KOST : DES CHAUSSURES MADE IN FRANCE A PETIT PRIX (+ TEST DES DESERT BOOTS ZEPEE27)

“J’ai envie d’acheter de nouvelles chaussures, à la fois élégantes et pas trop chères”.. Je ne sais pas vous, mais il y a encore peu de temps je passais encore mes journées sur les bancs de la fac. Être étudiant rime avec petits boulots, peu de temps et peu d’argent, résultant sur un pouvoir d’achat relativement limité dans la plupart des cas.

Je me rappelle il y a encore quelques années, que sortir plus de 150 euros pour une paire de chaussures n’était vraiment pas chose aisée dans mon cas. J’essayais pourtant de gagner en maturité en partant sur du cuir plutôt que des sneakers, m’affirmant au fur et à mesure du temps dans mes goûts et choix vestimentaires.

Je ne connaissais pas la marque Kost il y a 4 ou 5 années en arrière, mais si cela avait été le cas à l’époque, je me serais sans aucun doute tourné vers eux à ce moment là. Sans pour autant vouloir segmenter la marque au premier abord, Kost est sans aucun doute une bonne solution pour accéder à des souliers basiques en cuir, sans pour autant taper dans le bas de gamme.

I  L’ENFANT TERRIBLE DU MAINE-ET-LOIRE

De l’expérience et un certain savoir-faire

Contrairement à une majorité de marques que nous abordons avec Jamais Vulgaire, la marque Kost n’est pas vraiment sortie de l’imagination de jeunes entrepreneurs. C’est même un peu déconcertant pour moi de n’avoir que peu de détails concernant la naissance de cette marque et tout le modus operandi suivi pour en arriver là.

Kost est une marques crée et produite par le groupe Cléon, dont l’activité est majoritairement centrée autour de la fabrication de chaussures.

Le groupe Cléon est né en 1946 de la passion de René Cléon pour la chaussure. L’entreprise familiale est vite venue s’installer dans le paysage des fabricants de chaussures français, en ayant posé ses bagages et développé son usine à La Romagne dans le Maine-et-Loire. Au fil des années, le petit atelier de production s’est vu grossir à vue d’oeil, pour accueillir la fabrication des marques telles qu’Azzaro ou encore Redskins (pour ne garder que les plus significatives).

N’ayant jamais exploité une marque propre à grande ampleur, c’est en 2009 que le groupe Cléon lance la marque Kost. L’idée était de créer une marque qui revitalise l’entreprise, en se plaçant dans un segment plutôt entrée de gamme, tout en profitant du savoir faire acquis pendant plus de 60 ans, et du joli statut de “Made in France”; rare pour des chaussures à bas coût.

Ne pas confondre entrée de gamme et bas de gamme

Après en avoir parlé en introduction de ce papier, je tiens tout de même à mettre le doigt sur un point assez important : il est vrai que nous avons tendance à parler plus fréquemment de marques très qualitatives, dont les process de fabrication, de pricing et de communication sont souvent hors du commun. Ce sur quoi je veux insister, c’est qu’il s’agit également souvent de marques dont les prix sont assez élevés pour le commun des consommateurs.

Parler cette fois d’une marque dont les prix moyens tournent aux alentours des 100 euros, peut émettre une image péjorative dans la tête de certaines personnes, pensant à prime abord que si les produits ont un prix relativement bas, la logique voudrait que la qualité ne soit pas au rendez-vous. C’est bien sûr faux. Je n’irais pas non plus dire que les chaussures de chez Kost ont une durabilité similaire à des Church’s ou des Crockett & Jones, mais cela n’est pas comparable non plus à des chaussures de chez Zara ou autre multi-marque de gros.

Ne crachons pas dans la soupe. Kost n’est peut-être pas un fabricant révolutionnaire, proposant de la haute qualité pour un petit prix, mais il faut reconnaître que pour une paire à 120 euros, on en a pour son argent.

Quand bien même les cuirs ne sont pas issus des meilleures tanneries, ou que les semelles sont collées dans la majorité des cas, la marque promet des produits dont le design est moderne, et la fabrication reste bien meilleur que d’autres qui eux, ne sont pas spécialisés dans la chaussure.

Un large choix de modèles

C’est l’heure de faire le compte : Avec une trentaine de modèles en vente à l’heure actuelle sur sont e-shop, Kost mise sur la diversité. Bon, entre nous, il y a à boire et à manger, certains modèles ayant un design moins alléchant que d’autres.

Certes, la diversité reste chose importante pour une marque, parfois mieux vaut se dire que faire de tout pour tout le monde n’est pas forcement la meilleure des idées.

