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Test & Avis La Maison de l’Homme : la demi-mesure portugaise la plus compétitive ?

Disclaimer: cet article a été réalisé par Gustave au Printemps dernier, covid-19 oblige nous n’avons pu le sortir que maintenant. Par chance, il reste bien adapté avec le long été indien qui s’annonce. 

L’été se prolonge et les températures restent hautes, flirtant avec les 30 degrés. Il est donc grand temps de ranger les costumes 4 saisons au placard, au risque de se mettre à étouffer ! Puis en dehors du confort évident qu’offre un costume d’été plus léger et respirant, il y a aussi le style qui change radicalement, notamment les textures, et nous avons trouvé des tissus adaptés chez La Maison de l’Homme.

L’été on préfère des tissus plus rêches, avec un toucher plus sec : radicalement différents des laines très lisses qu’on voit sur les fameux costumes ” 4 saisons” qui en vérité sont de moins en moins utiles aujourd’hui, car les demi-saisons sont moins marquées en termes de température qu’auparavant. Personnellement, je ne porte plus que des costumes d’hiver duveteux, ou des costumes secs d’été, à l’exception d’un Prince de Galles lisse pour les occasions très formelles.

On me demande souvent, “mais Gustave; c’est quoi au juste un vrai costume d’été” ? Je réponds qu’une fois qu’on possède un fresco marine et un fresco gris clair, il faut oser un peu de couleur, mais pas n’importe laquelle.

Avis sur La Maison de l’Homme : une expansion nationale depuis notre premier test

Chez Jamais Vulgaire, nous avions découvert la Maison de l’Homme durant la saison hiver de 2019. L’enseigne possédait alors plusieurs boutiques sur Paris, dont une toute nouvelle fraîchement ouverte sur l’avenue Kléber.

Un an plus tard, profitant de la liquidation judiciaire d’Ateliers NA,  ils récupèrent les emplacements stratégiques de leurs boutiques et s’installent dans quatre grandes villes de France : Lille, Strasbourg, Lyon et Toulouse. Une expansion qui fait plaisir à voir, car les grandes agglomérations de France ne sont pas encore toujours pourvues en boutique sur-mesure dignes de ce nom, même si les choses sont sérieusement en train de changer.

Des costumes en demi mesure fabriqués au Portugal à partir de 500€

Pour ceux qui n’ont pas lu l’article il y a 2 ans, nous avions façonné chez La Maison de l’Homme un beau costume 3 pièces en laine et cachemire, idéal pour se tenir au chaud en hiver. Un costume particulièrement polyvalent grâce à sa texture, que je continue de porter pour les grandes occasions ou seulement avec le pantalon en dépareillé dans une tenue plus casual. Nous avions opté pour un style plutôt charismatique, avec des revers généreux en pointes façon Tom Ford. Je vous laisse quelques photos souvenir qui parleront d’elles-mêmes.

Le marché du costume sur mesure, notamment de la demi-mesure pour être tout à fait précis, a beaucoup évolué ces dernières années.

Auparavant la grande majorité des costumes à moins de 1000€ étaient fabriqués en Chine ou en Europe de l’est, mais depuis quelques années les ateliers portugais commencent à se tailler une belle part de marché.

Il faut le dire, en termes de circuit de production court et local le Portugal fait rêver : c’est un voisin de la France. Il est également très proche de l’Angleterre et de l’Italie qui fournissent les tissus des costumes. Sur le plan écologique on note une différence conséquente de l’empreinte carbone vis à vis des ateliers d’Europe de l’est, et encore plus des ateliers de confection chinois. Un coût du transport réduit qui permet de compenser les salaires portugais qui sont plus élevés: c’est écologiquement et socialement plus pertinent qu’un produit qui fait des allers retours à travers le monde. Pour ceux qui ont envie de s’habiller localement mais qui ne peuvent pas s’offrir un costume fait en Italie, le Portugal est une option tout à fait pertinente. Un constat partagé par l’industrie du costume qui commence à s’intéresser de très près aux savoir-faire portugais.

