Choisissez le motif de notre nouvelle cravate 7 plis (en collaboration avec une marque mystère)

Disclaimer: Je vais dans cet article vous proposer une collaboration pour une cravate unique en son genre, qui n’intéressera sûrement pas 95% d’entre vous. Avant d’aller plus loin et de cliquer sur le bouton tout à la fin, je vous recommande chaudement de tout lire pour savoir si c’est bien pour vous.

 

Une cravate qui allie souplesse, légèreté et tradition

Comme vous savez, je prends beaucoup de plaisir à vous proposer tous les mois des collaborations un peu différentes de ce qui se fait d’habitude, avec des produits les plus accessibles possibles.

Il est par contre facile de tomber dans certains pièges. Le plus évident ?

C’est sans nul doute la course à la finition inutile.

Celle qui fait joli sur le papier, mais qui dans les faits n’apporte pas grand chose ni pour votre confort, ni pour la durabilité du vêtement.

Ce travers, on le trouve d’ailleurs tout particulièrement sur la niche sartorialiste, par exemple sur les chaussures, le nombre de points au cm d’une chemise, mais aussi sur les cravates.

Parmi celles-ci, je me suis longtemps posé la question de l’intérêt d’une cravate 7 plis.

Surtout que sur une cravate on a du mal à bien se représenter la notion de confort.

Je m’étais seulement laissé tenter deux fois, et j’avais à chaque fois choisi des tissus trop épais:
– une flanelle épaisse la première fois
– un twill de soie rayé encore plus épais ensuite
Bref, rien de très approprié pour cette construction

Je n’avais donc jusque là pas vraiment compris ce qui faisait de la cravate 7-plis ce graal du sartorialiste, hormis évidemment la simple recherche du chiffre le plus élevé possible.

Puis une toute jeune marque de cravate m’a offerte une cravate 7 plis avec une soie légère: et c’est là que j’ai pu apprécié le tombé d’une soie bien fluide nue, sans doublure ni triplure, et simplement repliée 7 fois sur elle-même.

Même avec une soie ultra-légère, la quantité de tissu est telle que le tombé reste très bon.
En revanche, en terme de légèreté et de confort, ça n’a pas grand chose à voir avec ce qui se fait d’habitude.

Ca peut paraître anecdotique sur une cravate, surtout quand on a pas encore goûté à cette sensation.

Pour mieux vous la représenter, j’ai comparé ça à un costume, ce qui sera beaucoup plus parlant:

  • La cravate 3 plis typique avec doublure en synthétique et triplure épaisse (même celles fabriquées à Côme): la même impression qu’un costume thermocollé avec beaucoup de padding aux épaules.
    L’impression d’être engoncé, pas très à l’aise et avec peu de liberté de mouvement. Avec un tombé sans fluidité.
  • La cravate 3 ou 5 plis non doublée, mais avec triplure: C’est un peu comme porter un costume semi-entoilé, non doublé avec une épaule naturelle. On est plus à l’aise et ça bouge un peu mieux.
    On sent déjà un net progrès, mais dès lors qu’on a vu cette différence on s’imagine déjà le plaisir de porter du plus haut de gamme
  • Une cravate 7 plis sans doublure ni triplure: C’est l’équivalent d’une très belle veste entoilée faite main à Naples complètement naturelle et déstructurée, mais dont le tombé de l’épaule est pratiquement une oeuvre d’art (par exemple les costumes en petite mesure italienne, comme notamment ceux de Jean-Manuel Moreau)
    Mais c’est une qualité qui se paie avec des vestes accessibles à partir d’1K5/2K€

 

En plus de cette construction, cette jeune marque qui fabrique dans un prestigieux atelier parisien propose toutes les finitions qu’on attends d’une cravate (et certaines qu’on ne trouve que sur du très haut-de-gamme):

– je pense en particulier à la piqûre col: il s’agit d’une surpiqûre au niveau du col qui permet à la cravate de bien se caler sous le col de chemise une fois celui-ci rabbatu

Et toutes les autres finitions caractéristiques d’une cravate de luxe (mais ici avec une très belle exécution):

– un point d’arrêt qui est en réalité un bourdon chenillé en fil de soie perlé, mouliné en France

– le roulotté main
, qui est non seulement un parti pris stylistique, mais est aussi l’expression de notre marque partenaire, de la volonté de mettre en avant le savoir faire de l’atelier

– le classique fil de réserve pour que la cravate reprenne facilement sa forme

Une marque avec qui vous proposer une cravate 7-plis unique

Forcément, j’ai été rapidement séduit et j’ai voulu travailler avec cette marque pour vous proposer une cravate qui sort des sentiers battus.

