Test & Avis Pirua : Des pulls éthiques en Royal Alpaga à moins de 100 euros

L’hiver bat son plein et les températures ne sont pas prêtes de remonter, c’est bien pour cette raison que nous avons publié le guide complet des pulls il y a quelques jours ! Un guide très utile, qui nous a permis d’approfondir le marché, et de découvrir une belle pépite : Pirua. Comme vous le savez, le leitmotiv de Jamais Vulgaire c’est de “s’habiller mieux pour moins cher”, c’est la motivation principale de notre travail.

Nous sommes toujours ravis de voir à quel point de nouveaux acteurs viennent challenger le marché, en proposant des offres toujours plus compétitives, tout en proposant une vision de la mode plus responsable et plus juste. Des visions novatrices, contemporaines et dont notre monde aurait plus besoin. Cela fait maintenant deux ans que je travaille pour Jamais Vulgaire, et j’ai passé en revue des dizaines de marques. Et pourtant, je ne cesse jamais d’être au bout de mes surprises ! Plus le temps passe, et plus les marques décident de jouer carte sur table. J’entends par là qu’elles sont plus enclines à parler de leurs processus de fabrication, et de leurs coûts. Avec Pirua l’exercice atteint des sommets, en effet la marque estime qu’elle n’a rien à cacher (je ne vous en dis pas plus, tout sera détaillé dans l’article).

Le concept de la marque Pirua : Une transparence totale et une partie des bénéfices reversée à des associations humanitaires

Les fondateurs de Pirua, sont également à l’origine d’une marque créée il y a 4 ans, alors qu’il était en voyage au Pérou : PerusQuand on y réfléchit, cela n’a rien d’étonnant car la marque propose exactement le même concept que Pirua  : soutenir l’artisanat local (sans trahir sa culture et son savoir-faire), reverser une partie des bénéfices à une association qui porte des projets scolaires destinés aux enfants, tout en vous proposant un produit bien pricé. Personnellement je ne suis pas très fan des motifs ethniques et des sneakers en général, mais c’est une question de goût, ça n’engage que moi.

Après s’être rendus au Pérou, ils arrivent en Bolivie et tombent sous le charme d’une matière rare : l’alpaga, et plus précisément le royal alpaga (encore plus rare, je vais revenir dessus). Ils tombent sur un atelier qui fabrique des pulls de manière artisanale. Ils décident de revenir plus tard, afin de pouvoir étoffer leur offre actuelle, tout en respectant les mêmes motivations sociales, écologiques et humanitaires.

Pirua : Une transparence totale sur leur production et leur prix

La transparence, c’est un concept qui nous tient à coeur chez Jamais Vulgaire. Quand on rencontre des marques, on a souvent beaucoup de questions techniques à poser, pour savoir où nous envoyons nos lecteurs, et s’assurer qu’ils en ont pour leur argent et pour leur plaisir aussi. Même si Pirua joue le jeu à fond, il a des choses qu’on ne peut pas dire, pour des raisons tout à fait compréhensibles ! Prenons un exemple simple, on ne donne jamais le nom et la localisation exacte d’un atelier. Pourquoi ? Parce que c’est souvent le fruit d’un très long sourcing, et qu’il pourrait être débauché par des concurrents.

Cela étant dit, Pirua pousse le principe plus loin que ce que l’on voit d’ordinaire. Elle explique combien elle paye ses salariés, combien lui coûtent ses pulls, combien elle donne aux associations, ce qu’elle dégage comme marge … Le client sait exactement de quoi il en retourne, et il faut bien avouer que c’est particulièrement courageux comme démarche.

Prenons un premier exemple : leurs salariés. Comme je le disais plus haut, ils fabriquent leurs pulls depuis la Bolivie car la matière et le savoir-faire spécifique lié au royal alpaga ne se trouve pas ailleurs. Le salaire moyen d’un salarié Bolivien tourne autour de 150 euros par mois, Pirua paye les siens 500 euros par mois, soit plus de 3 fois le revenu moyen, assurant ainsi un train de vie confortable sur place.

