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Baartman and Siegel

Je me suis posé une question existentielle en rédigeant cet article.

Un fanatique des belles matières doit-il nécessairement ressembler à ça ?

C’est grâce à des créateurs comme Baartmans et Siegel que l’on peut, heureusement pour nous tous, répondre non à cette question.

Baartmans and Siegel est le fruit du travail de Wouter Baartmans et Amber Siegel, deux anciens de chez Viktor&Rolf

Leurs œuvres est un ensemble de paradoxe : coupes soignées, couleurs pastels et matières extravagantes.

Les deux créateurs sont complémentaires: Wouter Baartman est traditionnaliste et donne à ses créations un côté propre à travers des coupes soignées et des couleurs pastels.

Amber Siegel est plus avant-gardiste et fait de ces vêtements des pièces fortes à travers un travail particulier sur la matière, qu’elle conçoit comme le premier contact qu’un client a avec un vêtement. La matière est  un impératif de qualité : les tissus sont variés (lin,soie,mohair,laine) et souvent issus des meilleurs moulins Japonais (souvenez vous d’Uniqlo) et Suisses.

Le manteau que les adeptes des missions d’inflitration de Modern Warfare trouveront parfait.

On obtient ainsi dans l’ensemble des pièces facilement portables grâce à un rendu général sobre et soigné et également fortes grâces à un travail sur la matière et les textures

La marque est distribuée à Harrod’s et a déjà effectuée une collaboration avec Grenson.

Un choix de la brogue pertinent en terme de texture, au vu du reste de la collection

Collection Printemps/Ete 2011, Jule Verne

Un ensemble classique qui se différencie par le maillage du pull, presque féminin.

Une écharpe en soie bien plus travaillée qu’il n’y parait:

Le thème de la collection est visible à travers les différentes déclinaisons de bleu pastels.

Collection Automne/Hiver 2090-2010, Oil Slick Bird


Une coupe et des couleurs sobres mais une pièce tout de même forte avec une texture effilochée, qui rappelle un peu des plumes d’oiseau.

Merci à http://stylesalvage.blogspot.com pour les photos des pièces Baartmans and Siegel

MILOK

Milok

Voilà une marque apparemment confidentielle, commercialisée seulement au Japon, que j’ai remarqué il y a quelques jours.

Outre les mannequins barbus tout droit sortis des sixties, on peut parler des tissus aux textures souvent rigides importés tout droit du Maroc.

On apprécie les superpositions, motifs et coiffures improbables aussi rafraîchissants qu’un spray d’eau dans le métro la semaine dernière.

Collection Automne/Hiver 2010-2011

Le haut vraiment réussi en matière de superposition, avec le tee scoop neck blanc pour rajouter pile le contraste qu'il faut.

Le haut vraiment réussi en matière de superposition, avec le tee scoop neck blanc pour rajouter pile le contraste qu’il faut.

Une superposition ton sur ton un peu indiscernable, mais vraiment réussie

Une superposition ton sur ton un peu indiscernable, mais vraiment réussie

Collection Printemps-Ete 2010

Difficile de dire quoi que ce soit là dessus si ce n'est que c'est du grand n'importe quoi vraiment bien fait

Difficile de dire quoi que ce soit là dessus si ce n’est que c’est du grand n’importe quoi vraiment bien fait

WYM

Le défilé Woo Young Mi, une expérience à part entière.

Ianis, photographe, et moi même avons été invité dimanche 27 juin au défilé Woo Young Mi.
On pourrait croire que le titre assez banal de cet article relève du manque d’inspiration mais il fait en fait allusion au thème du défilé: la science.
Tous les éléments y sont: circuits imprimés et graphes sur l’invitation, lieu futuriste et un fichier aux airs faussement confidentiels sur “The Science of Dress”

De même les mannequins arborent cheveux plaqués, portes documents, lunettes et blouses pour le final dans une ambiance qui rappelle particulièrement “Bienvenue à GATTACA”.
Un parallèle d’ailleurs pas si anodin que ça puisque le film nous présente l’homme parfait et ce défilé nous présente la vision de WYM de la tenue masculine parfaite, qui apparaît comme une suite de compromis.

Les hauts aux coupes millimétrées et aux matières fluides et aériennes représentent un subtil équilibre entre discipline et décontraction.

Beaucoup de vestes croisées

L’exemple du détournement d’une pièce normalement tout à fait classique, une veste croisée, via les manches mi longues.

Ces hauts mettent à l’honneur des silhouettes longilignes, habilement cassées par des bas aux constructions plus amples et plus obscures

Le meilleur exemple de haut oversized en longueur

Les matières sont moins travaillées et donnent une impression plus naturelle et moins luxueuses: il y a un vrai travail sur des matières naturelles (coton, lin) pour obtenir des rendus froissés qui sera peut être moins accessible que celui sur les pièces des années précédentes, focalisé essentiellement sur la prise de lumière.

Niveau couleur, ça reste sobre et on retrouve de l’indigo, du khaki, du bleu marine et du chocolat, dans des tons toujours assez doux
Encore une fois les pièces prennent la lumière de manière beaucoup moins marquée qu’à l’accoutumée et les textures à défaut d’être brillantes comme dans les dernières collections sont donc le plus souvent mat.