Cependant, il faut admettre que là ou Kost se débrouille très bien, c’est sur les classiques : certains modèles de derbys semblent assez intéressants (surtout avec le prix affiché), tout comme les desert boots. Maintenant il faut prendre en compte le fait que la marque a plutôt pris le parti de développer des modèles à la fois casual et élégants.

Si j’ai un conseil à donner pour toutes personnes entrant dans une boutique Kost, ou visitant le e-shop, c’est de miser plutôt sur les modèles d’entre-deux : je ne suis pas vraiment convaincu par les sneakers basses et montantes que Kost propose, ni par les modèles se voulant vraiment habillés; mais certains modèles valent le coup d’oeil.

Petit retour sur les desert boots

Comme vous l’aurez remarqué, j’ai choisi un modèle de desert boots pour vous présenter la marque et réaliser le test qui va avec. Revenons un peu sur l’histoire de ces chaussures, également appelées “chukkas”.

Et si je vous disait que cette publicité date de l’après 2nde guerre mondiale ? Comme très souvent, la desert boots a été essentiellement développée pour une utilisation militaire. Dotée d’une semelle crêpe et d’un laçage à deux ou trois oeillets selon les modèles, la chaussures crée par Nathan Clark, (soldat de la couronne britannique pendant la 2nde guerre mondiale) répondait à un besoin assez urgent : marcher dans le sable sans s’enliser tous les 3 mètres.

Bon, je vous passe les détails, les anglais ont botté le derrière aux troupes de Rommel en Afrique du Nord, les Alliés ont gagné la guerre.. Tout cela pour dire que Nathan Clark s’est empressé de ramener le design de ces bottes en Angleterre pour lancer son business. La desert boots/chukka est née. 

70 ans plus tard, il s’agit toujours d’un des grands classiques de la chaussure, se plaçant à mi-chemin entre la chaussure élégante et casual. Concernant ses caractéristiques principales, on retrouve fréquemment la semelle crêpe utilisée par Clark (le 3ème modèle du visuel), mais également et surtout l’utilisation du daim/suédé comme matière principale.

Cependant, et comme pour beaucoup de types de chaussures, le modèle initial s’est vu décliner sous différentes formes. Gardant les mêmes proportions que le modèle classique de Clark’s, la chukka de chez Opening Ceremony (1er modèle ci dessus) a vu la semelle en crêpe disparaitre pour une semelle en cuir dont l’épaisseur a considérablement diminué. Histoire de tendre vers quelque chose de plus élégant, la desert boots de chez Bobbies (2nd modèle) est elle en majorité composée de cuir lisse. Une semelle en cuir cousue en Goodyear viendra remplacer la semelle crêpe traditionnelle.

Comme quoi, la chaussure à usage militaire a fait beaucoup de chemins. Il est d’ailleurs temps de parler du modèle que j’ai testé pour vous : la Zepee 27.

 

II TEST DES DESERT BOOTS ZEPEE 27

Dans la famille Kost, une paire s’est détachée du reste selon moi. J’ai comme à mon habitude, oublié de prendre des risques sur ce modèle, qui est somme toute, très classique. Chose que je n’ai pas développé plus haut, c’est le fait que ce type de chaussure à le mérite d’être assez passe-partout, sans le côté péjoratif du terme. Quand bien même les chances sont faibles pour que vous les sortiez avec un costume, la chukka proposée par Kost fait partie des “essentiels” de la marque, et c’est peu dire.

Un design simple et sans prétentions

Comme vous le constaterez facilement, les caractéristiques majeures (à la sauce Bobbies plutôt que Clarks) de la chukka sont respectés sur ce modèle : une tige en cuir lisse montant au niveau de la cheville, surmontée d’un laçage à 3 oeillets, un bout arrondi et une semelle en cuir constratante.

Un design assez classique, mais plutôt efficace. Je ne dirais pas qu’avec les desert boots, il n’y a plus grand chose à inventer, mais Kost a réussi son pari en proposant une chaussure dont les proportions sont parfaitement respectées; et puis visuellement, le tout semble totalement cohérent. Elles ont de l’allure, quelque part entre un casual relevé et une élégance simple. Nul doute, vous les porterez avec tout.

La semelle

Je n’ai pas encore mentionné que ce modèle coûte 129 euros. Entre nous à ce prix la, il ne faut pas s’attendre à des miracles de conception. Cependant, la semelle n’est pas en plastique mais en cuir. C’est déjà ça.

Parcontre il ne faut pas s’y tromper : oui le dessous de la semelle laisse apparaître des points de couture, tout comme le talon semble pointé. Mais non, il ne s’agit pas d’une semelle cousue en Blake, d’ailleurs elle n’est pas cousue tout court, mais thermocollée. Et puis il faut l’avouer, la plupart du temps les fabricants indiquent le type de couture utilisé lorsque c’est le cas (histoire de montrer qu’ils ont produits une chaussure bien qualitative..). Donc forcement avec un tel prix, la semelle collée fait le boulot qu’on lui demande, sans espérer la faire durer des années entières.

