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OMAJ, le site qui revend vos vêtements de qualité

En quelques années, notre vision sur l’éco-responsabilité aura beaucoup changé.
Il y avait au tout debut beaucoup d’opportunisme sur la question, qui n’était pour certaines marques qu’un vernis éthique.

De nos jours, avec ce choc d’offre autant au niveau des matières premières que de la fabrication, nous nous rendons tous compte très concrètement qu’une production effrénée n’est plus durable et qu’il faut laisser plus de place au travail et a la remise en valeur de ce qui existe déjà : soit à travers l’upcycling (la production a partir de matières premières existantes) soit avec la seconde main.

Ce n’est pas un hasard si la seconde main prend a présent autant de place, et c’est ce dont je voudrais vous parler aujourd’hui avec la startup OMAJ, un e-commerce seconde main sélectif, qui se charge de créer et mettre en ligne vos vêtements, de les stocker et de les envoyer.

Vous allez le voir rapidement, c’est une vraie bénédiction, surtout pour les plus allergiques d’entre nous à la revente.

Avant d’en parler, je vais d’abord vous évoquer tout ce qui à mon goût ne va pas avec le marché actuel de la seconde main.

I Etat du marché actuel: ce qui pêche sur la seconde main

Vinted

Vinted, c’est un peu le nivellement par le bas de la seconde main. Vous trouverez toujours quelqu’un de prêt a vendre exactement le même vêtement que vous à la moitié du prix, quitte à ce qu’il soit tâché, roulé en boule, avec des photos floues et envoyé dans du papier journal (ou pire)

Les pires emballages sur Vinted: mention spéciale au carton de pizza

A l’autre extrémité du spectre, on trouvera de la même manière des négociateurs centimiers ou, la pire espèce, ceux qui vous demanderont 18 mesures et 20 photos supplémentaires pour ne rien vous acheter (ou, comble de l’horreur, vous renvoyer la piece).

N’oublions enfin pas des inconnus qui vous grattent un prix ultra avantageux en vous demandant ensuite naïvement de leur réserver la pièce 5 jours, en la refusant évidemment à quelqu’un qui serait prêt a payer plein pot tout de suite.

(Au final ce jeune acheteur était fort sympathique lors de la remise en main propre mais il risque de se sentir souvent discriminé dans la vie)

Bref, ces petits déboires sont déjà pénibles a gérer lorsqu’on est professionnel. Il est normal qu’ils soient insupportables lorsqu’on est particulier et qu’on a bien mieux à faire de son temps libre.

Bref beaucoup de friction pour un produit au final pas respecté et souvent vendu au rabais.

Un nettoyage de Printemps qui n’arrive jamais

Vous avez sûrement vous aussi connu ce moment lors duquel vous regroupez tout ce que vous ne portez plus, vous mettez à vous imaginer tout l’argent que vous pourriez gagner et vous dites que vous consacrerez une journée à la mise en ligne de ces affaires.

Seulement voilà, cette journée n’arrive bien souvent jamais, le tas d’affaires à vendre et la tentation de procrastiner se font de plus en plus importants. Surtout lorsqu’on a conscience des galères qui suivront la mise en ligne.

L’alternative: le don de vetements

Difficile de parler vide-dressing et rangement sans évoquer Marie Kondo et sa fameuse méthode La Magie du Rangement dans lequel elle fait le parallèle entre logement bien rangé et clarté d’esprit et donne quelques conseils essentiels, par exemple ne jamais transformer un vêtement qu’on ne porte plus en vêtement d’intérieur, le meilleur moyen de ne plus avoir de place.

En revanche, elle appelle aussi régulièrement dans son ouvrage à donner ses vêtements (ou pire, à les jeter)

Pourtant, si l’on considère une dizaine de chemises achetées 100 euros l’une et portées seulement quelques saisons, ça peut faire un peu mal de les donner si son budget vêtement est limité.

D’un autre côté, on aura pas forcément envie de se donner de la peine pour vendre péniblement ces chemises pour au mieux 300-350 euros. Du coup, on se sent coincé, on ne fait rien et notre garde-robe se remplit inexorablement.

L’hyperconsommation et le manège logistique en point relais

Comme l’énonce bien cet article de Korii, Vinted incite d’abord à faire de la place, à remplir son porte monnaie (qui est dans un premier temps sur Vinted avant de faire votre retrait) puis à acheter une bonne affaire aux photos hasardeuses qui ne vous ont convaincues qu’à moitié et que vous aurez de fortes chances de revendre quelques semaines après réception.

