Paname Collections: Test&Avis de la chemise Andrea (+ notre sélection Printemps/Ete 2020)

C’est un lieu commun de vous dire que la collection Printemps/Eté de cette année est un peu particulière pour de nombreuses marques.

C’est toujours une période un peu délicate à gérer en mode masculine, officiellement elle est particulièrement courte (d’Avril à fin Août). Officieusement, il n’aura échappé à personne que l’été indien est devenu un acquis, souvent jusque mi-octobre, pour les prochaines années.

Dès lors, il devient important pour les marques de développer des collections PE cohérentes, qui tiennent à la fois compte de cette prolongation, et aussi cette année d’un Printemps qui a été bien entamé par le Covid-19.

On imagine bien que ça a été un sacré casse-tête, en particulier pour les jeunes DNVB comme Paname Collections de créer une collection qui tient compte d’autant de contraintes.

Ce test de la chemise Paname Collection Andrea était ainsi également l’occasion d’analyser cette collection et de vous faire une petite sélection.

I Notre sélection dans la collection Printemps/Ete 20 de Paname Collections

1 La capsule Made in France

Paname Collections était déjà une DNVB exemplaire en terme de circuit court, avec un tissu européen et une confection au Portugal et en Pologne. Elle est allée beaucoup plus loin avec cette capsule Made in France, où elle ne s’est pas contentée de simplement suivre la législation pour obtenir l’appelation.

Pour rappel, il faut qu’au moins 50% du coût de production soit dépensé en France, ce qui est loin de vouloir dire que 50% de la fabrication a effectivement lieu en France étant donné la différence de coût élevé de la main d’œuvre. Ici, c’est la conception, la filature et le façonnage qui sont Made in France (en Bretagne) sur un produit assez emblématique de la région: un Henley avec rayures type marinière, dont le coton a un tombé particulièrement lourd.


Les boutons en bois sont quant à eux confectionnés dans l’Est de la France et contrastent bien avec le coton.
Personnellement, je ne suis pas fan des henley, mais il faut admettre que la démarche est louable et que le rapport qualité/prix est bien là.

1 Les chemises

C’est sur des chemises en coton et lin que Paname Collections s’est appuyée : il s’agit plutôt d’un bon compromis pour une chemise d’été :
– en lin, elles froissent vite, ont un tombé hasardeux sont parfois trop épaisses
– en coton, elles n’évacuent pas assez la chaleur

L’idée est aussi de pouvoir proposer un style intéressant et une texture riche, ce qui est un exercice compliqué sur une chemise d’été : de manière générale, on n’arrive jamais à trouver de motifs et de textures vraiment intéressantes (comparé aux belles flanelles, aux denims et aux chambray habituels d’Automne et d’Hiver).

Le mélange lin/coton permet ainsi d’avoir un tissu respirant, infroissable et avec une belle tenue.

La gamme est déclinée en 3 modèles :
Riviera : col boutonné classique, avec des tissus unis simples, un joli effet chambray et une superbe tabac aux rayures bleu/blanche

Formentera : un col officier plus casual et beaucoup plus léger à porter, avec du blanc et du chiné
Il s’agit d’une excellente solution pour une tenue casual un minimum habillé, qui apporte beaucoup plus de fraîcheur qu’un col de chemise classique dont le tombé, le thermocollant et les différentes couches tiennent au final bien plus chaud qu’il n’y paraît.

Andrea : un col avec boutonnière sous patte et patte de fixation aux manches, pour vous permettre de retrousser facilement vos manches.

On retrouve enfin les chemises Dean en seersucker : gros coup de cœur pour la couleur menthe à l’eau qui est plutôt rare dans cette texture.

3 Les chinos

Paname Collections propose ici des chinos avec :
– une toile légère mais avec un minimum d’épaisseur pour durer dans le temps: 245g/m (contre 305 pour les chinos d’hiver)
– une texture twill caractéristique et un touché peau de pêche
– un biais en oxford en bas, qui n’est pas sans rappeler les ourlets selvedge.

J’avais déjà eu l’occasion de les tester ici et je les apprécie en particulier pour la coupe semi-slim plus subtilement fuselée que sur de nombreuses autres marques en prêt à porter, mais aussi pour les couleurs qu’on ne retrouve pas forcément ailleurs.

4 L’outerwear

L’outerwear (qu’on appelle aussi dans le métier pièces à manches, avec les vestes de costume) est sûrement ce qui est le plus compliqué et risqué dans une collection Printemps/Eté : les pièces demandent beaucoup d’investissement autant en terme de production en elle-même que de coûts de développement, mais elles vont aussi devenir le pilier de l’identité de la marque et doivent donc se différencier.

Proposer de bons blousons, vestes et manteaux d’été est ainsi toujours un subtil travail d’équilibriste : il faut des pièces originales, mais également qui fonctionnent bien commercialement dans une période où on en a en plus pas forcément un besoin vital.

