DE MELINDA GLOSS AUX EDITIONS MR: INTERVIEW DE MATHIEU DE MENONVILLE (TEST DU TRENCH ET DE LA CHEMISE)

Disclaimer: l’interview a été réalisée par Edouard (un nouveau contributeur sur JamaisVulgaire). C’est aussi lui qui porte les vêtements de test.
L’interview et le test sont assez longs (4300 mots): mais si vous pensiez déjà bien connaître Melinda Gloss et Editions M.R, je vous conseille quand même une lecteur approfondie.
Alors que je suis moi-même la marque depuis 2009, j’ai tout de même appris énormément. 

2008, premier chapitre de l’aventure pour deux amis, Rémi de Laquintane et Mathieu de Ménonville, avec la création de Melinda Gloss.
2016, nouvel âge, même philosophie, changement de nom : Editions MR est né.
Mathieu a bien voulu nous consacrer du temps pour nous faire partager son expérience et son état d’esprit au cours d’un entretien fleuve.

I INTERVIEW DE MATHIEU DE MENONVILLE: DE MELINDA GLOSS AUX EDITIONS MR (PAR EDOUARD)

LES ORIGINES D’EDITION MR

Editions MR, à l’origine ?

Nous sommes deux potes à la base, on s’est rencontrés grâce à des amis communs. Mais nous nous sommes rendus que cela remontait à plus loin, car nos grand-mères se connaissaient très bien et partageaient une passion des chevaux (qui sera d’ailleurs le thème de notre prochaine collection)

Quelles étaient les origines de vos familles respectives ?

Mon grand-père a une maison de Cognac. Et comme le Cognac et l’Aquitaine ne sont jamais très loin !…
La famille de Rémi vient de Bordeaux. Elles partageaient dans cette région une passion pour l’équitation, ce que nous ne savions pas. On s’est rencontrés par d’autres copains quand nous étions adolescents, à Paris. J’étais parisien et Rémi lui de Bordeaux mais est arrivé à Paris très vite.
En racontant à ma grand-mère que j’avais monté une boité avec Rémi de Laquintane c’est elle qui m’a appris qu’elle connaissait sa famille.

Vous avez donc repris le flambeau des générations précédentes ?

Rémi et moi avons tissé des liens très rapidement. Nous faisions nos études jamais en même temps mais assez similaire. Rémi a étudié l’évolution du pentecôtisme en Ethiopie et moi j’étudiais la philosophie nietzschéenne. Et puis à un moment nous devions nous retrouver pour poursuivre nos études à New York. J’avais décidé de faire un break à Shanghai. D’ailleurs pour rejoindre un pote, Maxime qui fait du cognac, qui était un Shanghai, déjà une histoire d’amitié ! Je le rejoins pour 6 mois, je me ballade un peu en Asie, Rémi nous rejoint pour les vacances.
Et là nous commençons à prendre conscience qu’il fallait que la philo reste une passion, que nous pouvions en faire en dehors du cadre universitaire et que de toute façon on n’a jamais voulu être prof de philo. On a toujours aimé les fringues et l’idée Melinda Gloss est sorti !
Tous les gens quand ils racontent leur début, leur histoire, ils avaient tout en tête, bien prévu, les moodboards carrés… Ce n’est jamais comme ça il faut l’avouer ! Et nous encore moins. C’était totalement naïf, sans la moindre idée des difficultés de ce qui nous attendaient ! Nous avons décidé d’y aller à fond ! Donc nous nous sommes lancés.

LES DEBUTS DE MELINDA GLOSS

A ce moment vous arrêtez vos études ?

Oui, nous avons tout lâché. On arrête nos études de philosophie et nous gardons nos admissions aux universités américaines.
Nous avons bricolé pour le financement de départ. Puis nous avons commencé à travailler l’ADN de la marque, ce qu’on voulait en faire ce qu’on avait à dire.
Nous avions une sensibilité aux matières, au style. Nous nous faisions toujours tailler de jolis costumes sur-mesure, en allant chercher de jolis produits à droite à gauche.

