est la pièce forte de la tenue). Plusieurs couleurs, des textures différentes … On trouve de nombreuses choses intéressantes dans cette tenue.

Style formel facile à porter :

look par @manolocostanewyork ⠀

Un superbe pull col roulé rouge carmin qui vole presque la vedette à ce beau manteau croisé. Une association de couleur qui en impose, et qui reste formelle grâce à la texture très fine du pull, qui lui permettrait même d’être porté sous un costume. Voilà une tenue qui impressionne sans pour autant prendre de risques (des couleurs simples et textures lisses).

Style formel sophistiqué :

Par @gentlemenclover

Quel est le pull le plus formel ? C’est sans aucun doute le cardigan. Romain est un ami d’Instagram que j’ai découvert il y a deux ans (et que j’ai eu l’occasion de rencontrer plusieurs fois). Il possède une maîtrise absolue de l’équilibre motifs/matières dans un style classique. Il pousse le jeu très loin et propose souvent des tenues bourrées de caractère (difficilement abordable pour le commun des mortels mais qui lui va si bien). J’ai choisi celle-ci car elle est terrible efficace : Un costume gris sobre, une chemise blanche tout aussi lisse (jusqu’ici c’est une tenue simple). Une tenue sobre à laquelle vous ajoutez une superbe cravate à motif qui en jette, située juste en dessous d’un beau cardigan bleu pétrole légèrement texturé. L’équilibre est juste, le contraste est bien net entre chaque pièce, c’est un combo simple et très formel pour se réchauffer en costume cet hiver.

IV. Bien choisir son pull : nos meilleures adresses

Pour conclure ce guide comme il se doit, voici nos meilleures adresses. Il y en aura pour tous les goûts : des basiques, des matières d’exceptions, de la texture travaillée… tout le monde devrait pour y trouver son compte ! Vous verrez également qu’on peut trouver des pulls de qualité à un prix similaire, voire plus bas que les grosses marques qui dominent le marché, pour une qualité souvent bien supérieure.

Paris Yorker (80-120 euros) : L’essentiel pour acheter ses premiers pulls de qualité

Paris Yorker c’est l’entrée de gamme idéale pour s’acheter ses premiers pulls (ou refaire entièrement sa collection). On y trouve tous les modèles possibles et imaginables, dans beaucoup de coloris différents. Le grammage est généreux (minimum 330 grammes par pull en hiver), et on trouve rien à redire sur la qualité de confection. En période de soldes, les premiers prix peuvent descendre à 60 euros ! On a eu l’occasion de tester cette marque en décembre dernier, voici le test pour ceux qui veulent avoir tous les détails (et des photos des modèles testés).

Pirua (99 euros) : Goûter à une matière d’exception

Pirua est une jeune marque qui propose des pulls en royal alpaga à un prix défiant toute concurrence (le test va sortir dans quelques jours). Confectionnée artisanalement en Bolivie, la marque propose une politique de transparence absolue : elle explique à ses clients combien cela lui coûte, combien elle paye ses salariés … De plus, il faut savoir que sur chaque pull acheté, une partie des bénéfices (15 à 20%) est reversée à une association Bolivienne qui installe des serres dans les écoles, pour permettre aux enfants de cultiver les légumes qu’ils mangeront ensuite à la cantine. Pirua propose donc un très beau produit, sur une matière d’exception (le royal alpaga représente 1% de la production totale d’alpaga) à un prix qui peut descendre à 79 euros en soldes ! Ils proposent également une collection femme avec de jolies couleurs (pensez à la saint Valentin, moi j’en ai pris un pour ma copine).

Benjamin Jezequel (130-150 euros) : L’expert en textures travaillées

Benjamin Jezequel est un spécialiste des pièces décontractées texturées. La marque propose des pièces dont les matières et les textures sortent vraiment de l’ordinaire, à un prix franchement accessible vu la qualité des matières sélectionnées. Je possède personnellement une veste workwear “field jacket” non doublée de chez eux que j’adore et qui possède un vrai charme. Vous y trouverez votre bonheur si vous cherchez des pulls avec des textures et des couleurs sophistiquées. Il me semble qu’ils possèdent désormais une boutique dans le Marais, pour pouvoir essayer leurs sapes. Valéry a testé la marque il y a plus de 3 ans de cela !

Tricot (de 69 à 249 euros): des modèles originaux en laine organique

Tricot est une nouvelle marque de pulls, sans intermédiaire, crée par Rémi de Laquintane (ex Melinda Gloss / Editions MR): ils sont tricotés en laine organique (dans des conditions respectueuses de l’agriculture biologique) dans un atelier familial près de Venise. Gros coup de coeur pour les pulls torsadés qu’on ne voit pas partout. On en parle bientôt sur le site.

 

L’Exception Paris: de la maille italienne accessible

La ligne en propre du fameux multimarque l’Exception propose la même qualité de confection que l’ancienne marque des fondateurs d’Asphalte, Six&Sept: les matières sont d’excellentes factures (laine mérinos, alpaga etc) et la confection se fait elle aussi à côté de Venise. Grâce à une distribution sans intermédiaire et une économie d’échelle, les pièces sont très abordables et le rapport qualité/prix excellent. On retient notamment le cardigan en alpaga, ainsi que les polos manches longues.

SNS Herning: le pull de marin danois increvable

Une marque que vous connaissez déjà bien: elle est à la base spécialisée dans la confection de mailles pour des marins danois. a configuration idéale pour donner des produits increvables, chauds et avec de jolis tissages. On en trouve souvent en promotion, en particulier après les soldes d’hiver, sur Endclothing.

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