Une des meilleurs combinaisons de couleur

Les laines d’été sont aussi présentes et se portent de manière assez classique

Une maille classique encore une fois différenciée par des manches mi longues

Ce trench est une des rares pièces qui fasse trait d’union avec les collections précédentes

Le grand final avec les mannequins en blouse

A travers cet homme du futur, WYM revisite les vestiaires des milieux scientifiques (blouses) et financiers (vestes croisées) et propose une évolution notable à travers les structures (longueur accentuée, large ouverture des cols, manches mi longues) et les matières, plus naturelles et fluides.
Au final on obtient une collection bien plus avant gardiste et donc moins accessible qu’à l’accoutumée, on passe du blouson d’été casual à la matière travaillée à l’extrême au trench froissé fait dans des matières naturelles (lin, coton).

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Article de couverture

Chronique un peu particulière cette semaine, puisqu’on va parler d’une marque qui n’existe plus depuis 2007 à savoir Cloak, crée en 2000 par Alexandre Plokhov, à présent chez Versace et Robert Geller, qui a fondé sa propre marque.

L’âme de la marque vient surtout de Plokhov, ancien spécialiste en missile dans l’armée Soviétique (une reconversion intéressante) qui mélange ici le romantisme à l’univere de l’aristocratie Russe à travers des vêtements impeccablement finis, dans une palette de couleur sombres , et souvent ornés de détails caractéristiques des uniformes militaires, dont Plokhov est passionné.

Inspiré pour sa première collection par le groupe russe Kino, Plokhov a su séduire en retour, à travers les tons sombres de ses collections, des groupes tels qu’Interpol, Elephant ou encore Garbage

Interpol en Cloak

Plutôt que de faire 10000 collections différentes, concentrons nous sur la meilleur, celle de l’automne-hiver 2004-2005, dont les pièces s’arrachent entre initiés

Bel exemple de superposition dans des tons sombres et des subtiles nuances de noir et de violet
 

On remarque un dos bien cintré, ni trop ni trop peu

Gris Blanc Noir, une association de couleur toujours sûre

Ce qu’on ne remarque pas toujours sur les photos de défilé: la construction plutot hors du commun de ce hoodie

Jeu sur la silhouette intéressant: bomber jacket en haut qui donne de l’amplitude au torse qui semble cependant rallongé par la fourche assez longue du pantalon

Surement le curé le plus stylé du monde: veste parfaitement coupée, fermeture asymétrique, rappels discrets et bien dosés de la chemise blanche

Un tuxedo collector: habituellement seuls les revers sont brillants, ici les épaules et le bord des manches le sont également
Pièce difficile à porter mais ici parfaitement intégrée

Grosse superposition encore une fois, on pourrait surement habiller 5 personnes différentes avec tout ce que ce mec porte
Une superposition est réussie quand il devient difficile de clairement identifier les éléments qui la composent

Trench au double col, matière parfaitement fluide

Superposition de trois chapelets: plus gothique tu meurs.
Subtile associations de tons pourpres

Bref, des tenues évidemment difficiles à porter mais avec des pièces collector et qui ne feraient pas tâche dans des films comme “Entretien avec un vampire”

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Collaboration Sushi is not Maki x JamaisVulgaire

Après un petit moment d’absence, nous vous proposons un article rédigé par Madamada, qui tient le blog Sushi is not Maki ((http://sushiorcurry.blogspot.com/) ) et illustré par mes soins

Pourquoi porter des sneakers ?

A moins de détester profondément le casual (à comprendre le décontract’ chic à base de t-shirt, chemise manches retroussés, jean confortables, etc…) et à ne jurer que par les souliers et le formel avec l’air de serial-killer qui va avec, les sneakers représentent à peu près ce qu’il y a de plus versatile, de plus confortable et de pièce facile à porter pour souligner cet état d’esprit de « fausse décontraction ». Tu noues les lacets, les enfiles, les salis, les admires en secret : c’est encore mieux qu’un tamagotchi.

“Oui mais les sneakers, ce n’est pas chic, c’est surtout moche et ça fait ado attardé”

Pas forcément. Il est surtout question de cohérence et de la manière qu’il y a de les accorder. Si le modèle de sneaker tourne vers du street fachionnn, il oriente automatiquement la tenue vers du « rap-r’n’b-motherfucker-east coast-west side . S’il est neutre (beau au niveau du design mais sans plus), il n’apporte rien à ta tenue et accentue le reste de l’ensemble. S’il possède énormément de personnalité (couleur, design, etc…), alors la construction de ta tenue doit se faire en fonction d’elle pour éviter un quelconque décalage trop grotesque (type Lanvin fluos X Brice X Monoprix).

Une tenue intéressante pour porter des sneakers Lanvin, tant qu’on y est, pourquoi ne pas essayer avec une tenue d’éboueur ?

“Et les couleurs ? Pourquoi on les choisit toujours blanches ? Je n’ai jamais compris…”

Une paire de sneakers = connotation sportive. Le blanc est la couleur à la fois la plus neutre (dans le sens où elle peut s’accorder avec toutes les couleurs sans en influencer l’association) et la plus facile à assortir avec le reste de la tenue tout simplement. Il existe également le beige et le gris comme substitue en cas d’overdose du blanc.