Dès le début de votre amitié, vous prêtiez énormément d’attention à votre style avec une proposition déjà très affirmée ?

Dès le lycée on faisait attention au style, cela a toujours été là mais nous ne pensions pas en faire notre métier.
Chacun avait son style, Rémi le sien et moi le mien. Moi finalement j’étais beaucoup plus exubérant mais c’était pas du tout des trucs de mode, il m’est arrivé d’aller en trois pièces à la plage parce que c’était marrant ! Juste pour le décalage.

C’était surtout une sensibilité aux matières et non pas aux tendances du moment. Nous ne connaissions assez peu les marques finalement. C’était plutôt une question de style.

Est-ce que ce ne serait pas un avantage au moment de lancer sa propre marque ? ne pas être tenté de reproduire les codes d’une autre, l’image idéale, même sans s’en rendre compte ?

Oui, car tu risques d’être absorbé par une influence qui est trop proche par rapport à ce que tu fais. En plus nos références, dans notre imaginaire, ce que nous avions en tête étaient plutôt des icônes : Hemingway en voyage, Gainsbourg…

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Le style nonchalant d’Ernest Hemingway

CHANGER LA VISION DE LA CULTURE FRANCAISE

Des images de pères putatifs ? de gestes, de mouvements ?

Oui. D’attitude, de geste. Une manière d’être. C’est ce qui fait le lien, d’une certaine manière, entre la philosophie et les fringues : une manière d’être, quelque part une manière de vivre. Nous cherchions à le refléter dans la marque !

En étant à Shanghai, nous voyions la France de l’extérieur. En étant à l’étranger tu deviens très français, tu aimes le camembert, l’art de vivre à la française. C’était un Shanghai très dynamique, avec des marques françaises très présente, surtout dans le luxe. Quand on voyait l’image de la France au travers des marques de luxe, nous ne pouvions nous reconnaître, c’était hyper bling bling et pour nous, français, cette image renvoyée aux Chinois par les images de marque de luxe était à mille lieux de la réalité.

Nous voulions proposer la vision réelle du savoir-être français, pas une caricature qui n’existe pas, « hyper cher ». Tout est parti du projet d’un véritable lifestyle français, un projet qui se fasse écho du mode de vie réelle à la française, pas forcé, juste celui de notre génération, des gens qui ne s’habillent pas sur les Champs Elysées, avec des prix qui ne sont pas cela.
Nous sommes très français dans ce qu’on est, dans notre manière d’être ! On aime le vin, le cognac, les bons produits, les belles matières, les beaux vêtements mais pas du tout à la manière des marques de luxe, on aime la littérature. Mais les ateliers d’écriture des marques ce n’est pas notre truc ! Tout cela manque de vérité, aucun français ne se retrouve là-dedans. Tout le côté culture française, Rémi et moi par la philo et par nos intérêts, est un truc clé pour nous ! l’architecture, la photographie, tout ce cette dimension nous intéressait énormément, d’où notre volonté de se le réapproprier et de recomposer un bout de France !

Se réapproprier la culture française, dans toutes ses dimensions de style et de culture, recomposer un bout de France voilà le début de notre aventure à Shanghai, sans étude de marché. Nous voulions le positionner de manière que nous puissions acheter nos produits, se mettre dans les brèches en composant ainsi la marque, quitte à renoncer à certaines matières dingues mais hors de prix.

Vous étiez déjà rentré en France à ce moment ?

Nous avons travaillé sur le projet de marque depuis Shanghai, toute la première collection, on a fait le premiers protos en Chine. Sauf qu’il fallait revenir de plus en plus pour assurer une production en Europe. On adorait Shanghai mais on a dû se résoudre à rentrer.
Nous sommes rentrés en France car on avait envie d’une fabrication de proximité !

Finalement vous avez fait le parcours inverse de certaine marque : installés à Shanghai, vous rentrez en France pour produire en Europe ?