Bref, ce circuit du pas cher et de l’achat excessif alimente davantage un manège logistique des points relais pas forcément bénéfique pour la planète mais ne nous pousse pas forcément a remettre en cause et diminuer notre consommation.

Une incitation à l’achat excessif

Bien qu’étant une marketplace, Vinted a les même travers que les réseaux sociaux: on y vient d’abord effectuer une tâche sérieuse et productive, puis 15 minutes de notre vie s’évaporent a regarder des mêmes de chat (c’est ce que je constate bien vu que Facebook et Instagram font parti de mon métier).

C’est un peu pareil avec Vinted où il est difficile de se contenter de vendre sans être tenté de consulter le feed de l’application, préalablement optimisé par l’algorithme nourri de vos préférences lors de la création de votre compte, avec en plus de l’argent prêt à être dépensé sur votre porte-monnaie virtuel.
A défaut de faire de la place, on se retrouve ensuite encore plus rapidement avec le vestiaire (et l’esprit) encombré par tout un tas de bonnes affaires qui n’en sont pas toujours.

Les points Relais: la Poste en pire

Vous connaissez certainement ces inconvénients mais je vais tout de meme vous les énumerer de nouveau sans plus attendre :
les emballages (enveloppes a bulle ou cartons) a stocker chez soi ou a acheter neufs: car si vous lisez ce site, j’ose espérer que vous ne faites pas parti de ceux qui envoient leur vêtements dans une boite a chaussures, un papier journal, ou pire un sac poubelle
les points relais pas du tout arrangeants a 20 minutes de chez vous choisis par vos acheteurs (bonus quand il y a la queue)
le délai de 5 jours et les notifications stressantes et permanentes d’envoi
l’impression du bordereau lorsque vous n’avez pas d’imprimante

Au dela de Vinted: l’offre B2B sur la seconde main

D’autres modèles existent aussi, mais ils sont pour moi très limités.
Un des plus connus est Faume: une startup qui propose aux grosses marques un e-commerce en marque blanche qui reprend vos anciens vêtements de cette marque en échange de bons d’achat a dépenser sur le produit neuf de cette même marque.

Pour le moment, ça ne fait pas rêver.
Le manque de sincérité de la démarche se voit jusque dans le wording

Bref, un écosystème ultra fermé qui derrière un vernis éco-responsable incite plutôt a la re-consommation, et ce évidemment uniquement chez la marque.

A moins d’une marque à l’attrait extrêmement fort, je ne pense pas que les consommateurs soient dupes très longtemps ni intéressés par ce genre de mécanisme très limité. A voir dans quelques années.

Bref, apres avoir allègrement critiqué ce qui se faisait actuellement, le moment est venu de vous parler d’une startup qui innove vraiment sur le genre, de manière pour moi plus saine et durable: OMAJ.

II OMAJ la seconde main sans efforts, qui respecte vos vêtements

OMAJ est fondée par Marine et Paul, deux amis rencontrés sur les bancs de Centrale. Cette toute jeune startup créée en 2021 s’attaque à a un problème tout simple: on aimerait tous bien vider un peu nos armoires mais on a pas le temps (ou la flemme) de le faire (j’espère que vous aurez bien compris pourquoi a l’issue de cette longue introduction).
On serait donc bien contents que quelqu’un s’en occupe pour nous, quitte à reverser une commission.

Pour tester cette hypothèse , Marine et Paul imaginent un MVP (Minimum Viable Product) simple: des posts sur des groupes Facebook proposant aux gens de vendre les vêtements dont ils souhaitent se débarrasser .
Des centaines de message reçus plus tard, ils se mettent au travail depuis une simple unité de stockage et mettent en ligne leurs premières centaines de pièces en Septembre 2021.

A peine un an plus tard, les voici dans un entrepôt a Saint Ouen, avec plus de 12000 pièces, une petite équipe qui les assiste et des process bien rodés.

Le fonctionnement d’Omaj

C’est assez simple, vous regroupez vos vêtements propres dans un colis que vous déposez en point relais pour une expédition dans les locaux d’OMAJ. Pour une commission de 6€ fixe et 30% du prix de vente, OMAJ les photographie, les mets en ligne puis gère la vente, l’expédition et tout le service client et la logistique qui vont avec.

