TEST BARBOUR, OU L’ÉLÉGANCE RURALE À L’ANGLAISE

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BARBOUR : Historique d’une marque made in England possédant un solide patrimoine historique et test de la veste Bedale

La fraîcheur de l’automne dans le Yorkshire..

Si il y a bien un amour que je voue à un certain pan de la mode, c’est lorsqu’il s’agit de revenir sur des pièces mythiques qui ont participé à l’état de la mode tel qu’il est aujourd’hui. S’il est une marque qui détient une identité des plus intéressantes, et qui a le droit de se targuer d’une vrai création originale à l’instar des Wrangler, Gloverall et consorts, c’est bien Barbour et sa panoplie du parfait chasseur/pêcheur/gentleman rural britannique.

Avec l’arrivée de l’automne et de ses premières vagues de fraîcheurs, quoi de mieux qu’une veste en coton waxée (ou cirée) pour affronter ce temps avec toute l’élégance que l’homme mérite ?

Nous allons aujourd’hui parler non pas d’une marque, mais d’un réel emblème de la mode masculine. Attention, après avoir lu cet article votre porte carte risque de vous démanger.

 

barbour made in england veste bedale

 

I. Chasse, pêche, nature et tradition

 

BARBOUR, Les débuts d’une légende made in England

Réduire la marque Barbour à un tel gimmick revient à stéréotyper légèrement (ou beaucoup) le propos ! Comment cette belle histoire a commencé ? Avec une première enseigne nommée « John Barbour & Sons, Fabricants et dépositaires de vêtements en toile huilée, Market Place, South Shields ». (Un peu exotique n’est-ce-pas ?).

En réalité, il s’agissait la du premier catalogue de John Barbour édité au début du XXème siècle, à l’époque destiné essentiellement aux dockers et marins. Spécialisée avant toute chose dans la production de veste en coton ciré, il s’agissait pour ces métiers difficiles de bénéficier de pardessus suffisamment solides pour résister aux rudes conditions maritimes. Il a fallu attendre 1980 pour que la marque familiale Barbour rencontre un succès international grandissant et acquiert un réel statut d’icône de la mode.

 

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La marque a eu l’occasion de briller à l’occasion de la seconde mondiale pour une utilisation restant de le domaine maritime : alors que la guerre ferait rage au front, un capitaine érudit des rangs britanniques fait appel à la marque pour réaliser un overall, destiné à équiper les sous mariniers, jugeant cette veste comme un outil très pratique pour la vie de tous les jours des matelots.

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C’est d’ailleurs à cette période que l’image de la marque s’est diversifiée, et sort des champs britanniques pour se retrouver sur les routes à travers sa collection « Barbour International » sortie en 1934, une série de collections destinées à l’usage des motards, pour sortir de son usage plus professionnel.

Du workwear au lifestyle, mais toujours une histoire de famille..

C’est cette publicité datant de 1980 qui a tout changé, en donnant à la marque son image de Gentleman Farmer moderne. Entre les débuts de la marque proche de l’image de l’agriculteur rural, puis des rangs de la navy britannique pour arriver à celle du BCBG qui conduit un Range Rover et vit dans des manoirs loins de la ville, il y eu un long chemin parcouru.

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Il s’agit là d’une stratégie qui est à la fois devenue évidente sur le long terme, mais qui à l’instar d’un grand nombre de vêtements de la vie courante, est passée par le workwear ou une utilisation militaire (je pense notamment à l’histoire de Gloverall et son célèbre Dufflecoat).

L’entreprise est restée depuis 5 générations dans la famille, expliquant ainsi le peu de changements qui ont été opérés dans la vie de la marque sur le long terme. Effectivement, les toiles en cotons cirés n’ont que peu changé avec le temps, et certains modèles sont devenus de grands classiques dans la seconde moitié du XXème siècle.

Cependant qui dit « passage au stade de la marque lifestyle », dit qu’une diversification des produits fût opérée au fil des années. Non seulement la veste en coton ciré reste le produit le plus représentatif de la marque, mais une large gamme de vestes matelassées (plus proche de l’image « chasseur ») est arrivée en renfort pour devenir également une pièce bien typique de Barbour.

Fabrication à South Shields et Made in England, toujours.