L’énergie entrepreneuriale elle est venue de Shanghai, là où à Paris l’esprit était un peu plus conservateur. La vie à Shanghai était particulièrement intense, nous étions très jeunes avec l’énergie qui venait avec et nous avons fait le choix de rentrer et de présenter notre première collection au Tranoï en 2009, pour avoir les premiers clients. Avec cette collection très vite, nous nous sommes dit que nous voulions permettre de faire découvrir l’essence de la marque, l’intégralité de son vestiaire et pas un bout de collection. De là est né l’appartement store, rue du Bouloi à la rentrée 2009.

La métamorphose de Shanghai en 20 ans: une dynamique qui donne envie d’entreprendre

Dès le début vous faites le choix d’avoir des pièces fortes ?

La collection s’est élargie avec l’idée de ne pas faire des choses trop basiques tout en gardant une ligne « portable » avec des essentiels et des pièces plus marquées mais cela était beaucoup plus réduit qu’aujourd’hui en nombre de référence. Mais il ne faut pas se mentir, ça prend du temps de se construire, de construire le bon vestiaire !

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Des pièces fortes et déstructurées avec des couleurs fortes et des matières originales, c’est l’une des grosses signatures d’Editions MR

Vous vous êtes en priorité adressés à des distributeurs ou des clients ?

Nous avons proposé une collection juste au Tranoï que nous portions en même temps. Nos amis ont commencé a accroché, à nous dire qu’ils adoraient nos proto. Surtout qu’à l’époque, en dehors d’APC, il n’y avait pas de proposition pour le vestiaire homme. De là est né l’appartement store.

Quels sont les retours à ce moment ?

Attention, il ne faut pas croire que soudainement tout a explosé. Il s’est passé quelque chose, des premiers clients à travers le monde, mais on continuait de se poser la question de comment financer la prod ! A notre échelle, un an c’est hyper long. Il ne faut pas croire que tout se fait d’un coup. Ce n’est jamais vrai.

Vous vous mettez immédiatement au travail pour un seconde collection ? pas d’angoisse de la page blanche ?

Nous avions un an à faire la première, mais là tout de suite on avait 3 semaines pour faire la deuxième. On avait tellement de chose à dire : il y avait mille portes ! tellement de champs que nous rêvions d’explorer, c’était le début ! c’était l’été, on venait de faire l’hiver. Concrètement c’était plus là où était l’angoisse, comment tenir, comment gérer la prod, les ateliers qui nous plantent, comment se financer, gérer les ruptures…

LA COLLABORATION ENTRE MATTHIEU ET REMI

Et la répartition des tâches entre Rémi et toi ?

Elle s’est faite progressivement, de manière assez organique. Rémi s’occupe de collection, développement des produits. Je m’occupe de l’aspect business développement de la marque, la communication, l’identité. Ensuite tout ce qui est collection dans les grandes décisions, communication dans les grandes décisions, ouverture des boutiques, tout ce qui est important, vraiment décisionnel est partagé. Tout ce qui est à exécuter, on le gère de notre côté puis on partage.

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Rémi et Mathieu, les fondateurs de la marque

Vous arrivez à continuer à partir en vacances sans parler boulot ?

Nous avons les mêmes potes, nos femmes s’entendent très bien, quand on part en vacances c’est ensemble ! Mais quand on se voit c’est avec d’autres mondes, donc nous sommes en dans un autre contexte. Nous avons réussi à structurer le tout alors que les premières années étaient un peu oppressantes ! Aujourd’hui on travaille, on partage mais c’est structuré !

Vous avez des moments où il vous est nécessaire d’aller chercher des avis extérieurs ?

