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Cotton Society x JamaisVulgaire: la chemise col une pièce à la française

Ce sont des petits détails qui font tout l’intérêt d’une tenue (surtout habillée): les connaisseurs comme vous les identifieront clairement dès le premier coup d’oeil, mais les non-initiés sauront inconsciemment également les apprécier.
Je pense ainsi en particulier à:
– un col chemise une pièce avec là encore un beau roulé
– des pantalons habillés dont les pinces tombent bien
– une cravate avec une belle goutte

On vous a déjà proposé des cravates et des pantalons à pinces, mais pas encore de chemises avec col une pièce

Ce sont ces dernières, que je vais vous présenter aujourd’hui à travers notre nouvelle collaboration avec la marque Cotton Society, disponible en pré-commande jusqu’au 11/12 pour une livraison courant Janvier.

Rappel: qu’est ce qu’une chemise col une pièce (et pourquoi ça devrait vous intéresser ?)

Comme son nom l’indique, la chemise col une pièce est réalisée en une seule pièce de tissu: il n’y a ainsi pas de couture entre le pied de col (la base du col) et le col.
En fait, le col n’est ici plus une pièce séparée: le pied de col et les rabats font complètement partis de la chemise et sont une prolongation directe de celle-ci.

Qu’est ce que ça change pour vous ?

Le tissu, qui n’est plus qu’en une seule pièce, aura un roulé beaucoup plus harmonieux et doux qu’avec une couture: c’est le genre d’effet qui peut rendre même une chemise en popeline ou en oxford très basique beaucoup plus intéressante à porter en tant que telle dans un cadre décontracté.


C’est donc une finition également très intéressante au Printemps/Ete, où la chemise doit pouvoir en elle-même se différencier.


Cet effet rend également la chemise bien plus agréable à porter car le pied de col sera moins en contact avec la peau lorsque la chemise est portée col ouvert.

I Le problème des chemises col une pièce

Quand j’ai vu pour la première fois sur Instagram un col une pièce, il y a 4 ans, je n’ai pu m’empêcher de remarquer le roulé exceptionnel qu’il donnait à une chemise.
Seul souci: c’était seulement du très haut de gamme italien, ou du bespoke hong-kongais.

Deux ans plus tard, j’ai pu tester les modèles prêt-à-porter de la marque singapourienne Yeossal, qui avaient encore pour moi trois défauts:
– ils étaient un peu trop hauts
– pas de bouton en haut donc compliqué à porter avec une cravate
– on doit payer des frais de douane

J’ai donc voulu proposer en France une nouvelle offre, avec à la fois un prix accessible, un col facile à porter et un rapport qualité/prix imbattable.

1 Des enseignes haut-de-gamme trop chères

A l’origine, le col une pièce est porté dans les années 40/50 par des célébrités comme Gary Cooper, qui se fournit alors chez des chemisiers italiens haut-de-gamme comme Marol, dont l’offre démarre à 300€. D’autres marques vont ensuite reprendre cette finition: G.Inglese, Eidos Napoli ou encore les norvégiens de chez Berg&Berg.

En France, on en trouve chez Howard’s entre 169 et 189€, déjà moins cher mais tout de même un bon budget. En mesure, on peut en trouver sous l’appellation « col Danton » chez Danielle Lévy, Courtot ou encore Swann&Oscar. Là encore, le budget est assez conséquent.

2 Des marques accessibles trop éloignées: frais de douane et empreinte carbone

C’est chez Yeossal que j’ai au départ trouvé mon bonheur: cette marque singapourienne, ainsi que son concurrent direct Collaro, proposent quant à elles un panel de chemises qui pour les tissus les plus entrée-de-gamme s’obtiennent aux alentours des 120€.
Le souci de ces marques, c’est:
les frais de douane non négligeables qui viendront s’ajouter à votre commande
l’impact carbone d’une chemise avec du tissu européen confectionnée à Singapour qui revient ensuite en Europe

3 Un col trop haut et trop difficile à porter

Au-delà de ces considérations, c’est aussi et surtout la forme de ces cols qui ne convient pas à tout le monde: il s’agit de cols très hauts et très imposants, qui n’iront pas aux cous courts, et à ceux un peu trop fins comme le miens.

L’absence de dernier bouton rend d’ailleurs impossible le port de la cravate, pas idéal donc niveau polyvalence
Bref, ce problème de proportion en fait une finition perçue comme trop sartoriale, nichée et pointue.

L’idée étant de rendre cette finition plus facile à porter:
– en termes de morphologie
– et aussi de polyvalence

Voici comment nous nous y sommes pris.