99 % des gens portent des jeans plus ou moins foncés (bleu délavé ou bleu marine), prendre des sneakers couleurs claires permet de les mettre plus en valeur en créant des contrastes sympathiques.

On vient par la suite au cas des sneakers foncés : faut-il forcément les prendre ? A cette question, je réponds que tout dépend de la matière qui le constitue ladite paire. Une couleur foncée aura plus tendance à amplifier cette problématique et faire ressortir la pauvreté du design si le cuir travaillé est de la peau de cochon qu’un cuir souple, lisse et confortable (agneau, etc…).

Une paire foncée qui rend bien grâce à la qualité de ses matériaux

Essayez de porter des sneakers foncés + jean bleu délavé pourri V.S sneakers claires + jean bleu délavé pourri. Bon, dans les 2 cas, on voit que le jean est pourri, mais que l’une des associations ACCENTUE plus ce défaut que l’autre.

Sneakers foncées + jean foncé, association parfaite et sobre qui met en valeur la qualité des matières (le bout vernis des lanvin) et de la coupe du jean

D’où une explication partielle à la fameuse règle qui dit qu’il ne faut pas porter plus de 3 couleurs sur soi, tout simplement pour éviter un maximum de comparer les pièces entre elles et de les juger individuellement.

“OK donc, c’est quoi une belle paire de sneakers ? Comment on la reconnaît ?”

Facile. On prend un modèle standard d’une marque et on compare les autres par rapport à celle-ci. Je pense que les RAF SIMONS ? COMMON PROJECTS et les LANVINS représentent parfaitement cette catégorie. Les sneakers de différentes marques ont toujours des points communs. TOUJOURS.

Common Project Low, les sneakers les plus basiques du monde. Difficile de se rater avec ça

– Semelle : plate, solide, cousue ? Pas cousue ? Risque-t-il de se barrer au bout de 2 jours ? 1 mois ? 1 an ? Jamais ?

– Nombres de lacets : est-ce qu’ils bouffent toutes la paire de sneakers jusqu’à le rendre moche esthétiquement ? Sont-ils épais ou fins ?

Dior Printemps/Ete 2010, des lacets en veux tu en voilà

– La forme du bout de la semelle : est-ce suffisamment travaillé, suffisamment harmonieux ? Est-il remonté comme des chaussures de clown ? Arrondie ou pointue ?

– Montantes, semi-montantes, ou low ? Es-tu grand, entre les deux ou réponse C (c’est-à-dire de taille moyenne) ? Il n’y a pas de règles précises à ce niveau, tout est question de taille de l’individu et de ses goûts. Mais le sans fautes, c’est le low ou les semi-montantes. Les High ayant tendance à rapetisser ta silhouette, t’as intérêt à être un peu grand.

Low Dior, chères mais néanmoins simples et efficaces
Semi-montantes (aussi appelées Mid) Lanvin, comme son nom l’indique un intermédiaire entre les low et les high
1m80, la taille minimum pour porter des montantes et avoir un résultat correct

– Matière confortable ou non ? N’oublions pas qu’à force de marcher, ça n’use pas que les souliers mais bel et bien nos pieds ! Et que l’usure est le plus grand ami des trous ou autres surprises qui nous font regretter notre achat (surtout lorsqu’il dépasse les 100 euros). Privilégier le cuir donc, et éviter si possible le cuir fin (à la manière des Paul Smith modèle Musa) et le coton / toile qui craque dès qu’on le maltraite.

Les fameuses Paul Smith Musa, un design habillé mais des matériaux fragiles.

– Design qui épouse la forme de ton pied sans non plus la maltraiter ou donner l’impression que tu vas à la plage pour faire de la plongée. Donc à regarder au niveau des proportions, et surtout s’il t ‘évoques une forme de simplicité ou non. Plus une sneaker se complique, plus ç se traduit par un : « je n’ai rien de bien ».

– La bonne taille : c’est comme sur le siège d’une voiture : le bout de tes pieds ne doit pas défoncer la semelle avant et ta cheville doit être locké à l’arrière. En gros, ne pas laisser d’espace pour les frottements et les ampoules.

Une fois que tu auras reconnu à chaque fois ces différences ou similitudes entre les sneakers, tu saisiras la subtilité qui la caractérise et tu seras dès lors capable de dire ce que tu aimes ou non.

“Et le prix ? Moi je ne dépenserai JAMAIS plus de 100 euros dedans !”

Oui, je sais. Quand on parle des sous, c’est Picsou. A cette délicate question, je dirais qu’il n’y a pas de réponse satisfaisante.

– A moins de 50 euros, c’est GAT (german army trainers) ou converse ou un machin de Chine.

German Army Trainer, impossible de trouver plus passe-partout.25 euros à la friperie du coin

– Entre 50 et 150, c’est la grande conso (Nike, Adidas, Paul Smith, etc…) où le modèle original existe, mais demande beaucoup de temps et surtout d’expérience à le trouve

Nike SB Blazer, une bonne paire de montante d’entrée de gamme

– Entre 150 et 400, c’est les modèles créateurs où tu risques moins de trouver des modèles pourris

High Maison Martin Margiela, un parfait exemple de sneaker de créateur

– Entre 400 et plus, c’est que tu n’as même plus besoin de lire ce topic, tu es déjà fan de sneakers sans le savoir. Ou alors tu fais semblant.