Tout le temps ! c’est une des clés : être toujours curieux. Discuter avec des gens qui ont des expériences similaires ou totalement différentes. D’autant que les gens adorent parler de ce qu’ils font. La majorité aime donner des conseils. Les gens sont généreux dans leur temps.
En y regardant de plus près, en réalité en France il se passe plein de choses, avec une vraie énergie et un partage, c’est ton avis ?
C’est vrai ! Ça dépend des cercles, dans les milieux créatifs et entrepreneuriaux – les deux milieux qui composent notre métier – il se passe plein de choses avec des personnes qui aiment filer des coups de mains ! Avec des gens qui aiment ce qu’ils font et qui y mettent beaucoup de passion.

Pour revenir à vos premières années, vous vouliez dès le début être présents partout dans le monde ?

Dès le début c’était très international, nos clients de la première collection étaient à Moscou, New York. Mais attention je le répète rien ne s’est fait facilement, nous n’avons pas inondé le marché ! C’était un pari le Tranoï, on y est allé tête baissée comme dans tout. Mais si on glissait cela aurait fait très mal. Je ne dis pas qu’il faut y aller sans réfléchir, ce n’est pas un conseil. On y est allé, non pas par courage ou ambition, mais car c’était la seule manière. On avait investi du temps et de l’argent dans une collection et son développement. Nous n’allions pas attendre 3 ans et qu’elle soit périmée. La seule façon de présenter, d’être introduit, que les gens découvrent la marque, c’est un salon. Ouvrir notre showroom à tout le monde sans contact ni connaître personne n’aurait pas permis de faire venir du monde.

Il fallait un salon pour nous introduire et cela a été le Tranoï ! Nous y sommes allés une première fois, la réponse a été négative car le Tranoï ne prend jamais les premières collections. Nous y sommes retournés deux, trois fois. Nous nous sommes bien entendus avec Michael et une semaine avant, Rémi est passé et là Michael annonce un désistement de dernière minute et nous sommes rentrés par la fenêtre : nous avons provoqué la chance !

DISTRIBUTION: DE L’APARTMENT STORE A LA BOUTIQUE

Après la première collection vous ouvrez un appartment store ?

Nous cherchions une façon de montrer la première collection. Nous avions lancé la production sur de toutes petites quantités et nous cherchions le meilleur moyen de le faire découvrir. En regardant les différents loyers des boutiques, les risques que cela engendrés alors que cela ne correspondait pas du tout à notre univers… Et de là est né l’idée d’utiliser notre propre appartement.

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Le mythique Apartment Store rue du Bouloi

Les avantages : on est ensemble, pas de transport, tout à portée de main. En revanche quand on a commencé à staffer là c’est devenu plus dur. Réussir à recruter les bons stagiaires et salariés en faisant passer des entretiens chez soi renvoie une image qui manque de crédibilité. Et puis si tu es malade, tu n’as pas envie de croiser tes équipes un grog à la main. De là a découlé la nécessité de libérer de la place et d’aller à l’hôtel Louisiane.

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La devanture discrète de l’hôtel Louisiane

Et pourquoi l’hôtel Louisiane ? Quel est la spécificité du lieu ?

Ayant assez peu de temps en 2011 ni de moyen, j’ai emménagé à l’hôtel Louisiane, en plein cœur du quartier de Saint Germain des Près. Il ne paye pas de mine c’est un lieu mais mythique : Mile Davis, Hemingway y sont passés. Sartre et Beauvoir y ont vécu 5 ans, un documentaire vient d’être tourné sur ses hôtes et Juliette Greco y apparait.
Pas de femme de ménage à payer, pas d’internet, mais il faut accepter de vivre dans une boîte à chaussure, sans affaire. Tu ne payes que quand tu es là, à 50€ la nuit on ne peut pas trouver plus pratique. En étant toujours en voyage c’est une vie particulière mais extraordinaire. La nécessité nous a fait nous installer à l’hôtel et on y a ramené tous nos amis, nous connaissions très bien le gérant, c’est devenu le lieu de ralliement de notre bande ! La vie à l’hôtel a été déclenché par la nécessité de quitter l’appartement et là aussi cela a découlé sur une formidable chance !