Ce qui nous a paru pertinent chez La Maison de l’Homme, c’est qu’ils proposent un costume sur mesure fabriqué au Portugal à partir de 500€, ce qu’on trouve difficilement ailleurs (généralement pour ce prix-là on trouve une confection chinoise ou en Europe de l’est). En effet, il faut plutôt compter 700-800€ pour une fabrication portugaise chez leurs concurrents. Alors bien sûr chaque atelier a ses propres exigences, ses propres patronages et propose différentes choses. Ca serait réducteur de se contenter simplement de comparer uniquement les prix.

Cela étant dit La Maison de l’Homme propose globalement des tarifs plus agressifs sur les tissus pour une raison simple : ils en achètent beaucoup plus que les autres. Parce qu’en plus de leur activité de mesure, ils s’occupent également de produire des uniformes dont certains pour l’Etat français et d’autres pour des marques de luxe, ainsi qu’une collection de prêt à porter.

Un volume de production nettement plus important qu’une boutique qui propose uniquement du sur-mesure. Cela leur permet donc d’avoir naturellement accès à des prix plus intéressants auprès de leurs fournisseurs de tissus. Pour ce qui est de la qualité de l’atelier en question, nous y viendrons juste après dans la deuxième partie de l’article dédiée au test du costume.

Une gamme de tissus Vitale Barberis spéciale mariage à 650€

Chez La Maison de l’Homme on trouve une sélection de tissu plutôt formelle, avec beaucoup de laines lisses parfaitement adaptées pour un costume formel : de l’uni, de la rayures, du carreaux, du Prince de Galles… il y a tout ce qu’il faut pour le business. En revanche c’est un peu moins fourni en tissus texturés, même si on peut trouver quelques pépites dans le lot. Comme je suis un grand fan de tissus texturés l’été, nous avons réussi (et Dieu sait que je suis difficile sur les tissus à force d’expérience) à trouver LA pépite du tissu texturé, tout aussi beau et impactant que le tout premier gris que nous avions fait ensemble pour l’hiver dernier, mais version estivale. Je n’en dis pas plus, il se dévoilera dans la partie test !

Pour cet été, il y a également une liasse Vitale Barberis spéciale mariage proposée à 650€ pour un deux pièces. Personnellement je n’avais pas croisé une offre aussi compétitive sur cette gamme de tissus auparavant. Il y a beaucoup de couleurs, et même quelques tissus texturés (pas assez à mon goût mais sur cette gamme de prix-là c’est quasiment impossible de trouver un costume avec un tissu texturé en sur mesure) dont deux beaux bleus. Il y a également un gris clair faux-uni intéressant si vous avez le teint assez mate pour le porter.

Test du costume sur mesure La Maison de l’Homme : jusqu’ou peut-on aller dans les altérations de gabarit et la personnalisation ?

Chez Jamais Vulgaire on a toujours eu pour ambition de vous parler des vêtements  le plus en profondeur possible, notamment sur le plan technique. On essaye de comprendre les différentes étapes de production, les savoir-faire spécifiques… Bref,  tout ce qui fait le charme, l’histoire et la réussite d’un vêtement qui tombe bien. Pour ce qui est du costume, il y a beaucoup à dire et d’autant plus lorsqu’il s’agit d’une confection en mesure. Il y a trois critères principaux qui font qu’un costume en demi mesure sera réussi : le patronage de base, la prise de mesure, et les altérations. On a pour habitude d’aborder  la prise de mesure et dans ce test on aimerait aller plus loin encore, en introduisant le principe des altérations du gabarit plus en profondeur.

Les altérations sont très importantes dans la demi-mesure, parce que votre costume est façonné en fonction d’un patronage préétabli au départ. C’est pour ça qu’on vous fait essayer des gabarits (vestes et pantalons d’essais) afin de regarder ce qu’il va falloir modifier, en fonction de votre morphologie. Tout ça peut paraître un peu flou à l’écrit, c’est pour ça que je vais vous décrire un cas pratique : le mien.

J’ai demandé à La Maison de l’Homme ma fiche d’altération, sur laquelle je vais vous expliquer en quoi consiste les changements apportés au gabarit de base, sur chaque partie de mon corps par leur atelier.

Alors bien entendu, il ne faut surtout pas prendre ma fiche d’altération comme exemple, simplement je l’utilise pour illustrer tout le travail d’altération effectué par l’atelier de la Maison de l’Homme, qui a pour but de sortir un costume qui tombe le mieux possible sur moi. Ce qui est intéressant quand on est amateur de costume sur mesure, c’est qu’on finir par comprendre deux choses : chaque corps est unique et aucun n’est parfaitement symétrique.