High Rick Owens, intérieur en fourrure de poney, plus de 800 euros

Ce qui nous amène à la conclusion suivante : en drogue comme en sneaker, la qualité ça se paye. Dépenser plus de 100 euros n’est pas une tare pour posséder une paire de semelle quand tu sais que la qualité suit et que tu peux la garder longtemps. Rester sur du FEIYUE ou des PF FLYERS n’est pas non plus une imbécillité. Pour des raisons de pression sociale ou de contexte (je vois mal allerun collégien en LANVIN ou jouer au badminton en RICK OWENS), mais ne pas faire d’effort pour comprendre ce qu’il y a d’excellent ou de mauvais (qui ne demande qu’un petit effort), c’est être coupable de peine de mort.

MIHARA

Mihara Yasuhiro, analyse

Connu et lancé par sa collaboration avec Puma en 2000, c’est à travers l’univers des sneakers que le styliste japonais Mihara Yasuhiro s’est aventuré dans la mode, pour devenir aujourd’hui l’une des étoiles montantes de la mode masculine

Vous l’aurez compris, ce n’est pas pour ces sneakers qu’on retiendra Mihara Yasuhiro.

Afin d’éviter un article antidéluvien de 30 pages que personne ne lira jusqu’au bout, on ne se concentrera ici que sur les trois dernières collections, les plus révélatrices de la montée en puissance de ce styliste.

Automne-Hiver 2009

D’abord la collection Automne-Hiver 09 qui met en scène un baroudeur à travers son périple à mi-chemin entre Est et Ouest. De formes au premier abord typiquement occidentales et citadines, on passe rapidement à des structures oversize, avec des tissus extrêmement travaillées et des superpositions à n’en plus finir.

Coupe très soignée à la Jil Sanders. Une silhouette qui prouve que Mihara Yasuhiro sait être techniquement irréprochable

Tenue à la fois habillée (tuxedo, gilet et chemise noire satinée) et négligée (tuxedo tâché et effiloché, formes géométriques atypiques)

Quasiment une tenue de trappeur

Belle combinaison de couleur, le liseret du cardigan permet d’introduire subtilement un contraste sur le haut de la tenue

Le meilleur exemple de superpositions: une vraie orgie de couches.
Un pull col roulé, sous un cardigan aux multiples textures et plusieurs écharpes.

Utilisation réussie des rayures qui apporte de la consistance à cette tenue

Silhouette longiligne, en particulier à cause du cardigan oversize

Printemps-Ete 2010

L’univers choisi pour la collection printemps/été 2010 invite encore une fois au voyage: il s’agit ni plus ni moins du Petit Prince de Saint-Exupéry. Le défilé retrace à la fois à travers des nuances sables l’expérience de Saint Exupéry dans le Sahara et son exploration de l’espace avec des teintes plus sombres.

Tenue du baroudeur, tunique avec empiècements en cuir

Les cordes qui pendent sur le tshirt donnent l’impression que la tenue entière est faite de vieux haillons déterrés dans le désert

Gros travail sur la chemise, en particulier le double col.
Contraste entre la chemise cintrée et le chino aussi ample qu’un sac à patates.

Transition entre l’univers du désert et de l’espace avec des tons à la fois sable et bleu nuit.
Tenue parfaitement coupée qui rappelle la compétence sartoriale du créateur.

Tenue dans les tons bleu nuit, grosse superposition de l’espace (orgie de couches encore une fois)

L’écharpe grise apporte du contraste en haut, bel effet usé en bas

Effet usés en haut avec les cordes et en bas avec le chino/sac à patate bien effiloché

Encore des superpositions, manteau exceptionnellement long

Dernière tenue du défilé, hommage au Petit Prince avec la couronne

Automne-Hiver 2010

Pas de réel fil conducteur cette fois. Des tenues plus décousues aux matières moins travaillées et plus relâchées: denim,flanelle, chambray.C’est l’interprétation par Mihara Yasuhiro du retour au bon vieux basique durable, par opposition aux pièces précieuses et fragiles.
Enfin, une grande richesse dans les motifs (carreaux, patchworks, délavage) anime cette collection définitivement grunge.
Comme la collection est assez décousue, et qu’il y a des commentaires à faire sur pas mal de tenues, voilà un déluge de photos.

Une coupe slim très formelle associée à des motifs bien sentis

Une tenue au premier abord très habillée, si l’on regarde de plus près on remarque le col inhabituel du polo et surtout les ourlets énormes du pantalon, associés aux boots défoncées

Encore une fois, tenue formelle avec des couleurs et motifs qui cassent ce côté sérieux.

Je ne comprends pas.

Encore plus de rayures monsieur s’il vous plait.