La vidéo de la dernière collection se passe justement dans l’hotel La Louisiane

Vous voilà installés à la Louisiane. Quel est la prochaine étape à ce moment : la boutique ?

Les six premiers mois à l’appartment store se passent bien, suffisamment bien pour aller voir une banque. Il faut garder à l’esprit qu’à ce moment nous recevions nos clients au 2e étage, dans un immeuble avec code ! Nos chiffres nous permettaient d’expliquer à la banque que si nous multiplions par deux nos ventes sur une boutique nous serions à l’équilibre. Et la banque a suivi !

Ils nous ont prêté 140000€ là aussi une somme, un vrai risque, pour payer les travaux rue de Saintonge et payer les fonds de roulement, nous recrutons notre premier vendeur. Et la rue Saintonge fonctionne très bien dès le début ! un soulagement !

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La première boutique rue de Saintonge

Une clientèle de destination ou de passage ?

Un mélange des deux et cela fut très rassurant. D’une part, nous avions fermé l’appartement store donc nous redirigions toute notre clientèle qui fut très fidèle. A cela s’ajoutait le fait d’avoir une vraie boutique dans un quartier qui grandissait. Cela fut assez vite. Et puis nous étions dans une époque où il y avait beaucoup moins de monde aussi c’était plus simple de parler avec la presse. Notre attaché de presse nous avait rejoint à ce moment: Dimitri.
Encore une belle histoire : Pauline la femme de Rémi le connaissait, nous le rencontrons et comme il adore la marque Dimitri nous propose de nous accompagner gratuitement ! Il savait que nous étions sans argent ni budget et il nous a fait une super presse et ce fut une vraie aide.

A l’époque il n’y avait pas d’Instagram, c’était le début des blogs, mais la presse était encore plus là et il y avait moins de monde qui l’encombrait. Tous ces facteurs ont contribué au succès. Puis nous avons ouvert rue Madame et Filles du Calvaire.

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La boutique rue Madame

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La boutique boulevard Beaumarchais

LE NOM: DE MELINDA GLOSS A EDITIONS M.R

En parallèle, alors que vous grandissez à l’étranger et en France, vous entendez les premiers commentaires quant au nom Melinda Gloss ?

Progressivement nous entendons à demi-mots que le nom interpelle mais pas nécessairement positivement. Quand tu as une marque, la moitié des choses ne sont pas dites car tu incarnes ta marque. Dès le début il y avait pas mal d’incompréhension sans que nous réalisions que cela pose problème. Peu à peu, les retours devenaient de plus en pressants.

La presse nous demande pourquoi ce nom. D’un côté nous avions plein de personnes qui adoraient l’ambivalence, le second degré et en même temps beaucoup de gens nous demandaient si Melinda était notre designer… d’autres pourquoi nous n’étions pas au rayon femme.

Donc nous réalisons que ce nom parle à des gens très pointus mais qu’il devient un frein pour les autres. Et que c’est presque un nom sujet, ceux qui aiment continueront de suivre notre histoire, ceux qui seront choqués du changement de nom en parleront puis passeront à autre chose et ceux qui ne connaissaient pas s’intéresseront plus facilement à notre vision.

Comment avez-vous trouvé le nouveau nom ?

En 2015, nous avons vraiment mis le sujet sur la table. Nous voulions expliquer le nom, sauf que peu à peu nous avons pris conscience que cela était vain : nous étions entrain d’essayer de recoller les morceaux. Aussi nous prenons la décision de mettre le branding à plat ! Nous avions la chance d’être bien entourés pour toute la communication, l’aspect visuel, la charte graphique. Nous avons pu nous poser les bonnes questions ! Nous étions mieux outillés pour mettre en œuvre une transition.

Eté 2015 nous trouvons le nom : Editions MR. Ce fut très dur, un enfer à trouver.

Il fallait que ce soit disponible et sans connotation négative à l’étranger, un vrai défi !

Pour conclure, as-tu un rêve à atteindre ?

