LE PANTALON: UN CHINO INCREVABLE MAIS ACCESSIBLE A QUI J AI FAIT VOIR DU PAYS

Tester des vêtements, c’est d’abord les porter.

Cette première phrase n’aura rien apprit à personne, mais j’insiste ici bien sur la notion de “porter”. Olivier, le fondateur de la marque, m’a fait parvenir le chino fin mai, et j’ai eu tout le loisir de le porter intensivement au Cambodge, où je lui ai bien fait voir du pays, ainsi qu’à Paris depuis mon retour.
Si les finitions sont irréprochables (mini spoil), le but était aussi de bien voir la tenue du tissu et de la couleur dans le temps.

C’est ce qu’on va voir dans cet article, après un petit récapitulatif sur ce genre de chinos casuals et aussi quelques conseils de styles.

I Le chino casual, entre le workwear et l’habillé

1 Definition et marques références

On avait rapidement évoqué trois types de chinos dans le guide de l’année dernière:
les chinos habillés: ce sont des chinos en gabardine de coton, mais avec une taille plutôt haute et surtout un pli central qui affine la silhouette et qui est purement le symbole de cet aspect business. Le tissu est plutôt léger et le rendu fluide. Je n’ai toujours pas trouvé de meilleur exemple que cette photo oldschool Les Chats Perchés

chino-habille

Les chinos habillés de chez Gant Rugger

le chino workwear: taille plus basse et surtout coton beaucoup plus épais, qui va s’user et se patiner de la même manière qu’un jean. On retrouvera d’ailleurs la même trame selvedge.
Les marques qui en proposent sont un peu plus confidentielles, mais on compte notamment Left Field, Epaulet ou No Nationality 07.
Sans le pli central fait pour affiner, la coupe est naturellement plus serrée aux cuisses et à la cheville

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Les chinos bien bourrins de chez Left Field, qui se délavent comme un jean

le chino casual: entre les deux, avec une coupe slim aux cuisses et à la cheville. La matière est faite pour durer mais sans pour autant être ultra lourde. Il s’agit de l’écrasante majorité des chinos, de Homecore à Uniqlo, en passant par Norse Projects, Dockers ou J.Crew.

Le Pantalon fait justement parti de cette dernière catégorie.

2 Conseils de style

C’est le type de chino le plus passe-partout qui peut convenir aussi bien au formel comme au casual.

@jcrew-joue-ici-sur-les-matières-avec-une-belle-chemise-en-chambray-un-peu-chiné-le-bas-est-ultra-basique-et-monochrome-et-le-contraste-se-fait-entre-la-gabardine-de-coton-et-le-cuir-s

Un camaïeu de couleurs bien maîtrisé par J.Crew, qui marque tout de même une rupture entre la chemise et le chino grâce à la ceinture. Des-derbys-suédées-bleu-marine-avec-bout-chasse-et-semelle-constrastante-une-réinterprétation-originale-des-bucks-par-@gordonrush

Une couleur plus marquée ici, qui fait bien écho à la semelle très vive des buck shoes, mais qui reste assez sobre pour calmer les chaussettes et les chaussures

Une-belle-tenue-printannière-avec-une-chemise-à-motifs-de-caractère-bien-calmée-par-un-chino-beige.-La-ceinture-tressée-et-les-chaussures-bateau-saccordent-bien.-Par-@1985yuki

Beaucoup de beige et de marron ici, qu’on arrive à faire varier avec les textures et les types de pièces.
Photo de @thepacman82, avec chino J.crew, chemise Lands’end Clothing, bracelet et ceinture Caputo and Co, Chaussures Rancourt

Contre exemples

Difficile de se tromper, à moins d’essayer de le faire passer dans une tenue ultra formelle. La matière de ce genre de chino bruisse beaucoup et sera rarement impeccablement lisse: ça fera donc forcément tâche portée avec une chemise impeccablement repassée en popeline de coton blanche et une paire de richelieu noires.

Il faut vraiment le faire pour mal porter un chino, je suis donc vraiment aller chercher des poux dans les tenues suivantes:

chino-conseils-style-1 chino-conseils-style-2

Ces deux tenues montrent un chino impeccablement repassé, qui essaie de bien s’intégrer à des tenues formelles. Je trouve le résultat non pas raté mais plutôt médiocre, car le rendu obtenu sur le chino est fade (surtout sur la deuxième photo).

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II Test du Pantalon

1 Histoire de la marque

Le Pantalon fait parti de cette nouvelle vague de marques qui cherche à réduire au maximum le nombre d’intermédiaires de manière à proposer le meilleur rapport qualité/prix possible.
Et bizarrement, la démarche ne se voit pas en premier dans le produit mais plutôt dans le site Internet que le créateur de la marque, Olivier, a réalisé lui-même. Il est clean et ultra minimaliste et les shoots sont simples (sur une couleur de fond plus original que d’habitude) avec des tenues basiques.

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Bon produit, bon prix et offre claire: la recette fonctionne bien puisque quelques 500 pantalons partent au lancement en Septembre 2014 et 600 se sont écoulés sur le site Comme Un Camion en Mars 2015.