LA tenue sortie tout droit de Grease avec un jean proprement défoncé

Joli patchwork sur le jean

Mon haut préféré du défilé, une superposition bien sentie harrington/hoodie/chemise chambray.
La touche de couleur de la doublure du blouson est du plus bel effet

Tenue what the fuck: chemise en denim, ceinture portée négligemment et cardigan qui aurait pu sortir d’Emmaus

Voilà pourquoi les Japonais sont épileptiques

Mon futur pyjama (quand je serai chef de produit chez l’Oréal à 4K/mois)

Côté formel de la tenue cassé par la chemise à carreaux

Tenue formelle complètement déstructurée: pantalon oversize avec une très longue fourche , chemise à carreaux, handwarmers.

On remarque ici le port du cardigan et le travail sur la chemise (au niveau de la texture et du liseret)

Une tenue très chargée en haut mais qui passe quand même plutôt bien.

Conclusion

Vous l’aurez compris, Mihara Yasuhiro est un créateur qui, en plus d’avoir une excellente maîtrise des bases, sait donner un caractère à ses tenues et raconter une histoire à travers ses défilés.
Dernière preuve de sa montée en puissance: sa collaboration avec Topman concrétisée à travers ce trench, disponible pour environ 100 pounds.

Un trench très classique.

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Maison Martin Margiela

Le récent désengagement de Martin Margiela fin 2009 nous amène cette semaine à nous intéresser de près à la marque presque éponyme Maison Martin Margiela, ouverte en 1988 et rachetée en 2003 par Diesel et connaissant depuis un essor considérable.

Impossible d’étudier MMM sans évoquer trois idées : le déconstructionnisme (ce mot existe bien en français, j’en suis le premier étonné), le quasi anonymat de Martin Margiela et enfin les différentes lignes de la griffe.

Avant d’expliquer ce qu’est le mouvement déconstructionniste, un peu d’histoire : cette tendance naît avec les créateurs japonais avant-gardistes Yohji Yamamoto et sa petite amie de l’époque, Rei Kawabuko (créatrice de la griffe « Comme des Garçons »).
Dès le début des années 80, Yamamoto se fait remarquer sur les podiums avec ses robes bouffantes et ses vestes asymétriques.
C’est le début d’une tendance qui inspire alors un groupe d’élève de la prestigieuse Académie des Beaux-Arts d’Anvers, qu’on appelera plus tard les « Six d’Anvers » dont Margiela ne fait pas parti mais auquel il est assimilé.Ce groupe se compose notamment de Dries Van Noten, Dirk Bikkembergs (maintenant tristement connu pour ses sneakers de kéké notoire) et Ann Demeulemeester.

En gros, le déconstructionnisme, c’est quoi ? C’est le rejet de la mode, du respect des proportions du corps humain et des critères de beauté standards. Démarche involontairement contradictoire puisqu’elle voit apparaître les premiers jeans râpés et autres ourlets effilochés, qui sont aujourd’hui devenus un standard.



Le décontructionnisme est une démarche aussi visible à travers le choix des mannequins qui, loin des éphèbes épilés d’1M90 et 35 kg tout mouillés de l’époque Slimane, ont parfois chez Margiela un « physique atypique »

On remarque sur ces images que le côté déconstructionniste est bien plus accentué sur les collections femmes, c’est normal car Martin Margiela est avant tout un créateur pour femme.
Ses collections masculines ont en effet été déléguées depuis plusieurs années à un collège de créateurs. Il en est d’ailleurs de même avec les collections femme depuis le départ de Martin Margiela.
C’est cette importance du collectif qui explique que la griffe s’appelle Maison Martin Margiela et non pas tout simplement Martin Margiela : celui-ci est en retrait par rapport au collectif Maison Martin Margiela qui, s’il reste fidèle à l’esprit Margiela, est autonome et n’est pas controlé par le créateur lui-même.

En effet, contrairement à de nombreux créateurs comme Lagerfeld ou JP Gaultier, Margiela reste dans l’ombre et s’est toujours refusé à accorder une interview ou se faire prendre une photo : ce choix fait de lui, malgré son influence énorme sur les codes de la mode, l’un des créateurs les plus anonymes et élusifs.
Un choix de vie effectué, non pas par pure névrose ou autre paranoia, mais pour mettre en avant le collectif, la « Maison » derrière les créations et évidemment ses créations en elle-même.

Une des rares photos de Martin Margiela

A partir de cet anonymat volontaire, on explique facilement la ligne de lunettes de soleil Incognito (paradoxalement, avec la tronche que ça donne, on passe difficilement incognito)

En plus des lunettes, on remarquera la doudoune, quasi réédition de la veste de Mickael Jackson

De même en ce qui concerne les mannequins qui, certaines années, ont défilé le visage masqué, pour permettre aux tenues de mieux s’exprimer (ou bien parce que parfois les mannequins en question sont des tueurs en série en cavale, ça dépend des cas).

Cette volonté de discrétion,d’anonymat se traduit également par une utilisation fréquente du blanc, aussi bien dans les défilés que dans les lieux de vente et dans la tenue de travail du personnel. Le caractère collégial de la maison s’exprime à travers un vrai uniforme pour tous les employés : la blouse blanche. « We have always used white as an expression of our house, team and work. White represents a force through fragility for us. »



Enfin, la griffe de la maison communique également cette discrétion : sur aucune pièce Margiela vous ne verrez inscrit Maison Martin Margiela. Ainsi, on juge le vêtement pour ce qu’il est et non pas le vêtement en tant que création d’un designer. « Originally we perferred to have people react to the garments rather than the label attached to them”
A la base, un simple rectangle de tissu blanc était cousu au vêtement, celui-ci porte à présent des numéros, allant de 1 à 23

Ces numéros désignent les différentes lignes de la Maison, et le numéro de la ligne auquel le vêtement appartient est entouré. On ne s’intéressera ici qu’aux lignes masculines.