Au sein de la marque : de faire des choses belles auxquelles nous croyons. Dans un bon rapport qualité/prix car il y une recherche de justesse. De belles pièces qui donnent du style, qui donnent une bonne attitude, dans de belles matières sans exubérance, à un bon niveau prix.

Nous voulons proposer des choses justes, honnêtes en racontant des histoires qui sonnent bien. Les rêves sont quotidiens sinon c’est une fuite. J’ai des objectifs lointains qui me permettent de très bien vivre le quotidien. Mon rêve est simple : de bien vivre !

 

II TEST DU TRENCH ET DE LA CHEMISE WESTERN (PAR VALERY)

1 Le trench

Il s’agit du modèle icônique de la marque, présent dans l’offre depuis ses débuts en 2009

Le col

C’est ce qui  différencie ce trench de la concurrence: on a un col bien proportionné auant en terme de largeur que de longueur. Beaucoup de trench ont un col beaucoup trop court, dont les revers s’arrêtent trop tôt.

Tout comme pour les vestes, le rôle des revers est ici à la fois d’allonger la silhouette et de donner un effet de V au torse (ce qui n’est pas possible s’ils sont trop courts).

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La laine/cachemire du trench est une matière assez neutre pour autoriser des superpositions avec des textures plus complexes: ici une écharpe en cachemire et une cravate en soie Shantung (il s’agit d’une soie brut plus texturée). Le tout est calmé par une simple chemise blanche en popeline de coton.

C’est l’écharpe qui apporte ici une touche de couleurs.

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La superposition d’un trench et d’un trois pièce permettent de donner du relief à la tenue en terme de structures. Pour ne pas faire too much: on reste en revanche sur des couleurs simples (avec un beau dégradé de bleu) et un jeu de textures discrets (qui se joue entre la laine/cachemire du trench, la flanelle du costume et la soie shantung de la cravate).

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Les finitions

C’est surtout sur les finitions que la marque est restée fidèle à elle-même avec des coutures marquées et espacées (on le voit sur les poches en biais, la martingale et le long de l’ouverture et des revers.

C’est un parti pris qu’on retrouve assez peu ailleurs mais qui permet pour moi de souligner les lignes du vêtements (on le voit bien aussi sur le col).

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Beau contraste entre le bleu marine et les gants Atelier Particulier

Le manteau comporte deux poches en biais latérales, avec des points de renforts marqués en haut et en bastest-interview-melinda-gloss-editions-mr-trench-martingale

Comme d’habitude, on retrouve une martingale et des passants qui permettent d’ajuster la taille.

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Petit bémol sur les boutons cependant dont les coutures sont moins soignées que sur le reste.

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La doublure en viscose reste quant à elle très simple et on trouve juste une poche intérieure.

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Costume Husbands et pochette Atelier Particulier

Les épaules

Elles sont construites de manière plus complexes que pour un manteau classique.

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Le montage de l’arrière de l’épaule est en fait très similaire à du raglan. Tandis que l’avant de l’épaule et de la manche ont une couture beaucoup plus classique.

Les épaulettes permettent compenser l’esthétique un peu ronde de ce montage: elles donnent une structure plus nette et marquent davantage l’épaule.

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Le fit

Forcément, les tenues hivernales qui tiennent vraiment chaud auront un fit plus approximatif. Ici, on a une superposition d’un trois pièce en flanelle sous un trench en laine/cachemire. Porté fermé avec la martingale, le trench permet un fit très honorable avec un dos bien mis en valeur.

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La construction des épaules permet d’éviter d’avoir trop de plis disgracieux du fait d’une tenue trop structurée.

Pour les superpositions d’hiver, je pars toujours d’une règle simple: ne jamais porter deux couches très structurées l’une par dessus l’autre. Soit on porte un manteau structuré par dessus une couche plus lâche (par exemple un cardigan grosse maille ou une veste sans padding).

Soit, comme c’est le cas ici,un manteau peu structuré (mais qui donne l’impression de l’être grâce à ses épaulettes) par dessus un costume qui l’est.