Deuxième exemple, la marque joue carte sur table concernant le coût de production de ses pulls. Voici la décomposition des coûts sur un pull à 99€ :

TVA 20% : 16,5€ Production pull : 28€  transport Bolivie – France : 2,5€ Livraison domicile + préparation commande : 8,5€ Stockage : 1,5€ Frais de retour * taux de retour = 1,5€ Donation à l’association : 1€ Frais de transaction : 0,9€ Hébergement et maintenance site : 1,3€ Frais Marketing / Coût d’acquisition : 9,5€ Salaires / Cotisations Salariales / Bureaux : 16,5€ . La marge finale avant impôt (33%) sur société est donc de 11,3€, On arrive à un total de 87,7 euros pour un pull.

Avec leurs réductions actuelles on pourrait penser à priori que la marque perd de l’argent, mais c’est sans compter sur l’effet de volume qui permet de réduire nombre de coûts. Cela étant dit, tout le monde sera d’accord pour admettre, qu’on ne plaisante pas quand on parle de marges serrées !

Pirua démocratise une matière luxueuse : le royal alpaga

Je pense que la plupart d’entre vous ont déjà entendu parler de la laine d’alpaga, voire du baby alpaga. Il existe une troisième catégorie (encore plus raffinée) que j’ai découverte grâce à Pirua : le royal alpaga. Il existe donc trois niveaux de qualité différente concernant cette matière qui provient d’un même animal : l’alpaga. Un animal dont les fibres étaient déjà utilisés au temps des Incas pour habiller les rois, on l’appelait “la fibre des dieux” (en toute modestie bien sûr).

L’alpaga est un animal qui vit en altitude (à 4000 mètres d’altitude), dans les Landes au Pérou et en Bolivie. Il est donc confronté quotidiennement à une grande amplitude de température, qui peut tomber jusqu’à – 20 degrés. Leur laine possède donc des propriétés thermiques particulièrement hors du commun : c’est une fibre qui tient chaud tout en ventilant facilement. C’est une laine haut de gamme qui est plus douce, plus chaude, plus résistante et plus légère que celle du mouton. On peut le tondre tout les ans, mais pour obtenir une fibre encore plus fine il vaut mieux attendre deux voire trois ans entre chaque tonte.

La fibre d’alpaga se distingue en trois catégories selon sa finesse. Pour vous donner un ordre d’idée comparatif, la fibre du mouton se situe en moyenne entre 20 à 80 microns, et la vigogne (la matière la plus luxueuse du monde) entre 10 et 12 microns.

  • fibre d’alpaga : 25 à 40 microns selon l’âge de l’animal (plus il est âgé, moins elle est douce)
  • fibre du baby alpaga : 19 à 25 microns
  • fibre du royal alpaga : en dessous de 19 microns

La fibre royal alpaga est donc la plus fine d’entre toutes. Elle se déniche uniquement sur les premières tontes, elle concerne 1% de la production totale de laine d’alpaga. Elle n’a besoin d’aucun traitement, elle est douce naturellement. Une fibre rare qui a un prix nettement plus élevé qu’une fibre classique d’alpaga. En effet la fibre de royal alpaga se paye jusqu’à 70% plus cher qu’une fibre classique. Soit un total de 50 $ le kilo de royal alpaga ! Dans le commerce, on trouve généralement ce genre de pull aux alentours de 200-300 euros, soit plus de 2 à 3 fois le prix de chez Pirua, sans compter la remise exceptionnelle actuelle de 20 euros.

Pirua soutient un projet humanitaire en Bolivie

Tout comme Perus soutient un projet humanitaire dédié à la scolarité des enfants péruviens, il était évident qu’il en serait de même pour Pirua, de reverser une partie de ses bénéfices. 1 euro pour chaque pull vendu, soit l’équivalent de 15 à 20% des bénéfices de la marque (selon les modèles). L’association en question se nomme Warita, qui signifie “petite étoile” en langue Aymara. Elle opère principalement dans la région de l’Altiplano, notamment la communauté Saparoma. L’association met principalement en place des actions destinées à promouvoir des programmes agricoles écologiques.

