TEST: RENHSEN, LE JEAN JAPONAIS DE LUXE

Disclaimer: L’article suivant est un article de Grégoire (qui s’occupe parfois du SEO sur JamaisVulgaire), j’y ai aussi rajouté quelques annotations sur des détails un peu plus techniques et les conseils de style. Il y en a un peu partout donc je n’ai pas pris la peine de préciser quand j’intervenais, mais il parait que ça se voit tout seul donc vous me direz ça en commentaire :-).

Cet article est le premier sur un jean ultra qualitatif, avec une toile increvable et une coupe taillée au scalpel. .
Il n’est pas toujours évident d’articuler ce qui fait un bon jean, encore moins de ce qui fait un jean exceptionnel. Je suis un fanboy de Renshen depuis deja quelques années, on compte ici vous expliquer pourquoi. On va parler ici de leur milieu de gamme (leLouis 300055) et de leur modele luxe ( le Lenny)

PARTIE 1: La matière, l’origine, Les points importants du jean Renhsen Lenny

I Comment reconnaître un bon jean brut: la matière

1 L’origine de la toile

Lorsque l’on parle de jean, ou plus particulièrement de denim il y a deux écoles: les US et le Japon. Bien que les states aient donné l’aspect iconique et culturel du jean, ce sont les Japonais qui ont repris le flambeau de la production de denim de haute qualité. Les manufacturiers Nippons, armés de machinerie Toyota sont maintenant ceux qui produisent le saint graal du denim brut. La matière pure, brute et rugueuse qui font un jean d’exception.

La plupart des fabricants japonais s’accordent à dire que l’eau d’Okayama est riche en minéraux, avec des niveaux de pH élevés. Cette combinaison permet de produire un denim de haute qualité, qui permet une profondeur de couleur et une belle durabilité pour la teinte indigo.

L’autre clef du succès est le nombre important d’usine équipés de métiers à tisser manuels, d’une capacité de production bien inférieure à celle des métiers à tisser modernes, mais d’une qualité largement supérieure.

L’attention aux détails durant le processus de production est sans comparaisons, et le Japon se différencie surtout par la qualité de son indigo, qu’elle a put améliorer au fil du temps en l’utilisant sur les kimonos et en perpétuant une longue tradition de la teinture.

jean-matiere-Renshen
La couleur est aussi un signe d’une toile extrêmement qualitative, et on retrouve chez Renhsen des nuances de bleu et de vert que je n’ai franchement jamais vus ailleurs.
Si je devais désigner la plus grosse valeur ajouter de la marque, ça serait indéniablement cette toile riche en nuances, que je n’arrive pas à retrouver ailleurs sur le segment des jeans à 150-200 euros sur lesquels l’indigo est beaucoup plus classique.

2 La souplesse

Un jean brut se doit d’être rigide, c’est ce qui lui donne cet aspect et cette forme particulière. Lorsque l’on commence à le porter il est normal que les movements soient inconfortables, il se dompte comme des semelles Goodyear sur des chaussures de ville.. Il s’assouplira avec le temps, et prendra également des couleurs au niveau des pliures, un jean brut s’apprivoise.

hdr

Une étiquette bien détaillée et très quali avec les instructions de lavage spécifiques

3 Le poids

La première différence que l’on remarque avec un jean standard se passe lorsqu’on le prend en main. Ce jean pèse son poids, il donne une sensation de solidité, et l’impression d’être capable d’arrêter une balle de colt. Il existe une unité de mesure pour décrire la densité du dénim: “l’oz denim”. Il correspond au nombre d’oz (28,5 gr pour les gens civilisés) par m². Les jeans les plus légers ocillent entre 7 et 9 oz, ceux plus brut vont juqu’a 13, mais chez Renshen, chez les puristes ont tape sur un 14.5oz soit deux fois plus qu’un basique. Certaines marques vont plus loin encore, mais a ce niveau je vois pas comment on pourrais encore plier les jambes, déjà que celui ci pourrais tenir debout tout seul tellement il est rigide.

Ce qu’il faut en retenir, c’est que plus le denim est dense, plus il est chaud,résistant,rigide et dur à se faire. Après quelques temps les zones de plis vont se délaver, et les jeans bruts sont ceux sur lesquels l’effet est le plus esthétique a mon humble avis

pro-cam

Une coupe semi-slim assez classique 

4 Le tissage

Pourquoi les jeans de Renshen sont-ils si lourds? Il existe trois façon de tisser du denim, qui dépendent du nombre de fils de chaine qui croisent le fil de trame. On peux considérer que plus le tissu contient de fils de chaines, plus il est résistant au stress.
En gros 1×1 (léger et basse qualité), 2×1 (standard qualité supérieure), 3×1 (lourd qualité très élevée). Les modèles de Renhsen intermédiaires (ceux a 160€) sont en 2×1, et les haut de gamme sont des 3×1. Ce qu’il faut en retenir, c’est que pour cracker l’entrejambe d’un Renhsen franchement il va falloir y aller au couteau.