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Les tenues

Voici un aperçu général des tenues: on reste sur des couleurs simples pour mieux mettre en valeur des textures travaillées et une superposition 3 pièces/trench marquée.

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On apporte éventuellement une touche de couleurs à l’ensemble grâce à l’écharpe.
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Les bottes (de chez Maison Mauban) proposent un bon compromis en terme de style: elles sont assez élancées et sobres pour bien s’intégrer à une tenue formelle. Le contraste de matières et de couleurs apportent une originalité discrète.

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En mettant plus en valeur les double boucle, elles gagnent un côté casual qui les rendent portable avec un chino ou un jean brut

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CONCLUSION

Formel: 10/10 (parfait par dessus un costume)
Casual: 8/10
Prise de risques: 0/10
Rapport qualité/prix: 8/10 (et 10/10 au prix soldé actuellement)

Mise à part un léger changement sur la matière (avec l’ajout de 20% de nylon pour le côté déperlant), le trench Melinda Gloss n’a pratiquement pas bougé depuis ses débuts. Le prix retail a en revanche lui fortement augmenté (570 euros contre environ 450 au tout début): il est cependant produit dans de plus gros volumes qu’auparavant , ce qui fait qu’il reste encore très disponible en soldes à des tailles normales.

Il est disponible ici.

2 La chemise western

Epaules

Le W est typique des chemises Western est on le retrouve à plusieurs reprises ici: d’abord en haut du dos pour délimiter l’empiècement.

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Sur ce genre de chemise casual qui se porte hors du pantalon, on peut être plus tolérant sur le fit général (ça ne se porte pas ultra près du corps). Il faut par contre rester exigeant sur les épaules. test-interview-melinda-gloss-editions-mr-chemise-western-epaule-2

Finitions

Cette chemise western respecte tous les codes du style, en particulier au niveau des boutons pression. Je trouve dommage qu’il soit si difficile de trouver ailleurs (et en particulier sur les chemises en chambray) des boutons pression qui sont bien plus caractéristiques de ce style un peu baroudeur.

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On trouve aussi deux poches à rabats en V à boutons pression: il s’agit d’une interprétation très scrupuleuse de la chemise denim originelle

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Tenues possibles

Il s’agit de la même tenue que pour le test du trench, donc qui à la base ne se prête pas spécialement à du casual.

Je suis quand même assez surpris de voir que l’ensemble passe plutôt bien, en particulier grâce au pantalon en flannelle. (ça aurait été moins le cas avec une laine classique moins texturée). Les bottines portées ici restent quant à elles assez polyvalentes.

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Pas de soucis avec le trench qui reste une pièce assez polyvalente.

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Le port est acceptable avec la veste, mais déjà un peu moins heureux. Tout comme pour le pantalon, ça n’aurait pas été possible avec une veste de costume plus lisse et moins texturée.

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CONCLUSION

Formel: 0/10
Casual: 10/10
Prise de risques: 0/10
Rapport qualité/prix: 7/10

Une chemise bien réalisée au niveau des finitions et avec une coupe parfaite pour un port casual sorti du pantalon. Elle est un poil overpriced à 175 euros au regard de ce que la concurrence peut proposer, par contre à 105 euros ça devient un excellent rapport qualité/prix.

Elle est disponible ici.

  • baboochka

    hello

    bravo pour l’interview et les tests. Cette marque me semble surcôté : j’ai vu les matières changer aux fils des collections (et pas forcément dans le bon sens) avec des prix toujours plus élevés. Les finitions ne me semblent pas aussi extraordinaires que ça surtout sur des pièces à 500 euros ; qualité des boutons moyennes, mauvaises coutures de ces derniers, des fils ici et là qui dépassent! bref je n’ai jamais eu d’attrait pour cette marque dont les pièces me paraissent trop chers pour ce qu’elles sont; pour ma part, il y a mieux pour le même prix voir moins cher ailleurs.

    • jamaisvulgaire

      Merci pour ton feedback !