La fidélité est chose importante chez Barbour. Si vous avez bien lu en début de cet article, la première enseigne du catalogue de John Barbour parlait de South Shield au nord de l’Angleterre… Et bien la production n’a pas bougé d’un pouce, quand bien même les procédés ont évolué avec l’époque !

Mais attention : le Made In England, avec son seau qui fait toujours plaisir à voir n’est valable que pour les vestes dont nous avons parlé jusqu’à présent. La multitude de produits développés par la marque ensuite (chemises, t-shirts, montres et autres pièces du vestiaire masculin) ne sont pas produites en Angleterre..

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Avec une distribution assurée dans une quarantaine de pays dans le monde, et un succès qui n’a pas vraiment connu de baisse de régime sur la gamme classique, Barbour et son usine de South Shield est le plus gros employeur de sa région, avec plusieurs centaines d’employés qui coupent, assemblent et terminent les vestes de la gamme classique.

Vu d’ici, le schéma de production peut sembler assez commun comparé à un grand nombre d’usines qui travaillent à la fabrication de pièces qualitatives. Cependant, le fait qu’une veste en coton ciré soit étanche représente un défi de taille : si une couture est ratée ou mal faite, elle met directement en péril l’étanchéité du produit final, qui ne passera pas la porte de sortie de South Shield. Ainsi, et à travers des processus de fabrications qui ont été pensés et repensés au fil des décennies, le moindre détail est respecté au millimètre près pour s’assurer d’un produit à zéro défauts.

La chaîne de production est assez impressionnante, avec un respect en terme de qualité et de conformité qui n’a jamais perdu en vitesse au fil des décennies. Au total, c’est plus de 3000 vestes qui sont confectionnées dans l’usine de South Shield chaque semaine, et ces dernières demandent aux alentours d’1h30 de travail au total pour une seule pièce.

Point très important : Barbour est une marque proche de ses clients, qui tend à la fois vers une envie d’exceller sur un point de vu qualitatif, mais également d’assurer un service après-vente du tonnerre !

Et c’est près de 25000 pièces qui retournent à l’usine de South Shield chaque année, non pas pour défaut de fabrication (comme on aurait tendance à le croire), mais pour tout simplement être re-cirées ! Ce service n’est pas gratuit bien entendu, mais il montre qu’en prenant soin de sa veste et de son usure, pour une quarantaine d’euros on peut lui redonner son imperméabilité et la brillance qu’elle montrait en sortant de l’emballage !

Et puis si la couronne britannique le dit..

Et en guise de validation ultime, il suffit de jeter un oeil aux étiquettes intérieures de votre veste pour voir trois sceaux qui n’ont rien d’anodin : chacun de ces emblèmes correspond à une des différentes cours britanniques que Barbour a fournit durant les 40 dernières années..

On retrouve ainsi le sceau du Duc d’Edinburgh datant de 1974, celui de la cour de la Reine Elizabeth II  de 1982, pour finir avec la cour du Prince de Galles en 1987. La classe, tout simplement.

Et puis même si James Bond s’y met hein.. Vous avez encore des doutes ?

 

II. Test de la veste Bedale en coton waxé

L’heure du test tant attendu. Et bien je ne vous cacherai pas que j’attendais cette occasion depuis quelques temps déjà : Barbour est pour moi une marque qui m’a toujours séduite tant par l’identité qu’elle dégage, que par la qualité et l’aspect de ces pièces. J’ai longtemps hésité entre les modèles matelassés, les cotons cirés de la gamme « International » qui tendent vers l’univers biker, mais il semblait évident de choisir une pièce mythique pour représenter au mieux l’univers Barbour.

Et mon dévolu finit par se jeter sur la veste Bedale. Un modèle qui a pourtant un aspect rappelant les premières vestes d’une époque lointaine, mais qui est finalement sortie des usines de South Shield en 1980. Une pièce qui d’ailleurs fut imaginée par Lady Margaret Barbour elle-même (car oui, elle fût anoblie par la Reine Elizabeth II, s’il-vous-plaît).

Et si nous regardions cela plus en détail ?

Le design

Encore une question de fidélité : la Bedale est relativement proche de sa cousine la « Beaufort », mais est légèrement plus fittée que cette dernière. Dessinée à l’origine pour le milieu équestre (proche de l’univers Barbour), on retrouve un design très fidèle à ce que la marque a produit : le coton ciré et sa couleur verte olive, le col en velour côtelé, et la présence de multiples poches pour le côté pratique.

