Collaboration Sushi is not Maki x JamaisVulgaire

Après un petit moment d’absence, nous vous proposons un article rédigé par Madamada, qui tient le blog Sushi is not Maki ((http://sushiorcurry.blogspot.com/) ) et illustré par mes soins

Pourquoi porter des sneakers ?

A moins de détester profondément le casual (à comprendre le décontract’ chic à base de t-shirt, chemise manches retroussés, jean confortables, etc…) et à ne jurer que par les souliers et le formel avec l’air de serial-killer qui va avec, les sneakers représentent à peu près ce qu’il y a de plus versatile, de plus confortable et de pièce facile à porter pour souligner cet état d’esprit de « fausse décontraction ». Tu noues les lacets, les enfiles, les salis, les admires en secret : c’est encore mieux qu’un tamagotchi.

« Oui mais les sneakers, ce n’est pas chic, c’est surtout moche et ça fait ado attardé »

Pas forcément. Il est surtout question de cohérence et de la manière qu’il y a de les accorder. Si le modèle de sneaker tourne vers du street fachionnn, il oriente automatiquement la tenue vers du « rap-r’n’b-motherfucker-east coast-west side . S’il est neutre (beau au niveau du design mais sans plus), il n’apporte rien à ta tenue et accentue le reste de l’ensemble. S’il possède énormément de personnalité (couleur, design, etc…), alors la construction de ta tenue doit se faire en fonction d’elle pour éviter un quelconque décalage trop grotesque (type Lanvin fluos X Brice X Monoprix).

Une tenue intéressante pour porter des sneakers Lanvin, tant qu’on y est, pourquoi ne pas essayer avec une tenue d’éboueur ?

« Et les couleurs ? Pourquoi on les choisit toujours blanches ? Je n’ai jamais compris… »

Une paire de sneakers = connotation sportive. Le blanc est la couleur à la fois la plus neutre (dans le sens où elle peut s’accorder avec toutes les couleurs sans en influencer l’association) et la plus facile à assortir avec le reste de la tenue tout simplement. Il existe également le beige et le gris comme substitue en cas d’overdose du blanc.

99 % des gens portent des jeans plus ou moins foncés (bleu délavé ou bleu marine), prendre des sneakers couleurs claires permet de les mettre plus en valeur en créant des contrastes sympathiques.

On vient par la suite au cas des sneakers foncés : faut-il forcément les prendre ? A cette question, je réponds que tout dépend de la matière qui le constitue ladite paire. Une couleur foncée aura plus tendance à amplifier cette problématique et faire ressortir la pauvreté du design si le cuir travaillé est de la peau de cochon qu’un cuir souple, lisse et confortable (agneau, etc…).

Une paire foncée qui rend bien grâce à la qualité de ses matériaux

Essayez de porter des sneakers foncés + jean bleu délavé pourri V.S sneakers claires + jean bleu délavé pourri. Bon, dans les 2 cas, on voit que le jean est pourri, mais que l’une des associations ACCENTUE plus ce défaut que l’autre.

Sneakers foncées + jean foncé, association parfaite et sobre qui met en valeur la qualité des matières (le bout vernis des lanvin) et de la coupe du jean

D’où une explication partielle à la fameuse règle qui dit qu’il ne faut pas porter plus de 3 couleurs sur soi, tout simplement pour éviter un maximum de comparer les pièces entre elles et de les juger individuellement.

« OK donc, c’est quoi une belle paire de sneakers ? Comment on la reconnaît ? »

Facile. On prend un modèle standard d’une marque et on compare les autres par rapport à celle-ci. Je pense que les RAF SIMONS ? COMMON PROJECTS et les LANVINS représentent parfaitement cette catégorie. Les sneakers de différentes marques ont toujours des points communs. TOUJOURS.

Common Project Low, les sneakers les plus basiques du monde. Difficile de se rater avec ça

– Semelle : plate, solide, cousue ? Pas cousue ? Risque-t-il de se barrer au bout de 2 jours ? 1 mois ? 1 an ? Jamais ?

– Nombres de lacets : est-ce qu’ils bouffent toutes la paire de sneakers jusqu’à le rendre moche esthétiquement ? Sont-ils épais ou fins ?