Les altérations sont donc cruciales, parce qu’en plus de définir votre style (allonger un revers, augmenter la taille du pantalon..), elles vont donc également permettre de rééquilibrer le costume, afin que votre corps ai l’air plus symétrique : épaules à la même hauteur, longueur de manche similaire … Car on oublie souvent une chose, qui pourtant à mes yeux est essentiel : le costume masculin est conçu en premier lieu pour nous rendre plus beau. Il rééquilibre la silhouette, flatte le torse et les jambes, le tout en jonglant avec nos demandes spécifiques en termes de confort et de style. Un exercice délicat, dont le résultat ne dépend pas que des altérations. Il y a aussi et surtout la qualité du patronage de base, la qualité de la prise de mesure (dont une partie du travail est mélangée avec le travail d’altération) et dans une moindre mesure le tissu choisi.

Les altérations possibles du gabarit

J’ai essayé un gabarit taille 48 qui tombait bien au niveau des épaules (du moins avec très peu de modifications à faire dessus). À partir de celui-ci, Jordan a modifié quelques endroits bien précis vis à vis de ce qu’il a pu relevé comme indication sur moi :

  • Les épaules : Mes épaules sont légèrement plus basses que la normale. Il a donc fallu réduire la hauteur de celle-ci pour qu’il n’y ait pas de gap entre celles du costumes et mes épaules. S’il y a bien un endroit qui doit être parfait dans un costume, ce sont les épaules car sinon tout le reste ne peut pas bien tomber. Les épaules font donc l’objet d’une attention toute particulière, car elles sont la “base” d’un bon costume. On peut donc modifier la longueur, la hauteur mais aussi l’inclinaison. L’inclinaison fut modifiée sur moi car étant grand et fin, j’ai tendance à être vouté et il faut que la veste “suive” le corps sinon ça risquerait d’être inconfortable et de faire des plis disgracieux.
  • L’emmanchure : Autre point important qui concerne cette fois-ci la partie du costume qui recouvre nos bras. On peut la remonter pour éviter que la veste ne bouge pas trop ou bien la descendre pour avoir parfois un peu plus d’aisance. Pour ma part je préfère une emmanchure plutôt haute, mais ce n’est pas le point le plus intéressant.
    L’altération qui me file un sacré coup de pouce, c’est la couture que l’on décale sur la tête de manche. On la fait tourner un peu, pour permettre à mes épaules de ne pas trop taper dans la tête de manche, car les miennes sont bien inclinés vers l’avant, génération qui passe son temps devant l’ordinateur oblige. Enfin pour ma part, on allonge un peu la longueur des manches, car j’ai les bras plutôt longs. On peut aussi élargir le bas de manche pour plus de confort, ou bien le réduire si ça flotte un peu. Même chose pour la largeur du biceps (enfin ça c’est quand on est très imposant j’imagine), qu’on peut agrandir si besoin.

  • La poitrine : Là aussi il y a un peu de boulot à faire sur le torse. Par exemple on peut modifier la hauteur du bouton, une option que j’apprécie (généralement on descend bien) pour allonger le revers, mais aussi pour rapprocher le boutonnage du pantalon : le costume porté fermé est ainsi parfaitement harmonieux, sans bout de chemise apparent entre la veste et le pantalon. On peut également jouer sur la hauteur des fentes, corriger un éventuel bec de poitrine. J’allais presque l’oublier, mais c’est aussi là qu’on peut élargir son revers à souhait ! Par exemple moi je pars toujours sur du 9,5 cm de largeur. Attention, tous les ateliers ne le proposent pas, ou alors pas au demi centimètre près. C’est purement une affaire de style, mais personnellement je ne porterai jamais un revers qui serait moins large que 9 cm, principe sartorial oblige.
  • Le dos : Les altérations du dos permettent de corriger un détail qui a son importance : la posture. Comme je l’ai dis un peu plus haut, j’ai tendance à avoir une posture vouté. Fait qui a un impact sur les épaules, mais également sur le dos, qui aura tendance à être un peu plus long et à provoquer un “collar gap” (quand la veste flotte bien au dessus de la nuque).