Disons le : elle est plutôt facile à porter dans une tenue casual du dimanche (bon, j’ai pris les photos un samedi..). Cependant, il s’agit d’une parfaite veste de mi-saison (en l’absence d’une doublure intérieure elle n’est pas franchement assez épaisse pour survivre en dessous du 0° extérieur).

Les matériaux utilisés

Aucune surprise ! Fabriquée en coton huilé au poids moyen de 170g (6Oz).. Bref, du coton sous toutes ses formes ! On retrouve de manière évidente un extérieur en coton waxé, et un intérieur en coton au motif tartan, un motif qui par ailleurs est reconnaissable parmi tous et lié à la marque.

Comme on peut l’observer sur le visuel çi-dessus, le coton ciré neuf est particulièrement brillant. Un aspect qui donne de toute évidence un charme supplémentaire à cette veste.

Que serait Barbour sans son motif Tartan fétiche. Aucun doute sur le sujet, on retrouve en grande partie un intérieur en coton qui court jusqu’à l’intérieur des manches. L’assemblage des couleurs n’en est que plus appréciable entre le vert olive et le col en corduroy.

La coupe

Elle est assez particulière pour dire vrai. Ni trop courte, ni trop longue, on retrouve une vraie veste qui je le rappelle, était conçue pour la pratique de l’équitation. Ainsi, quand bien même ce modèle est plus ajusté que la Beaufort et un certain nombre de vestes en coton ciré de la marque, on se doit de garder une certaine aisance.

Pour la taille, j’ai souvent un dilemme lorsqu’il s’agit de telles marques qui possèdent leur système bien à elles. Pour une personne comme moi qui fait un parfait S (voir un XS chez les américains, ou un M chez d’autres.. Bref, un cas particulier), j’ai du partir sur une taille 36 pour ne pas trop voler dans ce modèle (qui se trouve quelque part entre le XS et le S, ou un 46 en taille de veste européennes), car oui, chez Barbour, ça taille assez grand. D’ailleurs si vous faites un tour sur le « size chart » du site de la marque, vous aurez la surprise de voir la mention « Dog size chart »… Voila, j’avais envie de le dire.

Le diable est dans les détails

Et c’est là que la valeur ajoutée vient titiller l’envie du consommateur. Un certain nombre de détails se sont glissés dans ce modèle, qui, sans pour autant atteindre une réelle complexité, font plaisir à voir.

La veste n’a beau pas être doublée, on retrouve tout de même une emmanchure cousue à l’intérieur des manches pour éviter de laisser passer l’air. Un point à la fois efficace est très utile lorsque l’on sait que les manches des vestes Barbour restent assez larges, qu’importe la taille ou le fitting du modèle choisi.

Et c’est bien connu : quand bien même les vestes en coton ciré ne sont guère souvent doublées à l’intérieur, ont tendance à retenir très bien la chaleur du corps. Pour cela, trois trous d’aérations ont été placés sous les aisselles, de façons à laisser respirer cette zone, pour des raisons évidentes..

Détail important, sur ce même visuel on peut apercevoir une des deux poches « chauffe-mains », disposées de chaque côtés de la veste et sont doublées en moleskine en leur intérieur pour assurer une réelle chaleur lorsque le temps l’impose.

Donnée très importante à retenir pour tout achat d’une veste : une étiquette intérieure décrit avec précision et dans le détail l’attention auquel le consommateur doit se plier pour garder sa veste dans les meilleures conditions sur le long terme. Effectivement, certaines vestes ont des mentions différentes selon l’épaisseur de la toile de coton cirée (variable de 2, 6 et 9 oz selon le modèle).. Mais vu qu’une veste Barbour bien entretenue peut survivre facilement une décennie, je vous recommande formellement d’y jeter un oeil !

Le petit plus qui rappelle de toute évidence l’identité de cette veste (équestre), deux évents sont disposés au bas de la veste pour gagner en aisance, ainsi qu’une bande en nylon à l’intérieur destinée à éviter tous problèmes liés à l’humidité dégagée par les chevaux.. Nous noterons que ces évents feront également le bonheur des motards, même si leur configuration n’est pas la même que sur les modèles de la gamme « International ».