D’abord la ligne 10, la ligne de prêt-à-porter masculine qui propose un dressing composé de basiques complémentaires et faciles à porter



Ensuite la ligne 14, qui se veut être la garde robe intemporelle masculine. Contrairement aux autres lignes déconstructionnistes, l’attention est portée ici non pas sur le design du vetement mais sa qualité à travers une grande rigueure au niveau du choix des matières, de la qualité des finitions et des détails. Cette ligne introduit aussi le concept de Replica : chaque saison, huit vêtements vintage sont repris et répliqués de de manière aussi fidèle que possible, tout en ayant la qualité MMM.
Chaque réplique a une étiquette indiquant sa provenance.

Le design de ce manteau s’inspire d’un manteau à coupe “géométrique”, trouvé à Hanovre et datant des années 70
Ce costume s’inspire d’un look vu à Helsinki dans les années 60.

Cette philosophie de recuperation est poussée à son paroxysme à travers la ligne artisanale, la ligne 0 : les pièces de cette ligne sont crées à la main à Paris et nécessitent plusieurs jours de travail. Ils sont la plupart du temps fabriqués à partir de matériaux improbables, comme par exemple des gants de ski. Récupération, déconstruction et recomposition sont les maîtres mots de cette ligne.

Blouson fait entièrement à partir de gants de ski, il a nécessité 103 heures de travail et a été vendu 15 124 dollars

La ligne 22 est composée des chaussures, en dehors de la qualité évidente des chaussures habillées (derbys, bottines etc) on s’intéressera aux sneakers, plus caractéristiques de la griffe.
D’abord les Replica GAT, qui s’inspirent directement des GAT (German Army Trainers), chaussures d’entraînement de l’armée allemande au design sobre et efficace. Si celui des MMM est quasi authentique à l’original, la qualité Margiela apporte un confort supplémentaire qui fait de ses répliques de vrais pantoufles.

GAT originales
GAT MMM

Plus original maintenant, les sneakers high (montantes) Margiela et en particulier le modèle « Ankle hi-top sneakers » caractérisé par le cordon suédé qui fait le tour de la cheville.Ici encore, il s’agit de vrais chaussons qui feront à proprement parler l’amour à vos pieds.

Modèle de base, collection Automne/Hiver 2009

Un nouveau classique dans les sneakers montantes déclinés depuis sa parution dans plusieurs couleurs.

Hi-top suédées, couleur azure et gris
Collection Printemps/Ete 2010

Enfin, un autre classique de la maison : ses t-shirt AIDS édités depuis 1994. 20% des bénéfices issus des ventes de ces t-shirts sont reversés à une association de lutte contre le sida.
L’imprimé, imaginé par le styliste Lutz Huelle, dit:
« There is more action to be done to fight aids than to wear this t-shirt but it’s a good start »



L’imprimé figure à différents endroits du t-shirt

En conclusion, Maison Martin Margiela est à la fois une griffe confidentielle, réservée aux initiés, mais aussi incontournable, tant les codes déconstructionnistes de Margiela ont influencé la mode de ces vingt dernières années.
Pour en savoir plus sur Margiela, consultez le livre publié à l’occasion de son vingtième anniversaire, véritable icône des codes Margiela.


COS

COS, premier anniversaire

On vous présente cette semaine une enseigne que certains d’entre vous connaissent probablement: il s’agit de COS, la marque «haut de gamme» d’H&M.
Celle-ci est présente à Toulouse, Bordeaux et Paris, où la boutique a fêté il y a peu sa première année d’existence.
Le mot d’ordre chez COS est très simple: «Less is more». D’abord dans les couleurs, on retrouve les classiques noir, blanc et gris mais aussi de subtils tons pastel. Bref, à moins d’être daltonien, difficile de ressembler à un clown en s’habillant là bas.

Tenue formelle en noir et blanc, portée à la scandinave avec une veste relativement courte et une chemise entièrement boutonnée

Tenue forcément plus casual dont on retiendra surtout la combinaison sobre et nuancée des 3 bleus
Evidemment, la tenue ici n’est pas à prendre au premier degré, c’est juste une manière d’exposer les vêtements.
Vous balladez pas comme ça dans la rue svp

Au delà des couleurs , les articles COS ont d’autres arguments (à parfois 80 euros le pull, encore heureux)
Les matières sont travaillées au niveau de la texture et de la prise de lumière, et sont parfois traitées: il en ressort un sentiment agréable de légereté et de fluidité au toucher.
Ici, une chemise et un pull avec un effet lavé (“washed”):

Chemise en denim lavé

Pull en coton lavé, donnant un effet froissé

Les motifs sont d’actualités: chemises à carreaux, chemises vichy.