2 Qualité

La coupe

Sans fioritures, c’est un semi-slim classique qui ira à la plupart des morphologies. L’ouverture à la cheville est de 18 cm et on peut le porter normalement ou taille basse (grâce à la double patte de boutonnage).

Ca taille comment ?

J’ai pris une taille 36 (je fais du 27 en APC). Il semblerait par contre que la coupe de la nouvelle collection soit légèrement plus serrée. Pas d’inquiétude: la marque accepte les retours.

La matière

J’ai eu jusqu’à présent des chinos en gabardine de coton, en velours côtelé. Mais pas encore de chino en twill de coton, en tout cas pas un twill de coton haut de gamme et italien aussi doux. La proportion coton/élasthane est idéale: 97/3%. Le chino était très légèrement serré à la réception et s’est détendu en à peine quelques ports (et ça se sent tout de suite au niveau du confort).

Le coton a en tout cas parfaitement tenu un climat un peu extrême (environ 40 au soleil) et s’est révélé même dans ces circonstances agréable à porter.

On peut au premier abord se poser la question des saisons: pourquoi a t’on les mêmes modèles en hiver et en été ? Et bien car ici la matière est vraiment bien assez polyvalente pour s’adapter aux deux: je n’ai eu aucun souci en le portant au pire de la saison sèche Cambodgienne en plein soleil, et il m’a tenu chaud dans les 15 degrés glaciaux des endroits les plus climatisés de Phnom Penh.
Certes, c’est loin du -5 mais ça reste plutôt bon signe (et au pire, ça passe largement avec des collants).
L’autre question était la tenue de la couleur au fur et à mesure des nombreux lavages et d’un vieillissement volontairement accéléré (je l’ai porté au Cambodge au moins un jour sur trois): le bilan est très satisfaisant. Le chino a légèrement patiné.

Evidemment, on en est pas au résultat que les puristes sur Styleforum peuvent obtenir avec des chinos workear comme Left Field (visible ci-dessous):

le-pantalon-test-chino-homme-usure-left-field

Toujours est-il que la patine rend étonnamment bien pour un chino de cette gamme de prix et un tissu de cette épaisseur. Ce n’est pas vraiment le but de ce style mais c’est tout de même un bon point sur la résistance de la matière.

Les finitions

Les poches

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L’usure se voit d’ailleurs d’abord sur les poches passepoilées et boutonnées (forcément, c’est là qu’on s’asseoit). Le Pantalon a choisit les boutons idéals pour bien les mettre en valeur

La double boutonnière

Je n’en ai rarement (en fait JAMAIS) vue dans cette gamme de prix: c’est idéal pour consolider la fermeture, et encore plus pour fermer votre chino lorsque celui-ci est légèrement trop serré (à la réception).  Je pourrais aussi vous dire la même chose pour le V d’aisance (qui est bien renforcé par un point d’arrêt).

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le-pantalon-test-chino-homme-double-boutonnage
La doublure

Tout ce qui se passe à l’intérieur de ce pantalon est ultra soigné, et c’est surtout vrai pour la doublure en 100% coton avec un joli motif Liberty à la taille. Les poches ne sont pas en reste: si on apprécie leur rendu un peu chambray, c’est surtout leur solidité qui fait plaisir (rien de plus désagréable que de se rendre compte que sa poche s’est trouée alors qu’on y a mit toute sa vie).  On retrouve aussi ce tissu sur les coutures gansées des finitions

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3 Style proposé

Avec ce genre de chino casual, je préfère un port décontracté et qui passe donc par un léger ourlet (quoique, pas si léger que ça sur cette photo).
Le pantalon a déjà bien patiné: son rendu est déjà moins uniforme qu’aux premiers ports: il fallait donc des textures un peu travaillées pour l’accompagner.

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Les premières traces de patine du chino. 

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Rien de spécial en haut cependant: j’ai opté pour une chemise premium Hast (dont le test arrive ce week-end) en popeline de coton. Elle est par contre bleu ciel et portée manches retroussées, ce qui casse déjà un peu le côté formel de la matière.

le-pantalon-test-chino-homme-poches

le-pantalon-test-chino-homme-ourlet

Gros ourlet et jeu de matiere idéal quand il fait 20-25 (au delà, prendre des chaussettes plus fines quand même) 

Pour accompagner le chino: une ceinture tressée Atelier Particulier en laine sapin (légère faute de goût de ma part ici puisque ce n’est en fait pas une ceinture d’été, même si elle est tressée, mais ça reste entre nous), qui rappelle les chaussettes Uniqlo en coton pima de la même couleur, avec une texture bien affirmée.
Les empiècements en cuir de la ceinture s’accordent quant à eux bien avec les Richelieu Jacques et Demeter (test prévu semaine prochaine !).

Le but était ici de souligner le caractère du pantalon avec les textures et la couleur de la ceinture et des chaussettes, et aussi grâce aux perforations et à la semelle des Richelieu.

Conclusion

Vous vous souvenez de cet article sur la nouvelle notation ?

Il était temps de la mettre en oeuvre 🙂 (un joli tableau arrivera pour les prochains tests)

Note formelle: 7/10 (évitez les tenues trop lisses)
Note casual: 8/10 (ça reste moins casual qu’un jean complètement délavé)
Prise de risque: 0/10
Univers: Casual chic

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