II Notre vision du col une pièce

1 Un col plus bas avec un bouton

Le souci des cols une pièce que j’ai trouvé jusqu’à présent sur le marché, c’est qu’ils sont trop hauts et qu’ils avalent pratiquement le cou (ce n’est pas un hasard si Yeossal les appelle Swallow). Certes, cela mets davantage en valeur le roulé, mais cela ne convient qu’aux cous plutôt longs et cela exclut le port de la cravate.

Fabrice a donc réfléchit à un col une pièce plus polyvalent, inspiré du col parfait icônique de la marque: une version cutaway, plus basse, mais qui laisse largement le roulé et l’originalité de la construction s’exprimer.

Contrairement à d’autres marques, Cotton Society utilise pour son col une triplure d’excellente qualité: le col n’a donc pas besoin d’être attaché par des pattes de boutonnage cachées (notamment celui de Yeossal)
Vous pourrez donc le porter deux boutons ouverts en été sans crainte.

Une construction optimisée

Notre col une pièce est dotée d’une banane de renfort.

Cette banane de renfort est doublée d’un renfort à l’arrière, qui donne plus de structure à l’ensemble et facilite le repassage.

Cette construction est différente des cols roulés plus artisanaux, mais garantit une qualité de roulé plus régulière, et permet une consommation matière moindre. C’est le procédé ingénieux que Fabrice a utilisé pour pouvoir fabriquer le col une pièce à plus grande échelle, avec une qualité constante, à un coût inférieur au reste du marché tout en conservant ce roulé caractéristique.

2 Un col cutaway ouvert

Là où la plupart des cols une pièce ont une ouverture assez restreinte, qui fait penser à un col français, nous avons plutôt choisi un col semi-cutaway, très ouvert.
Il facilite largement le port de la cravate, même si vous aimez les noeuds très imposants

3 Deux tissus polyvalents

a L’oxford de chez Sidogras

Pour l’oxford, nous avons choisi un mélange 97% coton et 3% élasthane: certains oxfords peuvent en effet être un poil rigide, ce qui n’est pas forcément agréable au contact de la peau, et pour les mouvements. Les 3% d’élasthane apportent un peu d’aisance et de confort à l’ensemble.

Nous avons choisi un poids de 158g/m2: assez pour apporter de la tenue à votre chemise, mais pas trop lourd pour le rendre portable également en été et mettre son joli col en valeur.
N’oubliez pas que l’oxford est un tissu idéal pour l’été

Ici, l’oxford vient de chez Sidogras: il s’agit du leader espagnol de la fabrication de tissus pour chemises, situé à Barcelone. Son point fort, c’est son système de production verticalisé qui assure à la fois filage, tissage et finition et donc une maîtrise des coûts et de la qualité.

Au-delà de cette production optimisée, ses tissus sont tous certifiés GOTS (Global Organic Textile Standard, qui garantit une production écologique et socialement responsable) et possèdent le label Oeko-Tex® Standard 100 (pas de substance nocive dans le tissu).
Enfin Sidogras appartient à la Better Cotton Initiative (l’équivalent du Leather Working Group mais pour le coton).

b Le denim de chez Bassetti

Pour cette chemise, nous avons choisi un denim léger: 4.5 oz avec 98% coton et 2% élasthane (pour plus d’aisance et de confort) de chez la filature italienne confidentielle Carlo Bassetti, crée en 1875 à Gallarate.
Cette filature assez peu connue et familiale (90 employés) fournit tout de même des marques de luxe prestigieuse comme Dior ou Jacquemus.
Elle enfin également certifiée Gots, Oeko-Tex et BCI.

3 Une coupe ajustée classique

Pas de surprise de ce côté là: la coupe de la chemise est ajustée, sans pinces à l’arrière pour un rendu plus minimaliste.

III Le savoir-faire Cotton Society

Pour réaliser une collaboration sur ce col une pièce, à un prix le plus accessible possible, Cotton Society me semblait la marque la plus pertinente.
Voici pour rappel ce qui la distingue des autres:
– un savoir-faire chemisier issu des grands noms de la mesure: Fabrice a su rassembler autour de lui des anciens chefs d’atelier de la grande mesure Lanvin et de chez Charvet pour transposer ce savoir-faire à une demi-mesure accessible produite au départ en Chine, et maintenant en Europe
– des finitions increvables:
– un excellent rapport qualité/prix

Comme nous vous l’expliquions dans un article précédent, Cotton Society produit désormais en Europe de l’Est, dans un tout nouvel atelier dans lequel Fabrice a pu transférer tous les savoirs-faire de son ancien atelier chinois.
Le circuit de production est donc bien plus court avec des chemises fabriquées en Europe, à partir de tissu européens et livrées en Europe.