Pirua soutient l’association à travers un projet précis. Une aide financière qui permet à des établissements scolaires boliviens de concevoir des serres biologiques, que les enfants cultivent eux-mêmes et qu’ils dégustent ensuite dans leurs assiettes à la cantine. Une manière de sensibiliser les enfants à l’écologie tout en leur  faisant bénéficier du fruit de leur travail sur le long terme. Une manière de développer un lien plus étroit avec la nature, tout en leur permettant de manger plus sainement.

Comme vous pouvez le constater, la marque propose véritablement une offre originale et éthique, qui fait beaucoup de bien au monde de la mode, qui n’est pas spécialement réputé pour ses répercussions bénéfiques. Quand on sait que c’est la première industrie polluante du monde, on peut raisonnablement affirmer que Pirua véhicule des valeurs très différentes, bien plus en phase avec nos problématiques contemporaines.

Test des pulls Pirua : Deux modèles homme et un modèle femme

La marque propose deux lignes différentes, une pour femme et une pour homme. Comme la saint Valentin approche, je me suis dis que ça serait un cadeau très cool pour ma petite amie, qui a accepté de shooter le modèle que je lui ai offert, tout comme Valéry et moi-même ! Comme elle partage des valeurs similaires aux miennes (consommer de manière responsable), je me suis dis que ça lui ferait très plaisir, et que ça pourrait donner des idées pour ces messieurs qui cherchent un cadeau pour offrir à leur conjoint(e).

Quelques points techniques :

En ce qui concerne la technicité des pulls, les caractéristiques sont difficilement comparables avec les pulls classiques en laine. On reste néanmoins sur un produit réalisé de manière artisanale et on retrouve quelques points techniques communs.

  • Le pull est entièrement remaillé (pour plus de solidité)
  • On est sur un titrage classique et moderne : 2/28
  • Le pull est composé à 100% de royal Alpaga (pas de compromis sur la matière)

Le col rond gris homme

La coupe

Le col rond possède une coupe ajustée, mais pas trop (ce qui est très bien pour un pull, surtout si on veut porter ça au dessus d’une chemise notamment). Comme j’ai des bras à rallonge, les manches sont un peu courtes (mais ça ira nettement mieux sur vous).

La texture

La texture du royal alpaga a du caractère, elle n’est pas lisse. Heureusement d’ailleurs, parce que sur des matières sobres comme le gris ou le bleu marine ça serait dommage ! Pensez à manipuler le pull avec délicatesse car les fibres sont fines et le tissage pourrait facilement se détendre.

Le col

Pirua propose un modèle rond disponible en deux couleurs : gris et bleu marine. Deux couleurs neutres, très faciles à porter qui peuvent se mouvoir dans une multitude de tenues différentes. Le pull col rond est un essentiel du vestiaire masculin.

Les coutures

Grâce à la texture du pull et au tissage, les coutures se voient à peine, c’est agréable.

Les bords côtes

On les voit à peine et c’est positif, ça change ! Encore une fois c’est la texture du tissage et de la matière qui permet de camoufler les bords côtes.

Conseils de style sous un cuir avec un jean brut

Comme le pull est texturé, c’est difficile de le porter avec des pièces trop formelles comme un pardessus ! En revanche sous un cuir lisse avec un jean brut selvedge on joue dans un registre décontracté, avec des matières fortes qui s’expriment sans se voler la vedette. On ajoute à ça une paire de derby boots pour rester dans le ton et on obtient une tenue casual cohérente de la tête aux pieds !

Le col boutonné bleu marine

Deuxième modèle de pull à col rond que propose la marque : un col rond boutonné ! Valéry a choisi la deuxième couleur : bleu marine.