  • Le pantalon : Ceux d’entre vous qui me suivent le savent, je ne porte jamais de taille basse, uniquement des véritables taille haute dite “taille naturelle” en jargon tailleur. Concrètement ça veut dire que je porte le pantalon juste au dessus du nombril (oui rien que ça). Là encore c’est une demande délicate car tous les ateliers ne sont pas capables de pouvoir faire monter leur pantalon en le modifiant pour qu’il soit aussi haut. Il faut jouer sur deux leviers : la fourche et la hauteur de la ceinture. C’est d’autant plus délicat car ça tronque la prise de mesure : il faut prendre le tour de hanches un peu plus bas. Chez la Maison de l’Homme ça ne pose pas de soucis, on me fait un pantalon à la hauteur que je souhaite, et c’est très rare à moins de 1000€ le costume.

L’importance cruciale de l’essayage

Quand on fait beaucoup d’altérations sur un costume, il arrive parfois qu’on se mette à “créer” des problèmes car quand on enlève ou on rajoute ou modifie la structure initiale du costume, ça peut avoir un impact ailleurs qu’il faut compenser.

Le plus courant étant le fameux “collar gap” qui se règle ensuite sans soucis. Certaines enseignes laisse même quelques opérations non finies comme le boutonnage ou le bas de pantalon en cas de doute, pour se laisser l’option de pouvoir le modifier une fois l’essayage terminé.  C’est pour cela que le premier essayage est si important, car il permet d’avoir un premier aperçu du résultat, qui n’est que très rarement définitif.
Pour un costume en grande mesure, il n’est même pas rare d’avoir 4 à 5 essayages avant que tout ne sois parfait, là ou la demi-mesure se contente généralement d’un ou deux, ce qui est bien normal car le but étant aussi d’avoir un costume qui soit prêt en moins de 2 mois, là ou un costume en grande mesure peut prendre 6 à 12 mois de réalisation. D’ailleurs la Maison de l’Homme est tout à fait capable de proposer de la grande mesure, à ceci près qu’elle n’est pas réalisée sur place à Paris comme le veut la tradition du bespoke, mais bien faite au Portugal.

Le degré de personnalisation du costume sur mesure

J’espère avoir été le plus clair possible à propos de la partie dédiée aux altérations, maintenant on peut passer à la traditionnelle partie des finitions/personnalisation du costume proposé chez La Maison de l’Homme. Certaines finitions sont purement décoratives, mais la plupart d’entre elles ont une fonction technique ou culturelle ou permettent simplement d’améliorer le confort du costume dans son ensemble. Voici la liste des finitions que j’ai choisies !

  • Le tissu en cachemire lin et soie  Loro Piana: La très belle surprise de ce test, qui permet au costume d’avoir un caractère très marqué, grâce à une texture sèche idéale pour la saison estivale. Un joli beige sur lequel on trouve quelques des irrégularités partout. C’est typiquement le genre de tissu qui a beaucoup de caractère et propose un visuel faux-uni qui a du charme. Sur le plan de la composition j’ai eu un peu peur de prime abord : du cachemire pour l’été ? C’est une matière pourtant très respirante l’hiver, qui régule très bien la température du corps alors pourquoi pas ?
    Dans un grammage très léger (200g) et mélangé avec de la soie et du lin je suis sûr qu’il sera tout à fait approprié, et très certainement plus efficace qu’une laine froide ou tropicale. Un dernier doute subsistait, c’est quant à la résistance relative du tissu, car souvent ce genre de mélange est plutôt fragile. Jordan est confiant, et me dit qu’il opère un tri au préalable sur ce genre de tissu et m’assure qu’il tiendra la route sur un costume entier. Autant je n’ai aucun doute sur la veste, autant le pantalon est la pièce la plus sollicitée en termes de frottement et donc il faut faire attention avec ce type de tissu.