1 Les finitions

Les boutons

Fabrice a récemment renouvelé les boutons des chemises Cotton Society en s’inspirant d’une chemise vintage pour proposer un format qu’on ne fait plus aujourd’hui: ils sont bombés au dos et s’insèrent plus facilement dans la boutonnière pour un boutonnage plus efficace et rapide.

Sur le dessus, le bouton présente une forme de cuvette qui expose beaucoup moins les fils et protège la couture en croix lors du lavage, par rapport à des boutons classiques.

2 Qualité de la triplure

Les boutonnières ultra-rigides sont une marque de fabrique de Cotton Society: ce sont les chemises sur lesquelles j’ai le plus de mal à fermer mes boutons.

Pour assurer cette rigidité et cette durabilité, ces boutonnières sont triplées avec une triplure française du groupe Lainière de Picardie.

Vu qu’il n’y a pas de rupture entre la boutonnière et le col, c’est cette même triplure qui est utilisée aussi pour la bonne tenue du col: il s’agit du seul col une pièce, à un budget aussi accessible, à utiliser une triplure fabriquée en France.

J’en profite pour vous parler du repassage spécifique de ce col une pièce: repassez le col et les boutonnières d’une traite, et ne marquez surtout pas le pli du col.

IV Conseils de style

1 Tenue Ivy League, avec cravate

Cette tenue typiquement Ivy League est surtout là pour vous montrer que le col se porte sans soucis avec une cravate, avec ici un noeud double Four-In-Hand tout ce qu’il y a de plus classique.

Je porte avec cette chemise:
– un costume en velours côtelé Hast Paris
– un cardigan laine/cachemire Paris Yorker x JamaisVulgaire
– une cravate vintage
– des mocassins Carmina

2 Tenue décontractée, avec blouson en cuir

Le col une pièce s’exprime vraiment bien lorsqu’il est porté avec un blouson col chemise souple, comme c’est le cas avec ce blouson en cuir de chèvre.

Je porte avec cette chemise:
– un blouson en cuir Atelier Bertrand
– un pantalon Aspen Clothing
– des mocassins Morjas
– des chaussettes vanisées Maison Baylé

3 Tenue sartoriale, avec une veste au roulé prononcé

Ici, il s’agissait de combiner le roulé du col de chemise avec une veste deux boutons au dessin de revers soigné qui permet un roulé prononcé. Bref, il s’agit ici de se rapprocher de la subtilité et de la pureté des finitions qu’on peut voir chez les tailleurs hong-kongais et coréens, mais avec des pièces (beaucoup) plus accessibles.

Je porte ici la chemise denim une pièce avec:
– une veste de notre ancienne collaboration avec d’Avenza
– un pantalon en flanelle Aspen Clothing
– des penny loafers Boston de chez Crockett&Jones
– des mi-bas en laine Wicket

4 Une tenue workwear, avec des finitions plus utilitaires

Une chemise en denim sera forcément un bon fit dans une tenue un peu workwear: ici, le col une pièce s’accorde bien avec les poches de la Jungle Jacket, très géométrique. Le cargo s’inscrit aussi bien dans ce registre utilitaire, avec une flanelle de laine plus sobre pour ne pas encombrer trop la tenue.
Les brogue boots en cuir grainé complètent bien l’ensemble et sont idéales avec l’extrêmité élastiquée du pantalon.

Je porte ici la chemise denim une pièce avec:
– une Jungle Jacket Yeossal
– un pantalon cargo réalisé en collaboration avec Clotilde Ranno, bientôt disponible
– des brogue boots Islay de chez Crockett&Jones

Conclusion

Vous l’aurez compris, l’idée de cette collaboration est de démocratiser le col une pièce, pas seulement au niveau du prix mais aussi en termes de styles et de proportions: l’idée est d’en faire un détail remarqué de votre tenue, qui ne fasse pas too much pour autant et qui soit facile à assumer même dans un style plus casual, si vous n’êtes pas un sartorialiste chevronné.

Nous espérons que cette interprétation plus polyvalente, facile à porter et au rapport qualité/prix imbattable (aucune autre chemise col une pièce à moins de 150€ n’intègre par exemple ce genre de triplure made in France)

Les chemises col une pièce en collaboration avec Cotton Society sont disponibles ici à 110€ en oxford et en denim jusqu’au 4 Décembre pour une livraison en Janvier.

Valery
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