La coupe

Elle est légèrement plus ample que sur le col rond classique, ce qui est encore plus confortable pour porter une chemise en dessous.

Le col boutonné

Le col boutonné est constitué de boutons en corne de buffle ! Je n’en croise pas souvent (généralement c’est plutôt de la nacre qu’on trouve dans les vêtements) mais les reflets sont beaux et nuancés. C’est joli et c’est subtil !

Les coutures

On constate le même soin apporté qu’au col rond classique, les coutures sont discrètes et se fondent subtilement dans la texture affirmée du royal alpaga. Même constat : on est séduit.

Les bords côtes

Discrets, tout comme sur le modèle précédent, rien à ajouter !

Conseils de style : Le pull porté avec un pantalon en velours coloré

Puisque je porte déjà un jean, et qu’on est en pleine période hivernale, Valéry a choisi d’opter pour une tenue cohérente en termes de saisonnalité et de matières. Le velours côtelé était donc une très belle option, le tissage possède beaucoup de caractère et ainsi le jeu des matières est intéressant. Les couleurs sont sobres et simples à porter ! C’est ce que j’apprécie beaucoup avec les couleurs neutres, c’est qu’elles sont très malléables et polyvalentes. On peut proposer de nombreux looks différents et le porter facilement sans se prendre la tête en se demandant si cela va jurer avec une autre pièce.

Le col boutonné écru femme

Je laisse Tamara s’exprimer concernant ses impressions :

“J’ai eu la chance de pouvoir essayer le pull écru col à boutons. La laine est très douce et les boutons sur l’épaule gauche ajoutent une jolie touche. Les manches sont un peu plus courtes et s’arrêtent au-dessus des poignets : les plus frileuses devraient porter une paire de gants en hiver. Avec un maillot de corps et un manteau en laine, il tient chaud et il est très confortable ! J’ai essayé la taille S, faisant un 36-38 mais j’aurais aimé qu’il soit un peu plus long. Je pense que la taille S conviendrait parfaitement aux femmes mesurant moins de 170 cm”.

La coupe

Le col boutonné

Même chose que pour le pull de Valéry, il s’agit de boutons en cornes de buffle. La différence notable c’est qu’ici ils tranchent bien avec la couleur du pull, renforçant le caractère global de la pièce.

Les coutures

Elles sont légèrement plus visibles mais ce n’est pas gênant, elles sont bien fondues dans la couleur écru.

Les bords côtes

Ils tombent bien, légèrement en dessous de la ceinture (au dessus c’est que le pull est trop court). Ils sont discrets et bien fondus grâce à la tonalité forte de l’écru.

Conseils de style : Le pull comme pièce centrale de la tenue

Contrairement à nos tenues respectives, le pull de Tamara occupe une place centrale dans sa tenue. Un rôle rendu possible grâce à la couleur forte qu’il possède ! Elle a donc décidé de porter des pièces très sobres autour, pour que le regard se concentre dessus.

Conclusion sur Pirua :

On est vraiment séduit par le concept de la marque qui promeut la transparence et un véritable modèle éco-social friendly. En plus de cela le produit en lui même est intéressant et propose une matière rare qu’on a pas l’occasion de croiser sur le marché dans cette gamme de prix. Pirua s’engage jusqu’au bout , surtout quand on voit les marges très serrées. Le rapport qualité/prix est imbattable de base, mais quand on ajoute la remise actuelle de 20 euros, ça devient incontournable ! Tout le monde y gagne : leurs clients, leurs salariés et les enfants boliviens qu’ils aident grâce à l’association Warita. C’est une belle marque, avec un beau produit, qui joue carte sur table et on aimerait en voir bien plus dans la mode. Pour ceux d’entre vous qui désirent essayer les produits, ils possède une boutique Perus (dans laquelle vous trouverez des pulls Pirua) qui sera ouverte tout les jours à partir du 6 mars au 83 rue de Turenne.  

Photos par Iléna Théa Khim, @ilenaatheakim

 

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