Pour relever ce défi, Paname Collections s’appuie sur ses deux pièces fortes

Le teddy en laine bleu VBC

C’est surtout le tombé et la fluidité de la laine froide VBC qui apporte toute son originalité à ce bomber.
Ce type de tissu super 110’s bleu marine profond est utilisé normalement sur les costumes : il donne donc un côté très habillé à ce bomber qui reste très minimaliste dans les finitions.

Le Harrington chiné gris

C’est un blouson qui fait beaucoup penser aux modèles Valstar, en particulier du fait de ses poches en biais à rabat boutonnés et de ses bords côtes. Paname Collection y apporte sa touche en utilisant ici aussi un tissu de costume formel.

C’est mon modèle préféré en outerwear, et à 210 euros, c’est une alternative très sérieuse aux blousons de marques plus établies.

Le Harrington est disponible ici

II TEST DE LA CHEMISE ANDREA

Pour ce test Printemps/Eté, nous voulions une pièce représentative de la collection et une chemise en coton/lin était le parfait exemple.

1 Un tissu en coton et lin avec une rayure qui change

Vous le savez, on n’aime pas forcément parler de tendances, mais il n’aura échappé à personne que les rayures de chemises s’élargissent rapidement au fur et à mesure des étés. Cela donne des chemises pas toujours faciles à porter, pour lesquelles il devient intéressant de proposer des rayures plus légères : ici bleu ciel.

Ce motif passe aussi plutôt bien sur la texture prononcée du coton/lin.

En revanche, je me suis rapidement rendu compte après l’avoir portée quelques jours qu’elle n’allait pas forcément à toutes les carnations : je vous la déconseille si vous avez un contraste peau/cheveux fort (par exemple pâle et aux cheveux bruns).

Elle sera en revanche parfaite dans le cas contraire : on le voit bien sur les shootings de la marque réalisé sur un mannequin blond à la peau claire, et c’est la raison pour laquelle nous avons shooté la chemise sur un ami.

2 Les finitions

On se doit de mentionner les finitions très classiques que la plupart d’entre vous connaissent déjà :
– coutures anglaises et boutons cousus en Zampa di Gallina
– 7 points/cm
– hirondelles de renfort

Mais aussi des finitions plus originales:
– un col de chemise avec boutonnage invisible

Le col est bien proportionné et reste bien en place:

– une patte de serrage pour retrousser ses manches:

Elle est relativement discrète lorsqu’on porte la chemise manches longues.

Cette dernière est mine de rien très pratique, mais je ne trouve pas vraiment qu’elle soit un plus en termes de style.

D’autant plus que je préfère retrousser les manches de ma chemise jusqu’au creux du coude, et pas plus haut (je trouve que ça fait un peu trop chemisette au-dessus).

Voici donc le rendu sans utiliser cette patte de serrage, qui pour moi est bien meilleur en termes de style

Bref, c’est une appréciation très personnelle, mais cette chemise était déjà une très belle pièce d’été juste avec sa matière et son motif, sans forcément avoir besoin de rajouter ce détail.

Elle est disponible ici à partir de 84 euros.

III Conseils de style

Comme nous l’avons expliqué plus haut, cette chemise convient mieux aux contrastes peaux/cheveux faibles du fait de ses motifs. Elle s’intègrera donc plus facilement dans des tenues aux contrastes subtils.

Ici, le pantalon Ghurka que nous avons réalisé avec Blandin&Delloye a un motif pied de puce assez prononcé pour répondre à la texture travaillée de la chemise : un tissu plus lisse, comme une laine de costume classique aurait été trop habillé et crée un trop gros décalage en terme de style .

 

De la même manière, le blouson Atelier Bertrand que nous avons choisi ici est réalisé dans un cuir de chèvre velours au grain assez fin pour bien s’intégrer dans une tenue casual un peu habillée.

Enfin, nous avons opté pour une montre Start Your Engine, dont le fondateur décrit le style comme Sport Tailoring : on vous en reparle dans un test à venir.

Conclusion sur la nouvelle offre Paname Collections

On retiendra surtout chez Paname Collections l’offre généreuse de chemises coton/lin, avec des textures travaillées et une belle variété de cols (boutonnés, avec boutonnage sous patte et officiers). J’ai également été très emballé par l’offre d’outerwear, en particulier par le Harrington, qui fait facilement penser à des marques beaucoup plus prestigieuses.

Crédits:

Merci à Léa Chamboncel pour les photos, et à Mickael Colombu pour avoir posé !

Valery

Fondateur de JamaisVulgaire, j'aime le tartan blackwatch (cf ma photo), la Bretagne, le Cambodge et la boxe khmère (qui a inspiré la boxe thaï).

Enorme geek devant l'éternel, je passe aussi des heures pour vous à éplucher tous les petits blogs et forums pour vous dénicher les marques les plus improbables.

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