Caractéristiques de la veste

  • Une veste destructurée : L’été étant une saison chaude, je préfère porter des costumes déstructurés qui sont naturellement un peu plus légers et plus respirants. Autant vous dire que je fais également sauter la doublure pour les mêmes raisons. La Maison de l’Homme propose un style napolitain, avec une veste sans padding ni cigarette à l’épaule et une structure plus légère : tout ce que j’aime dans le costume. C’est très confortable, on et l’avantage c’est qu’on sent nettement moins la veste sur soi. On se sent plus léger, et c’est un confort particulièrement palpable en fin de journée quand il fait chaud. Il s’agit d’une opinion personnelle, on peut tout à fait faire des costumes structurés pour l’été, mais personnellement je trouve ça un peu dommage en termes de confort.

  • L’entoilage intégrale :  L’entoilage c’est une toile en crin de cheval qu’on glisse à l’intérieur de la veste pour assurer un meilleur maintien et de la souplesse. Dans les costumes d’entrée de gamme celle-ci est remplacée par du thermocollant. Parfois la toile ne recouvre que la moitié de la veste (on dit alors semi-entoilé) et se trouve être l’option la plus compétitive du marché en termes de prix. Sur les tissus légers on privilégie l’entoilage pour assurer un meilleur tombé, c’est donc d’autant plus important l’été d’avoir une veste entoilée.
  • Le revers à cran tailleur : Le cran de revers classique, qui forme un angle droit sur vos épaules. Je ne suis pas fan du cran en pointes, sauf s’il s’agit d’un costume 3 pièces ou d’un croisé, alors c’est très fortement recommandé, et même obligatoire pour le croisé (sinon c’est vraiment très moche).

  • La poche poitrine barchetta : La poche poitrine légèrement arrondie qui évoque la coque des bateaux est celle que je préfère : c’est plus harmonieux avec les lignes du costume et c’est plus joli quand on veut y glisser une pochette (ce qui m’arrive de moins en moins d’ailleurs).

  • Poches plaquées avec poche ticket intégrée : Les poches décontractées par excellence que j’ai choisies car elles me semblait de bon ton avec ce costume beige qui n’est pas formel. Plus le temps passe et plus je préfère porter des poches plaquées sur mes costumes, enfin à l’exception du croisé et du costume 3 pièces qui sont trop formels pour être portés avec des poches plaquées dans un contexte formel (car sinon aucun soucis). On trouve une petite poche intégrée que je trouve très jolie et surtout pratique. La poche ticket sur des poches à rabats à tendance à alourdir le rendu visuel de la veste, tandis que la poche ticket de la poche plaquée s’intègre parfaitement dans l’ensemble.

  • Deux fentes dans le dos  : Il y a 20 ans on préférait une fente, et encore avant on portait la veste sans fente. Je trouve que c’est plus harmonieux et plus respirant avec deux fentes car la veste épouse mieux les fesses sans les “étouffer” pour autant. À priori je pense que deux fentes sur le bas de votre veste reste la meilleure option quelque soit le costume.
  • La boutonnière “kissing” fonctionnelle : Une boutonnière fonctionnelle c’est un petit plaisir qu’on s’offre en mesure car on en trouve peu en prêt à porter, parce que ça rend les retouches plus difficiles. Il y a deux options possibles : des boutons qui se chevauchent, ou des boutons qui se suivent. Il n’y a pas de mauvaise réponse, moi je prends les boutons qui se chevauchent “kissing buttons” par habitude mais là encore c’est vraiment au plaisir de chacun. Inutile de perdre trop de temps sur cette option qui n’a pas d’intérêt particulier.

  • Les coutures demi-lune : Ce sont les coutures typique de l’art tailleur. Elles ressemblent à un rapporteur, sont plus épaisses qu’une couture simple. Elles se nichent au creux des poches pour en assurer un meilleur maintien.
  • Les salières : Une petite finition très pratique, surtout en été. J’ai tendance à transpirer quand je suis angoissé et je n’aime pas l’idée d’avoir des aisselles humides, surtout quand on porte des tissus clairs : ça se voit très vite. Les salières, ce sont des ajouts de tissus en coton situés en dessous des aisselles, qui permettent d’absorber la transpiration avant qu’elle n’atteigne le tissu du costume : très pratique et très rassurant comme finition, et surtout invisible.