OMAJ prend aussi en charge les vêtements non repassés et pourra les repasser rapidement, juste assez pour qu’ils soient un minimum photogénique (ce ne sera pas toujours parfait, mais c’est normal ce n’est pas non plus un pressing)

Les pièces autorisées

La commission implique donc de vendre des produits avec une valeur minimum (15 euros). Ainsi, OMAJ refuse tout ce qui est fast fashion et en particulier une cinquantaine de marques dont vous pouvez consulter la liste ici. Pêle-mêle, on y retrouve les évidents Shein et H&M, beaucoup de marques cheap féminine et des horreurs comme RG512.

OMAJ n’est pas dogmatique pour autant et accepte les pièces de Zara et Monoprix en excellent étant, qui sont susceptibles d’avoir une vraie seconde vie.

Seuls les vêtements sont admis: pas de chaussures, accessoires, maillots de bain etc

Une fois mises en ligne, vos pièces iront trouver leur place parmi les 12000 vêtements entreposés dans les locaux de Saint-Ouen d’OMAJ dont j’ai pu prendre quelques photos.

OMAJ se charge de l’expédition et fait les choses sérieusement: Marine, la co-fondatrice a d’ailleurs passé quelques années chez Cubyn (elle est donc bien rodée en logistique).


Précisons que les frais de retour sont à la charge des acheteurs (vu la maigre commission de la plate forme, c’est bien normal).

La qualité de la mise en ligne

A travers un processus no code optimisé, OMAJ parvient à mettre en ligne un produit en a peine une dizaine de minutes avec photo et description rapide incluant une analyse et une description minutieuse de l’état de la pièce.


Pour tout vous dire, l’équipe d’OMAJ a même détecté des petits défauts sur mes pièces que je n’avais moi meme pas remarqué. J’aurais donc eu des acheteurs mécontents sur Vinted et donc des réclamations/retours à gérer en les vendant moi même. Bref, un temps perdu largement économisé.

La fixation des prix

Seul petit défaut: un algorithme de prix encore bien approximatif et qui a du mal à trouver ses repères au milieu des DNVB et autres petites marques de créateur pour homme.

Ca reste du Suitsupply mais ça m’aurait fait mal de vendre ça 12 euros 🙂

C’est assez normal et l’équipe est très réactive pour corriger les prix. Une piste d’amélioration bienvenue aurait éventuellement été d’intégrer la possibilité de suggérer un prix différent directement dans l’interface mais ça sera j’imagine pour plus tard.

Remarque: si la pièce n’est pas vendue au bout de plusieurs mois, le prix peut-être baissé graduellement dans une limite de 20%

La prise de photo

Elles sont pour le moment prises a l’Iphone et l’Ipad afin de fluidifier la mise en ligne des produits. Marine m’a confié qu’ils allaient passer à un vrai appareil photo (si ce n’est deja fait).

Pour la qualité des photos, elles sont fidèles au produit, restituent bien les couleurs et les textures ainsi que les éventuels défauts.

Il ne s’agit pas non plus d’oeuvres d’art et les plus acharnés d’entre vous pourront faire mieux, mais ce n’est clairement pas la démarche visée. Le résultat est clairement tres satisfaisant.

Le tracking des produits

Ainsi, dès la réception de votre colis chez OMAJ, un QR code est relié a chaque vêtement pour tracker son statut et sa mise en ligne. Vous pourrez ensuite voir la mise en ligne progressive de votre vestiaire sur votre compte client et y suivre les ventes.

Verdict

Dans mon travail, je suis un grand adepte du set and forget: planifier et automatiser sur des semaines pour avoir l’esprit libre ensuite, sans la pollution intellectuelle incessante de certaines taches quotidiennes.

C’est un peu ce que me permet OMAJ: envoyer mes vêtements, vérifier la mise en ligne et laisser faire avec une tranquillité d’esprit encore inconnue jusqu’à présent sur le marché de la seconde main.

Sans être dérangé incessamment par une énième demande de renseignement stérile, un tarif scandaleusement bas demandé de manière décomplexée ou être tenté dans mon feed par une fausse bonne affaire que je ne vais pas porter et qui va remplir une armoire que j’étais pourtant censé aérer .

Je n’aurais ensuite plus qu’à me reconnecter sur mon compte client d’ici quelques mois et voir ce qui a été vendu (ou pas).

La plate-forme n’en est encore qu’à ses balbutiements sur l’homme avec tout de même déjà un milliers de pièces disponibles: si ce tout nouveau mode de vente vous intéresse, il ne tient qu’à vous de la remplir et de faire parler d’elle davantage.

Vous pouvez en tout cas retrouver mon vestiaire OMAJ ici.

Valery
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