ORBAN’S : DES CHAUSSURES DE QUALITÉ SANS SE RUINER + TEST DES DOUBLES BOUCLES MAYFAIR ET DES BOTTINES EPSON.

Choisir une paire de chaussures peut être un exercice périlleux pour les hommes. Surtout lorsque l’on a pas franchement l’habitude de s’y intéresser de près. Ce qui s’apparente pour beaucoup à un plaisir, peu vite devenir un enfer.

Vient un temps ou l’homme trouve une occasion pour acheter des chaussures habillées, que cela soit pour le travail ou des occasions particulières. Sans connaissances, vous pouvez vite vous retrouver chez des marques que vous pensez qualitatives, parce que les vendeurs sont bons et le prix élevé semble justifier la chose.

Vous souhaitez éviter de vous ruiner lors d’un pareil achat ? C’est ce que l’on vous propose aujourd’hui en testant la marque Orban’s. Enfantée par le créateur de Markowski, Septième Largeur, Emling et d’autres encore (la liste est très longue), nous vous avons déniché ce qui pourrait être un excellent rapport qualité/prix, à mettre dans les mains (ou plutôt les pieds) des hommes qui ne peuvent pas mettre 500€ dans une paire de Church’s.

I     MARCOS FERNANDEZ CABEZAS, LE ROI DE LA POMPE

  1. Un peu d’histoire

Il a crée Bowen, Emling, Markowski et Septième Largeur, mais a également relancé Sebago et Dr Martens en France. Son nom ne vous dit peut-être rien, mais il y a de grandes chances qu’il soit à l’origine d’au moins une paire de chaussures que vous avez un jour porté. Et dans la profession aucun doute : un chausseur avec une pareille expérience est un gage de qualité sans pareil.

Niveau qualitatif, il a contribué à la démocratisation du cousu Goodyear (dont on vous parle très souvent), face aux semelles collées beaucoup moins solides sur le long terme. Le grand patron d’Orban’s sait y faire et n’a rien à envier à sa concurrence. Agé de plus de 70 ans, l’esprit d’entreprise est fort respectable pour ce « roi de la pompe », qui aurait très bien pu se reposer sur ses lauriers et laisser son neveu Mathieu Preiss gérer les affaires de Septième Largeur. Mais non. Le 26 octobre 2015, Orban’s est née.

  1. Positionnement de la marque

Si la seule et unique boutique d’Orban’s n’a pas pignon sur rue comme ses grandes sœurs de Septième Largeur, elle mérite d’aller faire un tour au fin fond du 17ème arrondissement de Paris. Quel est l’intérêt pour ce chausseur émérite de repartir à l’aventure avec une nouvelle marque à son actif me direz-vous ? Pour la simple et bonne raison que tous les hommes n’ont pas les moyens d’acheter des chaussures entre 250 et 350 euros. L’idée est donc de proposer des modèles de qualités à un prix très accessible (de 150 à 175 euros).

La marque vient donc se positionner en gamme de prix face à des concurrents tels que Finsbury ou Loding. Pour ceux qui connaissent bien les marques précédentes de Marcos Fernandez, on se retrouve finalement dans une gamme de prix proche des souliers Markowski à leurs débuts.

Ce qui caractérise Orban’s, c’est cette volonté de faire passer en avant l’utilisation du e-commerce. La boutique qui se trouve dans le 17ème arrondissement de paris est effectivement très simpliste. Preuve en est que la réduction des coûts sur les souliers produits est étroitement liée au fait de n’avoir qu’un unique showroom.

II   UN PRIX « JUSTE » QUI N’A PAS À ROUGIR

  1. La fabrication espagnole

Tout comme Septième largeur, Orban’s va chercher des cuirs français (Arnaud Montebourg apprécierait). Seconde similitude, la fabrication est réalisée en Espagne, qui n’en fini pas de gagner du galon et de la reconnaissance pour la qualité de fabrication et le sérieux dans les finitions.

Mais quelle est la différence de fabrication avec 7L qui explique donc ce prix fort alléchant ? Sachez que dans la majorité des cas, les coûts annexes ont tendance à vite enfler : pour Orban’s, il a été décidé de réduire les coûts de transport. La dernière explication concerne l’origine du cuir. Toujours issu de tanneries françaises, le cuir est d’une qualité légèrement moindre par rapport à Septième Largeur.

À gauche, le modèle de bottines de forme « Jodhpur » d’Orban’s (à 175€), à droite le modèle similaire chez 7L (à 236€).. En dehors de la différence de qualité du cuir, on note une légère différence entre les finitions très travaillées de Septième Largeur et les finitions plus basiques d’Orban’s. 

Pour terminer, les finitions sont moins « parfaites ». Il y a par contre clairement une différence de gamme entre le cuir de Septième Largeur (d’excellente qualité) et le cuir d’Orban’s (d’une qualité correcte). Malgré ces différences, l’écart de prix reste tout de même intéressant si l’on a un budget serré et qu’on souhaite découvrir une bonne entrée de gamme. 

