Test&Avis The Initialists: un excellent rapport qualité/prix et une vraie identité (manteau 3/4 Loro Piana et chemise en flanelle coton/kapok)

Vous savez ce qui m’intéresse le plus quand je vois une nouvelle marque prometteuse apparaître ?

C’est de voir le chemin qu’elle va prendre et la manière dont elle va construire son identité. Car s’il est assez commun de trouver de jeunes DNVB (marques digitales) qui proposent des basiques (t-shirts, chemises chambray, chinos etc), il est beaucoup plus difficile d’en trouver avec une vraie identité et des pièces qui se différencient.

La marque The Initialist s’est adressé au problème dès sa première collection avec une veste M51 technique avec à la fois du caractère et un prix imbattable: on en parle dans un premier article sur la marque ici.

J’attendais donc avec impatience de voir comment elle allait se développer pour sa collection Automne/Hiver: c’est ce que nous allons voir dans cet article.

I The Initialist

Je m’en excuse, mais la première partie de cette article va être exceptionnellement courte (et je vous invite à jeter un coup d’oeil au premier article publié en Avril dernier, avec tout le récapitulatif classique).

Une des particularités de la marque est en effet de sortir seulement quelques basiques très bien faits, et ceci au compte-goutte.

1 Les nouveautés

Depuis le dernier article (et hormis ce qu’on va tester), la seule nouveauté notable est le jean selvedge: fabriqué au Portugal et en toile Kuroki. Le tout avec un choix assez complet de coloris: brut, brut stretch (pour ceux qui veulent la durabilité d’un selvedge et d’une toile japonaise mais un confort dès le premier port), vintage blue et stone wash.
Vous êtes d’ailleurs assez nombreux à avoir craqué pour la M51 de la marque, puis à vous être procurés un des jeans.

2 Spoiler alert

Charles m’a confié l’arrivée de belles nouveautés début 2021: costume, blouson en jean et bomber.
Vu la qualité du manteau de ce test, je ne vous cache pas que je suis impatient de voir ce que va donner le costume.

II Test du manteau Loro Piana Rain System

Pour bien remettre les choses dans leur contexte, il faut déjà souligner qu’on a ici un manteau à 275€, fabriqué au Portugal et en tissu Loro Piana Capolavoro Rain System.

Sur le papier, c’est assez imbattable quand on sait que la plupart des DNVB font appel à des drapiers moins coûteux, ou à une production dans les pays de l’Est.

Coupe et proportions

J’aime beaucoup le parti pris choisit par la marque ici: la plupart des pardessus qu’on retrouve chez les DNVB du marché, à moins de 300 euros, ont des revers plutôt allongés et fins, avec une construction deux boutons.

Ici, ce pardessus se différencie bien avec des revers plus courts, plus larges et une construction trois boutons. Comme vous vous en doutez, je suis le premier à plébisciter des revers larges, que ça soit sur un costume ou sur un manteau, et je suis donc enchanté d’en voir ici, en particulier dans cette gamme de prix (en général, les DNVB acccessibles prennent très peu ce genre de risques).

Ces revers plus larges permettent par ailleurs un très joli roulé, ce qui n’est pas forcément possible avec des revers à la fois longs et fins.

En termes de longueur, les proportions sont plus classiques: il arrive pile au-dessus du genou et convient par exemple parfaitement à mon 1m73.

Les finitions

Pour faire echo à ces revers généreux, The Initialist a aussi innové sur les poches latérales qui sont beaucoup plus travaillées et géométriques que ce qu’on trouve normalement dans cette gamme de prix.
Elles ont un large passepoil (qui correspond bien aux revers) et sont en plus légèrement arrondies et bien profondes.

Autres finitions notables:
les boutons en corozo: aussi appelé ivoire végétal, assez logique dans cette gamme de prix
doublure en viscose: là aussi, c’est assez attendu dans cette gamme de prix

La matière: Loro Piana Rain System

Rappelons déjà qu’il s’agit d’un manteau à 275€ et que, pour ce prix là, c’était encore impensable il y a quelques années d’avoir un 100% laine Loro Piana.