Dior Printemps/Ete 2010, des lacets en veux tu en voilà

– La forme du bout de la semelle : est-ce suffisamment travaillé, suffisamment harmonieux ? Est-il remonté comme des chaussures de clown ? Arrondie ou pointue ?

– Montantes, semi-montantes, ou low ? Es-tu grand, entre les deux ou réponse C (c’est-à-dire de taille moyenne) ? Il n’y a pas de règles précises à ce niveau, tout est question de taille de l’individu et de ses goûts. Mais le sans fautes, c’est le low ou les semi-montantes. Les High ayant tendance à rapetisser ta silhouette, t’as intérêt à être un peu grand.

Low Dior, chères mais néanmoins simples et efficaces
Semi-montantes (aussi appelées Mid) Lanvin, comme son nom l’indique un intermédiaire entre les low et les high
1m80, la taille minimum pour porter des montantes et avoir un résultat correct

– Matière confortable ou non ? N’oublions pas qu’à force de marcher, ça n’use pas que les souliers mais bel et bien nos pieds ! Et que l’usure est le plus grand ami des trous ou autres surprises qui nous font regretter notre achat (surtout lorsqu’il dépasse les 100 euros). Privilégier le cuir donc, et éviter si possible le cuir fin (à la manière des Paul Smith modèle Musa) et le coton / toile qui craque dès qu’on le maltraite.

Les fameuses Paul Smith Musa, un design habillé mais des matériaux fragiles.

– Design qui épouse la forme de ton pied sans non plus la maltraiter ou donner l’impression que tu vas à la plage pour faire de la plongée. Donc à regarder au niveau des proportions, et surtout s’il t ‘évoques une forme de simplicité ou non. Plus une sneaker se complique, plus ç se traduit par un : « je n’ai rien de bien ».

– La bonne taille : c’est comme sur le siège d’une voiture : le bout de tes pieds ne doit pas défoncer la semelle avant et ta cheville doit être locké à l’arrière. En gros, ne pas laisser d’espace pour les frottements et les ampoules.

Une fois que tu auras reconnu à chaque fois ces différences ou similitudes entre les sneakers, tu saisiras la subtilité qui la caractérise et tu seras dès lors capable de dire ce que tu aimes ou non.

« Et le prix ? Moi je ne dépenserai JAMAIS plus de 100 euros dedans ! »

Oui, je sais. Quand on parle des sous, c’est Picsou. A cette délicate question, je dirais qu’il n’y a pas de réponse satisfaisante.

– A moins de 50 euros, c’est GAT (german army trainers) ou converse ou un machin de Chine.

German Army Trainer, impossible de trouver plus passe-partout.25 euros à la friperie du coin

– Entre 50 et 150, c’est la grande conso (Nike, Adidas, Paul Smith, etc…) où le modèle original existe, mais demande beaucoup de temps et surtout d’expérience à le trouve

Nike SB Blazer, une bonne paire de montante d’entrée de gamme

– Entre 150 et 400, c’est les modèles créateurs où tu risques moins de trouver des modèles pourris

High Maison Martin Margiela, un parfait exemple de sneaker de créateur

– Entre 400 et plus, c’est que tu n’as même plus besoin de lire ce topic, tu es déjà fan de sneakers sans le savoir. Ou alors tu fais semblant.

High Rick Owens, intérieur en fourrure de poney, plus de 800 euros

Ce qui nous amène à la conclusion suivante : en drogue comme en sneaker, la qualité ça se paye. Dépenser plus de 100 euros n’est pas une tare pour posséder une paire de semelle quand tu sais que la qualité suit et que tu peux la garder longtemps. Rester sur du FEIYUE ou des PF FLYERS n’est pas non plus une imbécillité. Pour des raisons de pression sociale ou de contexte (je vois mal allerun collégien en LANVIN ou jouer au badminton en RICK OWENS), mais ne pas faire d’effort pour comprendre ce qu’il y a d’excellent ou de mauvais (qui ne demande qu’un petit effort), c’est être coupable de peine de mort.

Mes secrets pour bien s habiller

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