Caractéristiques du pantalon

  • Le pantalon à taille naturelle avec pattes de serrage : Comme je l’expliquais un peu plus haut, je ne porte désormais plus que des pantalons taille haute dite à taille naturelle (juste au dessus du nombril, à l’endroit le plus fin de la taille) pour des raisons de silhouette.  Ca allonge les jambes, réduit le torse (le rendant ainsi plus large) et met en valeurs les épaules. Je trouve que c’est une pièce qui impose tout de suite une allure, sur laquelle on peut construire ensuite le style qui nous convient (casual/habillé/héritage/sartorial/formel..). Ce n’est pas un problème pour La Maison de l’Homme qui m’a proposé de faire un ceinturage sophistiqué (haut de 6 cm) avec deux pattes boutonnés ainsi que des pattes de serrage sur le côté qui permettent d’ajuster la taille, ce qui est très utile le matin ou après un repas.

  • Les poches italiennes : Le grand classique pour un costume, c’est de mettre des poches en biais qui suivent la coupe du pantalon. C’est harmonieux et permet aux poches d’être plus faciles d’accès. Rien à changer là dessus, c’est toujours la meilleure option selon moi pour un costume.
  • La poche monnaie : Elle se porte à droite ou à gauche selon votre souhait, et est une poche à l’intérieur de la poche. Elle est très utile car permet de contenir quelques pièces de monnaie ou des tickets bien à l’abri dans votre pantalon. Grâce à sa profondeur et son deuxième sac, ça ne bouge quasiment pas, contrairement aux poches en biais classiques.
  • Une pince : J’ai essayé quelques pantalons à double pinces et finalement je préfère rester sur une pince. C’est plus passe partout, et surtout moins chargé quand on regarde le pantalon. Ca permet notamment aux pantalons de se mouvoir plus facilement dans une tenue plus décontractée si on porte les pièces en dépareillé.
  • Le pli central : Une petite finition qui fait plaisir car elle habille tout de suite le pantalon, et lui donne un meilleur tombé. Personnellement je ne porte plus de pantalon sans pli central, mais là encore c’est une affaire de goût. Sur un costume ça reste obligatoire, on veut voir du pli central, point final.
  • Le revers pantalon : Une petite fantaisie qui donne tout de suite plus de caractère au costume, en marquant le pantalon. Là encore, étant un ayatollah du style sartorial, je ne porte aucun pantalon sans un revers d’au moins 4-5 cm de haut. Mais si on veut un costume formel on fait sans, car c’est plus sobre et plus discret. En tant que blogueur j’estime que notre devoir le plus sacré est de proposer des tenues qui en jettent un peu. Alors pour ceux qui veulent se la jouer, essayez le revers pantalon. Vous verrez qu’on y prend vite goût.

Notre avis sur les costumes sur mesure La Maison de l’Homme  (par Valéry)

Lorsque vous allez chez La Maison de l’Homme, vous n’allez pas chez un tailleur ordinaire qui fait fabriquer ses costumes au Portugal.

Vous allez chez une institution qui travaille depuis des décennies pour les corps de métier de l’Etat et qui fait des économies d’échelles conséquentes (accentuées avec le rachat des anciennes boutiques Atelier NA) sur les achats de tissu pour vous faire profiter d’un tarif ultra-agressif sur une confection portugaise de très bonne facture, une prise de mesure soignée (sur laquelle nous vous avons détaillées toutes les étapes), et des possibilités de personnalisation poussées (revers de 9,5cm, ceinturage avec deux pattes boutonnées de 6,5cm).

Après quelques mois de port, Gustave a trouvé ce costume extrêmement agréable: le mélange cachemire/lin/soie est bien plus léger qu’une laine classique (même fresco) avec un joli tombé pour la veste. Il se révèle, comme beaucoup de mélanges avec de la soie, un peu plus fragile en revanche pour le pantalon.

On vous recommande en tout cas chaudement La Maison de l’Homme pour une confection portugaise et une prise de mesures soignées, avec un rapport qualité/prix extrêmement intéressant sur des tissus qualitatifs.

Conseils de style : oser le costume beige

Le costume beige, c’est le costume que je n’avais encore jamais osé jusqu’alors. Pourtant il est probablement le costume sartorial d’été par excellence. Il se porte en coton ou en laine texturé, voire sur un solaro pour les plus raffinés d’entre nous (même si en vérité le solaro est plutôt un costume printemps/automne qu’estival). Alors c’est sûr qu’on ne porte pas ça pour aller au bureau, c’est trop décontracté comme couleur.