Détail intéressant le jean est tissé en Right Hand Twill, c’est à dire du bas vers le haut en diagonale partant vers la droite. Celà rend la surface plus sérée et plus compacte mais aussi plus agréable au toucher.

 

On voit ici clairement les détails de la toile et la direction du tissage

II Une bonne coupe et de belles finitions

Au niveau de la coupe on est sur du semi-slim, donc légèrement resserré aux cuisses et aux jambes avec une ouverture d’environs 19cm. Parfait pour des bottines, ou des sneakers, ajusté et polyvalent.

On les a ici porté avec des bottes brogues de chez Oliver Sweeney légèrement patinées. Il fallait ici un double ourlet pour bien mettre en valeur les bottes et bien sinscrire dans un cadre workwear.

Ici, le jean en taille 29 aurait eut besoin d’une légère retouche au niveau de la longueur.

[cta id=’14915′]

1 La poche monnaie

Souvent absente sur les jeans d’entrée de gamme, on trouve ici une poche monnaie fixee par des rivets avec un liseré selvedge. A cet endroit, le liseré selvedge est généralement signe du très haut de gamme. 

La poche monnaie et son renfort

2 Le selvedge

Quelques petits rappels sur le selvedge, que vous connaissez déjà bien: Le selvedge est une trame de tissu que l’on rajoute en finition le long des points de couture du jean. Il sert tout simplement a le renforcer discretement, concrètement c’est ce qui fait un jean “increvable”. En terme d’investissement, c’est un must car c’est une garantie de durée de vie.

 

3 Les boutons donut

 

Les boutons donut sont utilisés sur beaucoup de jeans: leur nom vient de l’ouverture au centre. Ils sont plus légers et permettent un meilleur maintien du bouton: ils étaient particulièrement appréciés durant la Seconde Guerre Mondiale car ils nécessitaient moins de métal.

Conseils de style (par Valéry)

Une tenue au final assez classique, avec le blouson Commune de Paris, un t-shirt graphie et des bottes brogue Oliver Sweeney. L’intérêt des jeans Renhsen est qu’on peut jouer discrètement sur les couleurs et marier les teintes discrètes de vert avec la patine plutôt bien faite des Oliver Sweeney (qu’on va tester dans un prochain article)

pro-cam

Partie 2: Le modèle Louis 300055 (par Valéry)

Disclaimer: Le modèle que j’ai choisi ici est une taille trop grande (taille 28 au lieu de 27): ce n’est pas flagrant vu que le jean n’a pas encore eu trop le temps de se détendre mais référez-vous plutôt aux photos de Grégoire pour avoir une bonne idée du fit.
Il n’y avait malheureusement pas le choix: la taille 27 était indisponible et l’objectif était aussi de tester ce modèle plus accessible , confectionné en Tunisie.

1 Finitions et détails

test-renhsen-jean-selvedge-jean-louis-toile-japonaise-coutures La toile est bien régulière et avec de jolies nuances de couleurs, et les coutures sont bien robustes

L’ouverture des jeans Renhsen est ultra polyvalente et s’adapte aussi bien aux brogue boots qu’aux chelsea beaucoup plus fines.

test-renhsen-jean-selvedge-jean-louis-toile-japonaise-ourlet

test-renhsen-jean-selvedge-jean-louis-toile-japonaise-ourlet-2

Un tombé qui serait un poil perfectible en raccourcissant légèrement le jean, mais qui est déjà amplement satisfaisant.

test-renhsen-jean-selvedge-jean-louis-toile-japonaise-poche-arriere

Les poches arrières caractéristiques de Renhsen, toutes en sobriététest-renhsen-jean-selvedge-jean-louis-toile-japonaise-poches-ticket

Ce modèle à la base gris commence à montrer de jolis reflets bleutés après une petite dizaine de ports.

L’impression est extrêmement positive après une dizaine de ports: toutes les finitions caractéristiques du jean premium ne sont pas forcément présentes, mais  le denim inspire sacrément confiance et respire la solidité.