Cette jeune marque, je ne la nommerai pas avant de sortir notre collaboration. Tout simplement car j’aimerais d’abord simplement vous parler du produit, et de rien d’autre.

Avec une construction 7-plis et de telles finitions, je voulais vraiment une matière unique.

Quelle matière ? L’équivalent d’un denim japonais de caractère

Il fallait aussi une soie qui se démarque de ce qu’on trouve ailleurs:
– avec de la richesse et de la profondeur sur les couleurs
– avec un touché différent d’une soie classique

La seule soie à remplir ce cahier des charges, c’est la soie Ancient Madder.

On confond très souvent motif Madder et soie Madder : on parle bien ici d’une soie Madder, très difficile à trouver car l’impression se fait par sérigraphie et peu d’imprimeurs en sont encore capables aujourd’hui.

La sérigraphie est une impression par cadre, où chaque cadre correspond à une couleur: le procédé est donc beaucoup plus complexe et long qu’une impression numérique classique.

Elle demande un twill soie d’excellente qualité et des pigments naturels comme l’indigo ou la garance:

1. le twill de soie est d’abord bouilli (ce qui enlève la gomme naturelle)
2. il est ensuite sérigraphié: la couleur est plus riche et pénètre beaucoup plus profondément
3. il est enfin plongé dans un bain de teintures naturelles (par
exemple indigo ou garance) que toute la partie non imprimée va
absorber. Les premiers ateliers allaient même jusqu’à utiliser des mélanges avec de la bouse de vache, c’était au 18è siècle et on faisait avec les moyens du bord (ce n’est bien sûr plus le cas maintenant)
4. enfin, la soie est plongée dans un bain à base de gomme arabique: c’est ce qui lui donne un touché peau de pêche très agréable, presque poudreux.

 

Cette soie Ancient Madder est un peu l’équivalent des meilleurs denims japonais, qui se distinguent eux aussi par la qualité de leur teinture artisanale (à l’indigo, forcément).

Je ne vais évidemment pas vous réexpliquer pourquoi ces denims vintage ont une couleur ultra-profonde et auront une patine magnifique

Via les archives de tissus impressionnantes de l’atelier parisien avec qui notre marque partenaire travaille, nous avons pu vous dénicher les derniers métrages encore disponibles de ce qui se fait de mieux en tissu Ancient Madder ; des tissus confectionnés chez l’un des plus anciens imprimeurs anglais.

Parmi les fournisseurs d’Ancient Madder, certains réalisaient leurs tissus, jusque dans les années 80, non pas via l’impression avec des cadres, mais avec des blocs en bois, sculptés à la main, puis imbibés de teinture.

C’était, même à cette période, comme vous vous en doutez, peu efficace par rapport à la sérigraphie classique (même procédé, mais avec des cadres) et encore plus délicat comparé à l’impression numérique moderne.

En suivant ce procédé, chaque motif devait donc être imprimé en plaquant de nombreux blocs en bois, avec différents motifs et couleurs.

Le procédé est assez impressionnant de par sa méticulosité et sa longueur.
Puisqu’une image vaut 1000 mots, voici un GIF extrait d’un reportage de 50 minutes sur l’une des plus anciennes manufactures anglaises. qui nous épargnera à tous un pavé :

Bien évidemment, les tissus que nous proposons ont été imprimés via sérigraphie et non pas par cette technique d’impression avec blocs en bois.

Pourquoi je vous en parle quand même ?

Tout simplement car ces soieries possédaient des dizaines de milliers de blocs différents, soit une richesse de motifs incroyable dont l’héritage est flagrant sur les impression sérigraphiées.

Cet aspect vintage ne se retrouve plus ailleurs car l’atelier d’où vient ces soies Ancient Madder a fermé ses portes il y a plusieurs décennies (comme à peu près tout ce pan de l’industrie britannique malheureusement).

S’il ne nous est pas permis de citer le nom du fournisseur de nos soies, sachez que les rouleaux de tissus que possède l’atelier parisien sont vraiment anciens et rares.

Parmi ces rouleaux, l’écrasante majorité n’ont assez de métrage que pour proposer de 1 à 2 cravates (ce qu’on ne peut pas envisager).

Nous avons donc retenu les rouleaux de tissus pour lesquels on pourrait vous proposer des quantités plus acceptables (on parle en moyenne de 5 à 10 cravates 7 plis, ne nous emballons pas).

Le résultat: notre collaboration avec Dare in Paris

La piqûre col

J’adore cette finition en pratique car elle permet de bien caler sa cravate sous le col

Le roulotté main

Le chenillé soie

La marque

Le motif: médaillon Ancient Madder

 

 

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