Chemise à carreaux avec un contraste de bleu intéressant

Cos joue sur le basique et l’intemporalité: certains articles sont là bas des valeurs sûres. On retiendra leurs jeans bruts sobres, avec une toile d’une qualité irréprochable (rien à voir avec les Levis et autres Diesel): pour à peine 80 euros vous aurez un jean solide, bien coupé et passe-partout que vous pourrez garder des années.

Les accessoires ne sont pas en reste: écharpe, ceintures. Un rapport qualité/prix encore une fois très compétitif avec des tons de couleurs difficiles à trouver ailleurs.

Bref, des articles de bon goût, un peu plus chers mais carrément moins vulgaires que ce qu’on peut trouver ailleurs. Des bons basiques qui répondent à travers leurs couleurs épurées et leurs matières travaillées aux codes de la mode scandinaves (que nous évoquerons plus en détail dans un prochain article)
Seul bémol: ceux qui souhaitent se construire un style plus personnel et original pourront cependant reprocher une certaine fadeur à l’ensemble.

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Uniqlo, l’unique dossier

Contrairement à la croyance populaire, Uniqlo n’est pas qu’un grand flagship japonais installé à Opéra depuis novembre dernier qui vend des pulls col V et autres basiques dans des couleurs rigolotes.

Imaginée en 1984 par Tadashi Yanai et implantée partout dans le monde (Londres, Pékin, New York etc), cette marque japonaise justifie son succès par des produits accessibles, de qualité, innovants et disponibles dans de nombreuses déclinaisons, aussi bien en terme de couleurs que de tailles. Voilà une combinaison d’atouts qu’on ne retrouve pour l’instant pas chez ses concurrents fast retailers d’où le nom de la marque Uniqlo, contraction d’Unique Clothing.
Bref, Uniqlo arrive d’abord en France en décembre 2007 avec l’ouverture d’une boutique de 200m² à La Défense, aux 4 temps. Premier concept à l’ouverture, la ligne de tee shirt UT, ligne aux imprimés manga variés effectués en collaboration avec de nombreux artistes.
Distribués sous forme de capsules, voilà ce que ça donnait:

L’étape suivante a lieu en été 2009: une boutique éphémère est ouverte au marais de juillet à septembre. Elle vend les grands basiques symboliques de la marque (pulls en cachemire, pull en mérinos, jeans) et sert uniquement à promouvoir l’ouverture du flagship d’Opéra.

Elle est appuyée d’août à fin septembre par une seconde boutique éphémère au deuxième étage de la boutique Colette, qui vend elle aussi les classiques de la marque.
Le flagship d’Opéra ouvre ses portes quant à lui le jeudi 1er octobre 2009 et c’est la déferlante immédiate de milliers de clients cherchant un vêtement à leur taille comme si leur survie en dépendait.

Voilà pour la nécessaire piqure de rappel.

Concentrons nous maintenant sur les produits Uniqlo à proprement parler.
Parlons d’abord des jeans, puisqu’Uniqlo a lancé la gamme UJ, classifiée selon 3 critères Fit Fabric and Finish (coupe, matières et finitions): on obtient au final 54 combinaisons possibles dans ces tons de couleurs.

Plusieurs prix possibles: 29 euros pour les jeans basiques, 39 euros pour les jeans basiques et 49 euros pour les jeans selvedge en toile japonaise.
Dans une interview donnée il y a quelques années, un des responsables denim d’Uniqlo compare un jean à un bon vin. Au début, on a une matière brute qu’on travaille ensuite pour arriver à un résultat unique.
Si la matière de départ ne vaut rien, en vin on aura du vinaigre et en jean on aura un délavage cheap et une toile fragile.
C’est pour cette raison que ces fameux jeans à 49 euros sont particulièrement intéressants : fils, rivets, toile et boutons, tout est ici de fabrication japonaise, et en plus de ça ils sont selvedge
Ici, la toile est une toile Kaihara, issue des moulins japonais traditionnels Kaihara en activité depuis 1893, compagnie à la base spécialisée dans la culture des plantes indigo, dont la teinture a d’abord été utilisée pour les kimonos puis le workwear en denim. En bref, Kaihara est un fabricant de denim renommé pour utiliser les techniques de production les plus exigeantes.Le crédo du patron de Kaihara: « Japanese denim is a big industry now. But before Japanese denim, there was Kaihara denim. ».

Les jeans selvedge se reconnaissent grâce à cette étroite lisière blanche, comportant parfois une ligne de couleur (rouge pour les jeans Uniqlo).
Elle indique l’utilisation d’un métier à tisser étroit (29 pouces) et d’un procédé de fabrication plus lent et plus soigné.
En pratique, le tissage est de meilleur qualité et cette lisière empêche la trame de s’effilocher.
Le selvedge en lui même n’assure pas une toile de meilleure qualité. Cela étant, comme sa fabrication est plus exigeante, on utilisera en général de meilleurs matériaux.

En bref, si vous achetez un jean de la gamme UJ, pensez que la plus value est de loin sur le jean brut selvedge à 49 euros que vous pourrez garder des années plutôt sur les jeans à 29 et 39 euros qui pour la plupart proposent des coloris et délavages cheap.

Jean ordinaire d’entrée de gamme, délavage cheap et toile lambda

Jean brut, trame selvedge et toile japonaise.
Un classique à garder des années.