  1. Des formes indémodables

Seule critique facile d’Orban’s : niveau créativité on repassera. Pas de formes très originales, ni de patines aux couleurs chatoyantes. Ce que la marque produit, ce sont des chaussures classiques de 5 types différents : Derbies, richelieus, bottines de formes jodhpur et chukka, pour finir avec les mocassins.

 

Mais peut-on leur en vouloir de ne pas innover ou partir dans tous les sens ? Non. Il faut reconnaître que ces 5 types de chaussures sont indémodables, alors les proposer à sa façon tout en offrant une qualité et un savoir faire indéniable, crée forcément une valeur ajoutée. Voici le descriptif des formes utilisées par Orban’s, tel que vous pouvez le trouver sur leur site internet.

  1. Le montage Goodyear

Parti pris de la marque, le montage Goodyear est présent sur tous les modèles de chaussures Orban’s. Moins étonnant lorsque l’on sait que son créateur a popularisé ce type de couture dans l’hexagone.

On peut guère louper l’inscription indiquant que les chaussures Orban’s sont montées en Goodyear, comme indiqué dans mes bottines Epson.

Son avantage ? Le montage Goodyear est un des plus solides qui soit. Alors que le cousu Blake est un des plus populaires concernant les souliers élégants, il est souvent un indicatif de gamme : les chaussures bas de gamme sont très souvent thermocollées, le milieu de gamme est généralement monté en Blake, alors que le haut de gamme est plus fréquemment monté en Goodyear ou cousu Norvégien.

Nous vous avons très souvent parlé de ce type de montage dans des tests précédents, ainsi que dans les guides de chaussures proposés. Pour éviter de se répéter, rien de mieux qu’une vidéo pour illustrer le propos :

III TEST DES BOTTINES EPSON

  1. La forme « Jodhpur »

Vous aurez bien compris qu’on ne peut pas mettre toutes les bottines pour hommes dans le même panier. Tout comme les chaussures basses, il en existe diverses formes, dont les plus connues sont les chelsea et les chukkas.

Pour ma part, j’ai choisi cette paire de bottines de forme « jodhpur ». Pour la petite histoire, ces boots étaient souvent utilisés par les cavaliers pendant l’entraînement. Sa caractéristique principale, c’est qu’il s’agit d’une chaussure fermée par sangles.

De nombreuses marques proposent aujourd’hui des bottines de forme jodhpur, mais les proportions ne sont pas toujours vraiment réussies. Sur le modèle Epson de la marque Orban’s, rien à redire. La polyvalence est le fer de lance de cette bottine : on peut les porter sans problèmes aussi bien avec un jean foncé, un chino ou un costume.

  1. Le bout rond

Comme indiqué dans le descriptif des formes de la marque, la 19584 est plus large avec un bout arrondi. Le problème avec certaines bottines, c’est qu’elles ont souvent une forme très affinée, finissant sur un bout pointu. Visuellement, cela peut donner l’impression à celui qui les porte d’avoir des pieds de géant.


Pour éviter ce biais, Orban’s produit une bottine dont les proportions sont parfaitement respectées. Le confort est assuré par sa largeur, et le bout arrondi enferme moins le pied, très agréable après une longue journée de marche après laquelle le pied à tendance à gonfler.

  1. Les finitions

 Ce que je vais dire risque d’être légèrement biaisé : je n’ai jamais eu entre les mains l’équivalent de ce modèle chez Septième Largeur, mais concernant les finitions, il n’y a rien à redire. Après 2/3 jours de port, le cuir ne bouge que très peu (c’est plutôt rassurant sur le long terme).

Tout ce que je peux dire, c’est que pour une version « low-cost » de la bottine jodhpur de 7L, c’est une réussite qui a peu à envier à sa grande sœur.

  1. Un style à la fois rock et habillé

Un look un peu sombre et élégant : pour mettre en valeur les qualités des bottines Epson, j’ai choisi de les porter avec un slim noir, avec un ourlet discret venant se poser par dessus la boucle. Viennent s’ajouter à ce style un pull en laine mérinos noir et une veste de costume anthracite. En soi, je n’ai pas pris trop de risques avec cette tenue : tout s’accorde très facilement. Cela va aussi avec ma vision de la mode masculine, pour laquelle je m’adresse aux hommes qui cherchent à être élégants sans trop se prendre la tête.

IV CONCLUSION

Plus habitué à la forme chelsea, c’est ma première paire de bottines de forme jodhpur. Le résultat est plus que satisfaisant : le laçage fait parfaitement son boulot, et je ne parle pas de l’esthétique des chaussures en général. Les Epson sont de belles bottines, agréable et facile à porter.

 

Note formelle : 7/10 (les bottines se marient bien avec un costume, même si on recommande d’avantage de type richelieu ou derbies).

Note casual : 8/10 (ces chaussures rehaussent bien une tenue casual, dans un univers rock de préférence).