En revanche c’est le costume idéal pour tout les à côtés : les cocktails professionnels estivaux, les sorties, durant ses vacances dans une ville balnéaire ou tout simplement pour un mariage. Il permet de rester élégant, en jouant habilement entre le registre professionnel et le plaisir en période estivale. Par exemple il m’arrive fréquemment de rencontrer des gens en vacances avec qui on peut nouer un réseau intéressant pour plein de sujets différents. C’est là toute la force de l’élégance : elle ouvre souvent des portes.

De plus un costume beige n’offre pas une, mais trois tenues possibles au total, car il est possible de le dépareillé, enfin pas si facile que ça car les couleurs restent relativement limitées. Voici les tenues que je vous ai préparées pour vous donner quelques idées.

Le costume Dolce Vita

Tout d’abord le costume dans son ensemble. Je le porte avec une chemise en denim pour lui ajouter un côté casual, mais une chemise blanche avec une cravate fonctionne bien aussi : tout dépend du degré de formalité que vous voulez donner à votre tenue. Personnellement je préfère casser le côté formel, pour ne pas trop se prendre au sérieux car c’est un costume de plaisir. Puis le denim de la chemise apporte de la texture, et du contraste à l’ensemble, ce qui fonctionne bien avec le tissu texturé du costume. J’ajoute à cela un mouchoir de poche qui possède quelques nuances de bleu pour faire un rappel discret de la chemise. Pour le bas une paire de chaussettes invisible avec mes mocassins en marron foncé permettent d’aérer la tenue et de rester cohérent en termes de style : du sartorial décontracté. Il y a donc deux nuances de marrons, et deux nuances de bleu sur ma tenue, rien de plus. Je trouve que c’est amplement suffisant vu le caractère du costume : inutile d’en rajouter.

La chemise en denim napolitaine l’Officine Paris

Les chaussettes invisibles Mes Chaussettes Rouges

Les mocassins non doublés en velours In Corio

Le dépareillé lumineux

J’ai mis beaucoup de temps à comprendre que la couleur qui se mariait le mieux avec une veste beige, c’était le gris ou le blanc et pour cause, ce sont deux couleurs très proches sur le spectre lumineux. Un peu comme le marron et le rouge, ou le violet et le bleu. Alors on applique simplement la recette pour faire un dépareillé avec un pantalon gurkha gris en fresco  : une laine faux-uni estivale cohérente avec la veste du costume de La Maison de l’Homme. Au milieu j’ajoute une chemise blanche pour trancher et imposer un léger contraste avec le gris du pantalon et le veste de la beige. Toute la tenue se décline autour du camaïeu de tons neutres : du blanc, du beige et du gris. Aucune couleur forte, le tout est simplement équilibré grâce au léger contraste entre chaque pièce. Vous remarquez que les deux chemises de l’Officine Paris possède un superbe roulé de col généreux, qui fait une très belle jointure entre le col de la veste et les revers.

La chemise en popeline blanche l’Officine Paris

Le pantalon gurkha gris  sur mesure Artling Paris

Les chaussettes invisibles Mes Chaussettes Rouges

Les mocassins casual en velours patinés main Malfroid

La tenue casual héritage

Cette fois-ci c’est le pantalon de costume qu’on garde dans la tenue. J’ajoute une Jungle Jacket olive dont le coton est texturé nid d’abeille, ça fonctionne plutôt bien je trouve car le Olive fait également des merveilles avec le beige (et le gris aussi d’ailleurs) pour les mêmes raisons évoquées plus haut. J’ajoute un polo blanc texturé entre les deux pièces, mais un t-shirt ferait tout aussi bien l’affaire pour un rendu encore plus décontracté. Ca génère du contraste et permet à chacune des pièces d’être bien distincte dans la tenue. Pour le bas j’utilise la même recette que pour la première tenue, mais cette fois-ci on part sur une paire de mocassins en cuir grainé, pour ajouter encore un peu de texture et renforcer le côté héritage de la tenue.

La Jungle Jacket Informale 

La chemise à rayures bengales Cotton Society

Les chaussettes invisibles Mes Chaussettes Rouges

Les mocassins casual en velours patinés main Malfroid

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