Caractéristique quasi immanquable chez Barbour : les deux grandes poches à soufflets disposées sur la face avant de la veste. Je n’ai pas tendance à mettre beaucoup d’objets de tous les jours dans mes poches avant de veste de manière générale, mais assez bizarrement ces dernières apportent un côté esthétique plutôt agréable même si elles sont remplies (sans en abuser non plus).

Et concernant le zip, ils n’ont pas fait les choses à moitié à South Shields : on retrouve un double zip (un intérieur plus fin et reliant le lining intérieur en tartan, et un second extérieur qui est.. plutôt imposant ! Cependant, après avoir inspecté les coutures, on ne risque aucun problème de ce côté là !

D’ailleurs, pourquoi avoir un second zip intérieur reliant le lining ? Tout simplement si vous achetez (en option of course) une doublure intérieure, qui viendra s’adapter avec ce fameux zip caché.

Même chose pour le col ! Les possibilités sont diverses : esthétiquement parlant je préfère largement laisser le col en corduroy (assez épais) ouvert, mais une languette cachée sous ses revers permet de le remonter jusqu’au menton.. à utiliser en cas de froid extrême je dirais.. Comme il est d’ailleurs visible sur les côtés du cols, des boutons pressions vous permettent de rajouter une capuche au besoin.

Pour terminer avec les évents que nous avons déjà vu ensemble, permettant de gagner en aisance selon l’occasion.

L’entretien du coton waxé

C’est beaucoup mieux lorsque ce sont nos amis de chez Barbour qui vous expliquent en détail le modus operandi à adopter pour re-cirer sa veste.. Je vous laisse y jeter un oeil !

III. Idée de style

Ni trop, ni pas assez. C’est la manière avec laquelle je définirais le style à adopter avec une Bedale. La pièce étant déjà plutôt forte dans un look, il me semble qu’elle sera totalement dans son élément avec un pull en laine d’une couleur proche (j’ai choisi un beige), pour rester dans le thème, mais elle ira aussi très bien avec une chemise en jean.

Pour le bas, j’ai choisi de rester justement très classique : un jean brut et une paire de desert boots font totalement l’affaire pour garder un look urbain avec une toute petite pointe champêtre (bon, entre nous je verrais très bien une belle paire de Moc Toe ou une paire de type Timberland pour compléter le look, mais n’en ayant pas sous la main… Vous m’avez compris).

CONCLUSION DU TEST SUR LA VESTE BEDALE

Absolument rien à redire. Le rapport qualité/prix (on trouve cette veste sur divers sites aux alentours des 330 euros) reste totalement justifié, tant les détails sont largement respectés. La marque Barbour a toutes les cartes en main pour faire perdurer la tradition qu’elle a mis en place plus d’un siècle en arrière, et c’est un réel plaisir de voir des marques familiales qui restent totalement fidèles à leur fonctionnement.

Entre nous, c’est typiquement le genre de marques que je vois perdurer, et ma veste Bedale sera sans aucun doute une des pièces qui me tiendra le plus à coeur sur le long terme. De belles matières, de jolies détails, une histoire et un vrai savoir-faire.. Que dire de plus ? Ah oui, les notes.

Note casual : 9/10 (Vous avez bien lu le test ? Ai-je besoin de me justifier plus ?)

Note formelle 3/10 (Franchement non, évitez la Bedale par dessus un costume, ça ne marchera pas)

Rapport qualité / prix : 9/10 (Oui, la qualité se paye, et Barbour sait parfaitement bien se justifier à ce propos)..

Prise de risque : 5/10 (Il faut assumer une pièce un peu forte, en dehors des habituels blousons et manteaux.. Mais cela vaut vraiment le coup..)

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  • Kada Smooth

    Le problème commence le jour où on doit la laver….

    • jamaisvulgaire

      Oui c’est compliqué a entretenir.

  • jamaisvulgaire

    Merci pour cette rectification !

  • mat

    bonjour,

    quel modèle conseillerais tu pour porter occasionnellement au dessus d’un costume et le reste du temps de manière plus casual?

    Merci

    • jamaisvulgaire

      Merci de ton commentaire, je laisse Aurélien y répondre.

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