Prise de risque : 4/10 (les Epson peuvent convenir à diverses tenues, le risque est moindre).

Rapport qualité/prix : 9/10 (la note parfaite n’est pas loin, mais à 175€ prix d’origine (actuellement 140€ en soldes), vous devez ajouter ce modèle à votre garde robe).

Vous pouvez retrouver les bottines Epson de la marque Orban’s en cliquant ici.

III TEST DES DOUBLE BOUCLE MAYFAIR

1 Rappel: les double boucle

Ces chaussures étaient à la base portées par des moines en Europe dans les Alpes Italiennes au 15è siècle. On avait dressé un gros récapitulatif sur le sujet sur ce test, avec quelques conseils de style à l’appui.

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Les boucles métalliques sont bien robustes et n’ont pas montré de signes de faiblesse depuis les premiers ports.

2 La forme

La forme utilisée est la plus basique de Orban’s: la 544, utilisée pour les derbys et les richelieus. Le chaussant est plutôt large et elle convient bien aux pieds un peu fort, le rendu global reste cependant fin et élancé. (un peu comme Velasca).

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Le chaussant est visiblement large sur cette photo. 

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Le bout droit est très correct autant au niveau du cuir, que de la forme ronde (idéale pour des double boucle) et des finitions. C’est un des premiers détails que j’observe sur une chaussure.

Le cuir

Ces photos ont été prises après une bonne vingtaine de ports, parfois réalisés plusieurs jours d’affilés (ce qu’il ne faut normalement surtout pas faire). Le cuir est du coup déjà bien marqué et l’usure correspond à un mois et demi d’usage normal (avec un port tous les deux jours donc).
Comme pour la paire d’Aurélien, les traces de port du cuir ne se sont que très peu accentuées après les premiers jours de port.  On a donc du coup une usure visible, ce qui est normal pour un cuir de ce prix, mais qui ne se prononce pas particulièrement par la suite et qui reste donc globalement très satisfaisante.

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Rien à dire sur les points de couture qui sont bien resserrés, avec un point d’arrêt entre l’empeigne et la tige.

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La couture du bout droit est irréprochable en terme de régularité

 

La semelle en gomme

Il n’y a rien de pire pour les pieds que de porter un cousu Goodyear pour la première fois une journée d’affilée. Cette paire a fait exception a la règle, et c’est bien grâce à l’exceptionnelle finesse des semelles en gomme qui m’ont immédiatement donné l’impression de porter des chaussons. Il s’agit ici de semelles en micro-cellulaire légères et ultra souples.

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Tenue

Les double boucle sont idéales pour une tenue un peu habillée et conviennent moins pour des occasions formelles (même si évidemment on restera loin de la faute de goût si vous les portez au boulot avec un costume).
J’ai du coup choisi de les porter dans une tenue habillée avec un blazer bleu marine croisé Louis Purple (qui se porte aussi ouvert grâce à un boutonnage bien symétrique) et un chino vert Louis Purple.  (je porte avec ça une cravate Calabrese 1924 de chez Zampa di Gallina, une chemise en demi mesure Blandin&Delloye et un gilet SuitSupply).

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Ce n’est effectivement pas une tenue facile à porter et qui convient à tous les environnements, mais elle s’inscrit bien dans le registre et le style des double boucle.

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Le chino est ici facilement remplaçable par un pantalon en flanelle.

IV CONCLUSION

C’est ma seconde paire de double boucle après les Bexley: la forme est plus ronde et avec un plateau un peu plus court. Elles sont ultra confortables et j’ai été étonné par la souplesse de la semelle micro-cellulaire.

Note formelle : 7/10 (C’est toléré avec un costume, mais ça reste plus casual que des richelieu).

Note casual : 7/10 (bien pour une tenue casual habillée, mais ça sera par contre un peu plus austère avec par exemple un jean brut).

Prise de risque : 1/10 (A moins d’être étudiant et de n’avoir que des tenues très casual streetwear ou workwear, elles se portent bien).

Rapport qualité/prix : 10/10 (imbattable à 120 euros).

Vous pouvez retrouver les double boucle Mayfair de la marque Orban’s en cliquant ici.

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  • Skippy

    Alors… Je vais chipoter un peu, mais l’étiquette sous la chaussure… Non, je peux pas… XD

  • Nicolas Ferreira

    quelle est le modele de veste anthracite et le jeans porté dans le look « rock » ? 🙂

    • Aurélien B.

      Salut Nicolas ! La veste est une vieille The Kooples, et le pantalon un Billtornade !

      • Nicolas Ferreira

        merci de votre reponse ! auriez vous le nom du modele pour le jeans ? ou un equivalent ? 🙂

        • Aurélien B.

          Je vais malheureusement avoir du mal à te donner son nom, tant l’étiquette a été lavée ! Cela dit, tu n’auras pas de mal à trouver un slim noir un peu chez tout le monde (chez Nudie jeans, Acne studios, même Diesel ou autre).

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