Autre classique, les pulls en laine mérinos et en cachemire, épais et aux finitions irréprochables. Seul bémol: les cachemire Uniqlo boulochent.

Coup de coeur, les chemises en flanelle. Quelques excellentes associations de couleurs mariées à des motifs bien sentis.

Les tee shirt n’ont quant à eux, rien à envier à AA.
Ici, Uniqlo innove avec sa gamme Heattech, dont vous avez déjà sûrement pu voir la publicité.
Déjà distribuée depuis novembre 2008 au store de la Défense, une distribution gratuite avait même été organisée sur le parvis (ainsi qu’à NY, Pékin, etc), animée par des hommes en combinaison argentée.

Le fonctionnement est le même que celui des vêtements en cachemire: votre corps dégage une chaleur naturelle que le vêtement retient
Ces tshirt ont autant de fonctions qu’une combinaison d’astronaute: ils sont doux grâce à des protéines de lait incorporées, stretch, anti statique et anti bactérie.
Ils feront probablement aussi office de gilet pare balle la saison prochaine.
Pour en porter régulièrement, ça tient plus chaud que la normale mais pour autant je m’aventurerais pas à faire comme le mec de la pub.

A moins d’avoir lu l’article en diagonal, vous aurez compris qu’Uniqlo excelle dans les basiques.
Mais Uniqlo, c’est aussi de la création à travers une stratégie poussée de collaborations permettant de mélanger dans ses boutiques luxe et consommation de masse.
La plus connue d’entre elles, c’est la collab Jil Sanders, aussi appelée J+, dont le lancement a coincidé avec l’ouverture du flagship d’Opéra.
Contrairement à une collaboration ordinaire ponctuelle, c’est ici un vrai contrat qui est signé entre Uniqlo et Jil Sanders sur plusieurs saisons.
Comme dans ses collections classiques, son travail ici est sobre, minimaliste et le travail des coupes est minutieux.

J+ a malheureusement fait de l’ombre à une autre collaboration Automne-Hiver 09-10 : celle avec Kimimori Morishita. A l’inverse du travail léché de Jil Sanders, cette collaboration a un côté sauvage et authentique : certains vêtements pourraient presque etres portés par des esquimaux sibériens retirés depuis 10 ans de la civilisation. Les coupes sont amples et les matières comme qui dirait oldschool : on trouve du velours, des mailles épaisses et de la fausse fourrure. Il s’agit ici d’une collaboration ponctuelle pour la saison Automne-Hiver 09-10.

En conclusion, Uniqlo parvient à répondre à des besoins très différents : la marque satisfait à travers ses basiques low-cost une consommation de masse tout en parvenant à attirer une clientèle plus exigeante et plus sensible aux codes du luxe qui sera séduite par le travail de création fournie dans les collaborations, avec en plus une promesse de qualité et d’innovation chère à Uniqlo.
En France, le flagship d’Opéra est blindé de monde chaque samedi et il est pour le chaland parfois difficile ne serait-ce que de faire des essayages.

coupes

Découpage

On distingue 3 types de coupes: ajustée (on dit aussi cintrée pour les hauts), ample et droite (ni ajustée ni ample donc).

On ne peut pas parler de la coupe ajustée/cintrée sans faire référence au maître en la matière, Hedi Slimane, qui a normalisé la silhouette slim après avoir pris la tête de la direction artistique de Dior Homme en 2001.

(crédits: Dior Homme  )

L’analyse de cette silhouette est facile : jean slim (chez slimane, ils ne sont jamais collants non plus), chemises et vestes cintrées. Le résultat obtenu est comme dirait longiligne.

On peut combiner de l’ajusté avec des vêtements plus amples.

(crédits: Bottega Venetta  )

Ici on a un haut relativement cintré et un bas plus évasé, ce qui permet d’obtenir une silhouette plus complexe.

Enfin, en s’habillant comme qui dirait « full loose » on obtient ça:

(crédits: Véronique Branquinho  )

On remarque ici en particulier le pull, qui joue sur les mesures: court mais aux épaules et à l’échancrure larges pour accentuer d’autant plus son amplitude.

Certains vêtements peuvent à la fois être amples et ajustés:

(crédits: Luise&Franck  )

Ce manteau, à la construction étonnante, est ample devant et impeccablement cintré derrière: on remarque d’ailleurs ici qu’un haut bien cintré dessine un torse en V, c’est à dire qu’il augmente la largeur des épaules par rapport à celle de la taille.

Enfin, parlons de la coupe droite, c’est à dire la normale, ni ajustée ni ample. En ce moment, on peut difficilement parler de normalité en matière de mode sans évoquer APC, emblème avec sa nouvelle collection des pièces basiques, inspirées des années 50 et du workwear américain .

Bref, pour trouver des coupes droites, c’est bien chez APC qu’il faut chercher.

(crédits: APC -sans blagues-  )

Pour clore cet article, je pourrais aussi vous expliquer pourquoi le vêtement précieux, recherché et ultra ajusté sexuellement ambigu slimanien va peu à peu tomber en désuétude face au bon vieux basique de bucheron à la coupe droite type APC mais j’ai pas que ça à foutre ,j’ai la flemme, nous verrons ça bien plus tard.