Les finitions

Au niveau des finitions,  c’est pas mal du tout, sans être non plus exceptionnel, il faut l’avouer. Encore une fois, pour une chaussure de ce prix, il ne faut pas croire que tout sera parfait. Même si elles ne sont pas toujours régulières, les coutures semblent assez solides.

Les trous des oeillets de laçage sont plutôt réguliers, par contre on constatera que la couture n’est pas totalement régulière sur la bordure extérieure.

On observera sur ce cliché qu’encore une fois, les finitions sont un peu légères quant à la régularité des coutures et de la découpe du cuir. Cela dit, il ne s’agit que de petits détails qui ne sont visibles qu’en auscultant la chaussure de près.

La provenance et la consistance du cuir n’étant ni précisé sur le site internet, ni sur le carton du produit, on peut imaginer qu’il ne s’agit pas forcément des meilleurs chutes. Le grain est plutôt discret et resserré, mais on constatera quelques variations dans la couleur. Bon, je suis assez tatillon encore une fois sur le sujet, mais ce n’est pas non plus choquant.

On retiendra que concernant les finitions, il y a clairement des choses à revoir. Cela dit, je le répète une énième fois : ces desert boots coûtent 129 euros; la plupart des personnes qui mettront la main dessus ne seront pas aussi attentives au détail que moi, et je pense que malgré tout, elles feront très bien l’affaire avec un usage régulier, sans non plus les porter tous les jours.

Taille et confort

Il n’y a pas non plus de grande surprise de ce côté là. Je chausse habituellement un 43, et ce modèle ne déroge pas à la règle. Le côté agréable des desert boots de manière générale, c’est qu’elles seront parfaites pour toutes les formes de pieds, qu’ils sont fins ou assez larges (comme les miens..). Contrairement à des chelsea des jodhpur, vous ne prendrez pas trop de risques en choisissant un de ces modèles.

Évidemment, la marque n’a pas oublié de préciser que le modèle est fabriqué en France. 

Côté confort, elles se débrouillent très bien. Contrairement à pas mal de modèles d’entrée de gamme (qui eux, tirent vers le bas de gamme), elles sont entièrement doublées en cuir, et confèrent donc un meilleur confort de marche.

Je n’ai porté ce modèle que deux journées durant avant d’écrire cet article, mais cela m’a largement suffi pour me rendre compte qu’elles sont plutôt agréable à porter. Il m’est arrivé un nombre de fois incalculable d’avoir des ampoules après une première journée de port, et ce, même avec des modèles haut de gamme.. Et cela n’est pas arrivé avec ce modèle.. Comme quoi, petit prix n’est pas synonyme de confort atroce.

On les porte avec ..

Tout ! Et non, je ne rigole pas. Non seulement le marron se marie avec une large palette de couleurs, mais ces chaussures ont le don d’être vraiment passe-partout. De mon côté, j’ai choisi de les porter avec mon habituel style “smart casual”, là ou pour moi, elles se débrouillent le mieux. Cela dit, elles se débrouilleront beaucoup mieux en accompagnant un jean brut ou un chino plutôt qu’un pantalon en flanelle de laine. La preuve en image.

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III CONCLUSION

Reprenons dès le début. Kost a l’aspect de la marque industrielle plutôt que la petite entreprise familiale ou l’aventure de jeunes entrepreneurs novateurs. Cela dit, en outrepassant ce détail, on tombe sur une marque assez sympathique avec une belle diversité de modèles. Et puis en proposant des chaussures entre 60 et 140 euros, elles feront le plaisir des personnes qui n’ont pas la possibilité d’acheter des modèles plus chers.

Concernant mon test des Zepee 27, et en gardant en tête que la marque propose des chaussures avec une fabrication Made in France, je suis plutôt satisfait globalement. Comme il a été simple de le constater, tout n’est pas parfait, avec des finitions un peu light; mais de manière générale, il s’agit d’une paire de chukkas faciles à porter, confortable, et dont on a rien à redire à propos du design.

 

Note formelle : 4/10 (elles ne sont pas faites pour accompagner un costume).

Note casual : 9/10 (c’est pour moi un des grands classiques de la chaussure en cuir casual et élégante à la fois. Kost ne s’est pas trompé à ce propos).

Prise de risque : 2/10 (il y a peu de chaussures qui se portent aussi facilement avec tout..).

Rapport qualité/prix : 7/10 (rien à dire, pour 129€, elles sont globalement très satisfaisantes).

 

 

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