Qui plus est, ce n’est ici pas n’importe quelle laine de chez Loro Piana puisqu’on a dessus un traitement Rain System.

Attention, ce n’est pas la même chose que le fameux traitement Storm System qui est lui aussi coupe-vent : le traitement Rain System assure juste une déperlance grâce à une barrière invisible autour de chaque fibre sur laquelle les gouttes d’eau glissent et qui empêche la poussière et les tâches de se fixer.

L’idée est d’apporter ces propriétés sans modifier l’apparence ni le touché de la laine, et on ne voit effectivement pas la différence avec une laine classique.

Notons tout de même que c’est un traitement léger, qui convient à des petites pluies

Laine italienne Capolavoro

Outre ce traitement Rain System, la laine de base n’est pas non plus n’importe laquelle: il s’agit de la Capolavoro (chef d’oeuvre en italien). C’est une des laines d’hiver du drapier dédiée aux manteaux en prêt à porter. On les trouve notamment chez des marques plus orientées sartoriales et un peu plus haut de gamme comme Boggi ou Bluegiallose

Il s’agit d’une laine extrafine, et ça se voit du premier coup d’oeil au touché ultra-doux (presque cachemire) et à la fluidité de la laine.
Dans cette gamme de prix, c’est très difficile d’obtenir à la fois un touché doux et une vraie fluidité sur du 100% laine, généralement plus rigide et rêche. En dessous des 300€, vous trouverez surtout ces caractéristiques sur des tissus mélangés avec du synthétique.

Conseils de style

Le col de ce manteau, et le roulé des revers, mettent bien en valeur le col roulé. On reste ici dans un registre habillé, en particulier grâce au bordeaux du col roulé.

Je porte ici des chaussures Georges&George à une boucle interchangeable: il s’agit d’une pièce très forte, de par sa construction, sa patine et son contraste de couleur.

L’ensemble de la tenue doit donc être assez habillée pour lui faire echo, mais doit aussi la calmer sur ces points. Le pardessus bleu marine et le pantalon gris apporte donc des couleurs plus atténuées, tandis que le pull col roulé permet de rester dans les tons bordeaux.

En termes de structure, la tenue est habillée grâce au manteau, et grâce aux doubles pinces et au ceinturage du pantalon.

Je porte ici le manteau avec
– des chaussures Georges&Georges (test à venir)
– un pantalon Alberto Voglio
– un pull Paris Yorker
– des chaussettes vanisées Portia 1924

De manière plus générale, il n’y a au final pas de contre-indications particulières à porter ce manteau tant il peut être polyvalent. Et il aurait aussi bien pu se porter avec la chemise en flanelle ci-dessous.

Conclusion sur le manteau The Initialists

L’offre était difficile à battre sur le papier, et cette impression se confirme bien en pratique. Si je n’ai en revanche pas encore pu tester les propriétés déperlantes du manteau en condition réelle, sous une petite pluie, le tissu m’a largement convaincu par sa douceur et sa fluidité.

J’ai également été convaincu par la coupe et les proportions, en particulier par ces revers généreux au roulé marqué qui conviendront aussi aisément aux sartorialistes plus pointus (mais pas que, vu sa grande polyvalence)

Le manteau en laine 3/4 The Initialists est disponible ici à 275€

III Test des chemises en flanelle

Les chemises en flanelle sont l’autre grosse nouveauté de cette collection avec des chemises unies et des chemises à carreaux.
J’ai eu un énorme coup de coeur sur la khaki unie:

Par erreur, j’ai reçu la khaki à carreaux: comme dirait l’expression il faut faire contre mauvaise fortune bon coeur. Et ça faisait par ailleurs très longtemps (si ce n’est jamais) qu’on vous avait présenté de tenues avec une chemise à carreaux. C’était donc l’occasion.

On remettra à jour l’article avec des photos de la khaki unie.

