Le sur-mesure en Asie: mes chaussures de créateur à 30 dollars.

Me voilà installé depuis fin Novembre à Phnom Penh, la capitale du Cambodge. Si les opportunités et le savoir-faire ne sont probablement pas comparables à ce qu’on peut trouver à Bangkok en matière de tailleurs, j’ai voulu tester les compétences locales.

Vu qu’il fait régulièrement entre 25 et 30 et que je n’avais pas emmené avec moi de chaussures d’été, c’est là dessus que je me dirige.

Après avoir épluché quelques lookbooks Printemps/Ete 2013, j’opte pour cette paire de chaussures Melinda Gloss.

Le but n’est bien sûr pas de m’en faire une copie parfaite à 1/10è du prix mais plutôt de m’inspirer de ce que cette paire a de réussi : un contraste de couleur, une forme et une construction des empiècements qui m’ont beaucoup plu. Elles sont aussi assez malléables pour êtres portées facilement avec ce que je possède comme chinos (pourpre, vert et rouge).

C’est chez le cordonnier auquel se rendent la plupart des expatriés de Phnom Penh que je choisis de les faire : Beautiful Shoes. C’est avec une certaine perplexité, pour ne pas dire méfiance, que je me rends dans une enseigne avec un nom pareil.
Anecdote assez drôle : elle est au milieu de deux autres boutiques qui font exactement la même chose mais auxquelles personne ne va jamais.

Sélection des matières et instructions

En bon expat’ pessimiste, je m’attendais à devoir donner de longues et minutieuses instructions pour être sûr d’avoir ce que je voulais. Ca n’a au final pas été nécessaire car tout est fait pour que nos attentes soit transmises le plus fidèlement et rapidement possible.

Je choisis à mon arrivée les deux cuirs qui constitueront la chaussure : un cuir marron clair et un cuir suédé bleu clair (qui remplace le denim de la chaussure originale que la boutique n’a pas). Je n’ai pas pu prendre de photo à ce moment là, donc voici un plan des matières directement sur le résultat :

 

A partir de la photo que je lui montre sur mon smartphone, le vendeur me dessine un schéma un peu grossier mais au final assez fidèle des coutures de la chaussure. Et il termine par prendre une photo de la photo de mon smartphone (ce qui lui donne une photo avec le même niveau de détails et donc une base de travail suffisante).

La facture ? 30$.

L’enseigne propose pour une quinzaine de dollars de plus des semelles en cuir, mais je préfère pour un premier test en rester aux semelles en plastique bien cheap (et blanches).

Rappelez-vous : on ne vient pas en s’attendant à de la qualité mais plutôt pour juger de leur aptitude à bien reproduire le design demandé.

Afin d’être certain que la forme soit réussi, je leur laisse une paire de derby Florian Denicourt qui me va parfaitement. Ca reste encore la meilleure solution pour le sur-mesure local car on peut facilement se retrouver avec un bout soit trop pointu, soit trop plat ou alors une chaussure carrément trop large. Et c’est encore plus vrai si on ne leur fournit qu’une simple photo.

J’ai d’ailleurs remarqué en prenant cette photo que le cordonnier avait prit la bonne initiative d’ajuster les dimensions de l’empeigne contrastante sur celles des Denicourt.  Les lacets blancs sont ceux des Denicourt: le cordonnier avait fournit par défaut des lacets marrons assortis au cuir qu’on peut voir à gauche.

 

21 jours plus tard : mes chaussures sur-mesure sont prêtes

 

Une bonne surprise : je récupère et paie la paire après un essai rapide. Le résultat est esthétiquement convaincant : le contraste de couleurs est très fidèle à l’original. Le dessin des coutures est lui aussi conforme, et les finitions (par exemples les petites franges au bout sur l’empeigne) ont été, un peu grossièrement, reproduites.

On voit par contre bien sur cette photo que la qualité des coutures n’a rien à voir: les points de couture sont beaucoup moins nombreux sur la reproduction, et le fil blanc utilisé donne un contraste plutôt cheap (qui ne se voit heureusement que de près).

Niveau qualité, pas de surprises : la semelle est thermocollée. Vu qu’elle est en plastique, elle a au moins le mérite d’être confortable (il n’y avait pas d’autre moyen d’avoir une semelle blanche). Les grains des cuirs sont grossiers, et leur toucher pas très agréable.

Mais n’oublions pas une chose : on a payé ces chaussures sur-mesure (aussi bien au niveau du design que des dimensions) 30 dollars, soit 23 euros, pas bien cher pour une chaussure homme .

Conclusion

Un bon plan donc si vous êtes à la recherche d’une reproduction esthétiquement fidèle, voire si vous voulez vous aventurer à créer vos propres designs. Passez votre chemin par contre pour de la vraie qualité : le cuir laisse à désirer et le montage thermocollé ne laisse pas présager plus d’une petite année d’existence.

Deux choses à retenir: le résultat a été bon du premier coup au niveau de la taille, et c’est en grande partie car j’ai ramené les derbys Denicourt (des amis ont dû faire plusieurs réajustements).

J’aurais aussi pu rajouter un degré de personnalisation supplémentaire en demandant des coutures marrons et pas blanches (comme sur l’original d’ailleurs) afin d’éviter qu’elles ressortent trop (surtout qu’elles sont ici plutôt grossières).

Enfin, on remarquera que j’ai oublié une chose: l’originale avait la tige et la languette en cuir et l’empeigne en denim alors que sur mon modèle l’empeigne et la languette sont toutes deux en cuir suédés.

Rendez-vous en fin de semaine pour le second article de cette série, qui tapera cette fois dans le haut du panier du sur-mesure cambodgien avec des chemises sur-mesure à 75 dollars.

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