2 Les tenues possibles

La première tenue est presque un full denim détourné: on pourrait facilement remplacer la chemise patrons en coton et en lin par une chemise denim. Mais on a ici une version plus subtile et moins cataloguée.
Ca passe d’autant mieux que le jean Renhsen n’est pas indigo mais plutôt gris foncé, avec une texture tout de même bien affirmée.

test-patrons-vincent-schoepfer-chemise-geoffrey-fit-3

test-renhsen-jean-selvedge-jean-louis-toile-japonaise-tenue-denim

Pour continuer sur le mélange de textures, j’ai rajouté un sweat-shirt Benjamin Jezequel, qui rajoute de la couleur dans un ensemble autrement un peu monochrome et dont la texture et le coton japonais font bien écho au registre du jean.

test-renhsen-jean-selvedge-jean-louis-toile-japonaise-tenue-couleur

Un trio gagnant et facile à porter, avec d’ailleurs les surpiqûres du jean qui rappellent un peu la chemise.

relooking-homme-contraste-matiere

Voici une association un peu plus tranchée: le pull est dans les mêmes tons de couleur que le jean (c’est bien pour la silhouette, ça crée une continuité et ça allonge) mais il est un peu plus long.
Par contre, j’ai choisit ici une chemise en popeline de coton très sage ce qui fait un gros contraste de matières.
test-renhsen-jean-selvedge-jean-louis-toile-japonaise-tenue-texture

On reste sur ces deux tenues avec les bottines Oliver Sweeney, ultra polyvalentes.

Conclusion (Valery)

J’avais un peu du mal à voir la différence entre les jeans Renhsen et les jeans pricés à 150 euros type Naked and Famous: tout se joue à mon goût sur la toile, qui ici est bien plus travaillée et présente des reflets de couleurs qu’on ne retrouvera pas vraiment ailleurs.

Formel: 4/10 (pourquoi pas pour un casual Friday)
Casual: 10/10 (le délavage est parfait avec un indigo de cette qualité)
Rapport qualité/prix: 8/10 (Les seules bonnes alternatives seraient sûrement Gustin et le modèle de précommande)
Prise de risque: 0/10
Univers: Casual/Sportswear

Les jeans Renhsen sont disponibles ici.

3 réflexions au sujet de “TEST: RENHSEN, LE JEAN JAPONAIS DE LUXE”

  1. Cher Grégory, cher Valéry,

    Merci pour cet article sur la superbe marque de jean Renhsen. J’ajouterai quelques notes pour le modèle Carl :

    Les plus :

    – une toile du jean un effet cartonné et rugueuse. Rigide, elle s’assouplit au fil des ports perdant son côté cartonné. Pour le conserver, il faudrait amidonner la toile, mais cela risque aussi de l’abîmer… Toujours est-il que la toile va s’adapter à vous au fur et à mesure des ports.

    – une toile épaisse, qui lui permettrait presque de tenir debout. C’est génial, si vous habitez dans une région venteuse et/froide. Le jean ne laisse rien passer et le vent n’entrave pas vos mouvement, le jean reste droit comme un phare pendant la tempête.

    – une superbe couleur pour ce jean brut, qui ne passe pas avec le temps (au bout de deux ans, je n’ai pas vraiment l’impression d’un quelconque délavage…

    – le prix : un jean selvedge Renhsen haut de gamme peut tenir 3-5 ans à mon sens avec un port normal sans intervention d’une couturière. A 250€, l’affaire est rentable. Quand j’étais ado, je prenais des jeans Jules à environ 30€ en soldes qui duraient 3-4 mois. En faisant le calcul, je préfère de loin un seul jean qui dure longtemps (j’ai horreur de passer mon temps dans les boutiques surtout pour acheter des basiques).

    Les moins :

    – la coupe n’est pas géniale et le jean a tendance a beaucoup trop se détendre (+1 à +2 tailles)
    – la toile s’use vraiment au fil des années à l’entrejambe, au niveau des poches, de l’entrejambe, et de l’ourlet, le point de chaînette saute aussi rapidement, le tissu des poches n’est pas exceptionnel. Il faut penser à un passage au garage du jean au bout d’un moment pour continuer à en profiter.
    – les jeans hors haut de gamme (Louis) ne tiennent pas la comparaison face à d’autres marques (Bonne Gueule, APC et Balibaris sont à préférer)

    Les créateurs, Judith et Mikaël, sont des gens adorables, n’hésitez pas à aller discuter avec eux en boutique.

  2. Sympa comme article 🙂

    Je possède également le modèle Lenny, très bon fit, très bonne matière (Mon précédent N&F était particulièrement bon mais ne tient pas vraiment la comparaison). En revanche, pour vous contredire (j’aime ça), l’entrejambe a craqué à l’entrejambe au bout de 8 mois de port (non-intensif, je travaille généralement en costume). Peut-être un usage intensif de la moto (mais pas de coup de couteau..)?

    Par ailleurs, si vous connaissez de bonnes adresses pour réparer mon jean et pouvoir le porter rapidement, ça serait génial!

    Continuez comme-ça en tout cas, on en apprend toujours un peu plus grâce à vos articles !

  3. Bonjour, dans la description sur L’exception du jean Lenny du lien en conclusion de l’article il est décrit comme ayant une coupe droite, alors que dans l’article il est présenté plutôt comme un semi-slim, vous pouvez confirmer que c’est bien un semi-slim?
    Merci

Laisser un commentaire

76 Partages
Partagez76
Tweetez
Enregistrer