1 La matière

Il ne s’agit pas d’une flanelle de coton classique mais d’un mélange entre 94% de coton gratté bio et 6% de fibres végétales de kapok.

Le kapok ?

C’est une fibre végétale avec beaucoup de propriétés intéressantes:
– légère la plus légère des fibres naturelles avec 0,35g/cm, soit huit fois plus léger que le coton
– imperméable: elle a notamment été utilisée pour confectionner des gilets de sauvetage
– avec une thermorégulation naturelle: elle est donc chaude en hiver et fraîche en été. On peut donc tout à fait envisager de porter également ces chemises comme des surchemises au Printemps/Ete (elles sont d’ailleurs portées comme ça sur le site)
– extrêmement doux grâce à la finesse des fibres, on la surnomme d’ailleurs le “silk cotton”

 

2 Les finitions

Poches poitrines

Je ne suis d’habitude pas un grand fan des deux poches poitrine sur les chemises en denim et en flanelle car je trouve qu’elles encombrent inutilement la pièce.
Ici, les poches poitrines sont assez sobres et minimalistes: on est très éloignés des poches classiques de chemises casuals (comme les classiques poches W des chemises denim avec leurs poches à rabats). Les coutures sont tons sur tons, et seul le bouton ressort de l’ensemble.

Autres finitions notables:

Hirondelles de renfort: un bas légèrement arrondi et des hirondelles de renfort pour porter la chemise en dehors du pantalon.
Boutons en corozo: aussi appelé l’ivoire végétale, un bon compromis entre le plastique et la nacre (qui aurait été un peu trop précieuse pour ces chemises)
Col italien: classique pour une chemise décontractée, et relativement large

3 Coupe et sizing

La coupe

On peut porter ce modèle soit en chemise, soit en surchemise: la coupe est donc simplement légèrement ajustée.

Voici un petit aperçu de la chemise portée en dehors du pantalon. A noter que j’ai un torse assez court et de longues jambes donc c’est un porté qui me convient au final assez rarement car il dénature souvent ma morphologie:

Apparition des versions Tall

Les manches trop courtes sont un problème récurrent pour les plus grands d’entre vous. On ne pouvait par contre pas attendre dans l’immédiat d’une jeune DNVB de développer une gamme manches longues à part entière avec toutes les tailles.

The Initialist a donc opté pour des versions Tall dans les tailles L et XL, ce qui permet de couvrir la plupart des morphologies concernées.

Conseils de style

Tenue casual chemise à carreaux

Avec une chemise à carreaux, l’idée est d’atténuer les motifs avec des pièces unies qui se différencieront sur d’autres registres: matière ou coupe par exemple. C’est le cas ici du blouson en cuir de chèvre qui apporte un contraste de matière.

Le denim est le meilleur ami de la chemise en flanelle: ce denim Pini Parma avec son ceinturage sartorial apporte un côté habillé, qui se marie bien avec la sobriété du blouson.

Comme le registre global est évidemment workwear, j’ai choisi avec une paire de bottes Gingko de chez Heschung.

Je porte avec un
– un denim sartorial Pini Parma
– un blouson en cuir de chèvre Atelier Bertrand
– des bottes Gingko Heschung

Conclusion sur la chemise en flanelle de coton/kapok

Difficile à première vue de se différencier sur une chemise en flanelle: The Initialist a pourtant relevé le défi en jouant sur la matière et les finitions.
Le coton/kapok tient bien ses promesses, est confortable et tient chaud. A voir ensuite au Printemps/Ete pour le côté thermorégulant mais je n’ai pour le moment pas eut trop chaud en intérieur avec (ce qui en fait une excellente chemise de confinement).
Les finitions sont plus contemporaines que ce qu’on voit d’habitude sur ce genre de pièces: des poches poitrine minimalistes, pas de gorge apparente. Ca rend la chemise plus facile à intégrer dans une grande variété de tenues, qui peuvent être légèrement habillées à travers des détails bien sentis (comme un denim au ceinturage sartorial par exemple).

La chemise en flanelle de coton/kapok The Initalist est disponible ici à 65€

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